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Faire de Saclay un véritable écosystème de l'innovation

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fondation de coopération scientifique de Saclay

La ministre a annoncé que le Gouvernement allait verser une première tranche de 2 millions d’euros à la fondation de coopération scientifique de Saclay, dès la fin du mois, pour lui permettre de mener des études sur la programmation détaillée des opérations du plan campus, avec pour objectif de voir les premières réalisations dès 2011.

Discours - 1ère publication : 15.07.2009 - Mise à jour : 23.05.0011
Valérie Pécresse

Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les présidents et directeurs des établissements du plateau de Saclay,
Mesdames et Messieurs,

C’est une grande joie d’être à vos côtés ce soir. Avant les vacances, je tenais absolument à faire un point avec vous sur l’état d’avancement du campus de Saclay et à répondre aux questions que vous vous posez à son sujet. Car je le sais, grâce à vous, ce projet n’est plus seulement un rêve, c’est désormais une réalité.

Je veux d’abord saluer le formidable travail accompli par la Fondation de coopération scientifique. En un temps record, elle a réussi une double mutation : elle s’est ouverte à tous les acteurs du plateau pour regrouper désormais 21 établissements, et elle a élargi ses missions pour porter l’ambitieux projet scientifique de l’opération Campus. Ce travail, nous le devons à vous tous, mais je tiens à remercier tout particulièrement Alain Bravo, son ancien président, et Paul Vialle, qui est désormais votre représentant pour faire vivre votre projet. Je suis heureuse de pouvoir vous annoncer ce soir que j’ai signé lundi dernier le décret de constitution de la Fondation, avec ses statuts modifiés. C’est le dernier acte d’un processus qui vous a peut-être paru un peu long, mais l’important, c’est que la fondation soit désormais en ordre de marche pour relever les défis qui sont les siens.

Je tiens aussi à saluer le travail accompli par mon collègue Christian Blanc, désormais relayé sur le terrain par Pierre Veltz, le délégué ministériel à l’aménagement du plateau de Saclay. Il a la lourde tâche de préfigurer l’établissement public qui sera le grand aménageur du plateau, et qui est déjà un partenaire incontournable de la fondation. Je me réjouis de constater que les relations de travail entre la fondation et la mission de préfiguration sont excellentes, et je suis sûre que les règles de représentation croisée que vous avez choisies pour vos instances de gouvernance seront un gage d’efficacité pour l’avenir.

Grâce à Pierre Veltz et à ses équipes, la réflexion sur le foncier et sur l’urbanisme est bien engagée, et nous attendons avec impatience que l’établissement public soit pleinement opérationnel. Cette impatience, je crois que nous la partageons tous, car il n’y a plus de temps à perdre si nous voulons faire de Saclay un des 10 pôles scientifiques et technologiques mondiaux : c’est l’ambition de la fondation, c’est la mienne et c’est, bien sûr, aussi la vôtre.

* * *

Car ce projet est le vôtre, et rien ne se fera sans vous. Pour les territoires que vous représentez, il est synonyme d’attraction, de développement économique et de mise en valeur, dans tous les sens du terme ; pour les établissements que vous dirigez, il signifie un rayonnement démultiplié et de nouvelles opportunités de coopération ; et aux hommes et aux femmes dont vous êtes les élus, il apportera un nouveau cadre de vie, un cadre dont le caractère naturel doit impérativement être préservé. Et il le sera : des parcs paysagers verront le jour, qui s’accorderont parfaitement avec la vocation agricole qui fait partie intégrante de l’identité du plateau de Saclay. 

Mais avec ce projet, ce sont aussi de nouveaux services publics et de nouvelles infrastructures de transport qui verront le jour, offrant ainsi une qualité de desserte incomparable à tous ceux qui vivent au cœur de ce campus : aux étudiants et aux personnels, bien sûr, mais aussi aux habitants du plateau et des vallées ainsi qu’à tous ceux qui y viennent travailler.

Car les transports sont la clef de tout : sans transports, il n’y a pas de vie économique, pas de vie scientifique, pas de vie étudiante. Avec les infrastructures qui desserviront demain le campus, le plateau de Saclay sera parfaitement relié à l’Île-de-France. Il sera également doté des transports en site propre qui ont tant manqué au développement de ce territoire.

* * *

Il s’agit là d’une opportunité extraordinaire, que nous devons saisir ensemble, car en ces temps de crise économique, le projet de campus de Saclay sonne comme une promesse pour notre territoire, bien sûr, mais aussi pour tout le pays : la promesse de sortir plus forts de la crise, en misant dès maintenant sur l’économie de la connaissance. C’est l’ambition du Président de la République pour ce territoire, qui est au cœur du projet du Grand Paris.

Il suffit de regarder le projet de campus de Saclay : un campus qui réunit deux universités (Paris XI et Versailles-Saint-Quentin), onze écoles et non des moindres (Polytechnique, Centrale Paris, Supelec, l’ENS Cachan, l’ENSAE, l’ENSTA, l’Institut d’optique, Telecom Paristech, AgroParistech, Mines Paristech et HEC), 6 organismes de recherche (le CEA, le CNRS, l’INRA, l’INRIA, l’Institut des hautes études scientifiques et l’ONERA), le pôle de compétitivité de taille mondiale System@tic, et 2 réseaux de recherche d’excellence dans le domaine de la physique et du logiciel. Nous le savons, un tel campus n’a pas d’équivalent en France et a toutes les cartes en main pour rayonner dans le monde entier. Une telle concentration de matière grise est une chance pour tous les chercheurs venus de tous les horizons, disciplinaires ou géographiques. C’est l’assurance de pouvoir se rencontrer, d’échanger et de mettre en commun des projets qui auraient pu rester éternellement cloisonnés. C’est pourquoi le Gouvernement a réservé à Saclay un budget de 850 M€ en dotation en capital, qui est de loin le budget le plus important des 10 opérations qui bénéficieront du Plan Campus doté de 5 Md€.

Les grands acteurs scientifiques qui sont ici présents ont choisi 12 domaines de recherche, qui vont des sciences physiques à l’économie, en passant par les mathématiques, la chimie, la biologie ou les nanosciences. Pour ces 12 domaines, nous ne visons pas seulement l’excellence au niveau national ou européen, mais bien l’excellence au niveau mondial. C’est la marque de fabrique de ce campus, mais c’est aussi une exigence forte pour nous tous et pour toutes les initiatives que nous lancerons.

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Si nous voulons d’emblée atteindre le niveau mondial, et faire de Saclay un véritable écosystème de l’innovation, comme nous y invite le rapport sur la stratégie nationale de recherche et d’innovation, nous devons nous en donner les moyens.

Et cela passe d’abord par des grandes infrastructures de recherche attractives et mutualisées pour toutes les communautés scientifiques du plateau. Nous avons déjà le synchrotron Soleil et la plate-forme d’imagerie Neurospin. Mais il en faudra d’autres. Je pense notamment à l’Institut de la lumière extrême, au centre national de calcul scientifique Jacques Louis Lions, ou à la plate-forme d’imagerie médicale IMAGif, qui sont au cœur de votre projet scientifique.

Mais cela passe surtout par un cadre de vie exemplaire. Car le campus de Saclay ne sera pas une ville, mais une cité scientifique logée dans des parcs, une cité où il fera bon étudier, chercher, débattre ou tout simplement déambuler. Je tenais à vous en assurer moi-même : Saclay n’aura rien d’une ZAC. Le campus de Saclay sera un vrai campus, c’est-à-dire un espace ouvert sur les villes, avec des cafés, des salles de spectacle, des restaurants conviviaux où les chercheurs, les étudiants et pourquoi pas les habitants pourront se rencontrer.

Dans le nouveau quartier de Tolbiac, la bibliothèque est ouverte à tous de jour comme de nuit : voilà ce que nous allons faire à Saclay, un campus dont les portes seront grandes ouvertes sur son territoire, un campus où chacun circulera librement, et dont les équipements sportifs et culturels seront accessibles à tous les habitants du plateau et des vallées.

La nature y sera partout présente et partout respectée. Car ce sont des éco-bâtiments qui s’élèveront ici, de petits immeubles collectifs construits dans des matériaux chaleureux et économes en énergie. J’y tiens particulièrement, comme je tiens à ce que les circulations douces soient la règle sur le campus. Car à mes yeux, le campus de Saclay a tout pour devenir un lieu de promenade des habitants du voisinage, et il doit être aménagé pour cela.

En un mot, ce sera une cité scientifique vivante, moderne et ouverte sur le monde. 

* * *

C’est pourquoi il nous faut à présent aller vite, pour être au rendez- vous de ces ambitions.

Le Gouvernement prendra toute sa part des efforts. C’est ainsi que nous allons verser une première tranche de 2 millions d’euros à la fondation, dès la fin du mois, pour lui permettre de mener des études sur la programmation détaillée des opérations du plan campus. Je comprends que ces études seront disponibles à la fin du mois d’octobre. Mais il faudra sans doute aller plus vite, et mes services sont prêts à travailler avec vous pour voir si nous pouvons accélérer ce calendrier.

Je suis également prête à examiner si nous pouvons traiter en priorité certaines opérations, qui sont déjà bien avancées, avec des maîtrises d’ouvrage bien identifiées. Car notre objectif est bien de voir des premières réalisations dès 2011, comme nous avons prévu de le faire avec le premier des bâtiments NanoInnov dédié aux nanotechnologies. Là aussi, mes services sont à votre disposition pour accompagner les projets qui sont prêts.

C’est un calendrier ambitieux, mais qui ne l’est pas moins que ce projet lui-même. J’en suis convaincue, ce serait une faute de ne pas tout faire pour que Saclay soit l’une des plus belles réponses françaises à la crise économique que nous traversons.

* * *

Nous n’y arriverons pas sans un effort de tous, et permettez-moi de rappeler quelques étapes qu’il nous reste à franchir.

Il faut tout d’abord que la fondation soit complètement opérationnelle, et je sais que le chef de projet de l’opération campus est en cours de recrutement. Il pourra s’appuyer sur l’établissement public qui sera créé par la loi d’ici la fin de l’année. Il aura également besoin de s’appuyer sur chacun des membres de la fondation, et je pense plus particulièrement à l’université Paris XI, qui doit se doter rapidement de compétences clés pour piloter son projet de déménagement sur le plateau.

Il faudra ensuite des moyens financiers, au-delà de ceux apportés par l’opération Campus. Je sais que la région Ile-de-France s’est engagée à apporter une contribution équivalente à celle de l’Etat pour le financement des investissements. C’est une excellente nouvelle, et je souhaite que nous aboutissions à une convention de site tripartite entre la fondation, l’Etat et les collectivités locales d’ici la fin de l’année. Ces moyens financiers supplémentaires seront indispensables pour couvrir des opérations insuffisamment financées aujourd’hui, et je pense notamment aux déménagements de certaines écoles sur le plateau de Saclay. Ils seront aussi nécessaires pour compléter le projet porté par la fondation, notamment en matière de logement étudiant.

Mais l’argent n’est pas tout. Pour que le campus de Saclay existe véritablement au plan international, il faut lui donner encore plus de visibilité, et j’ose le dire, une marque commune. C’est la seule façon de continuer à exister dans la compétition entre clusters scientifiques mondiaux, pour attirer les meilleurs et pour rester à la pointe de l’innovation. Aujourd’hui, avec 21 établissements, 2 réseaux de recherche d’excellence, 2 PRES, 1 pôle de compétitivité, le plateau de Saclay n’est pas dépourvu de structures juridiques, loin s’en faut. Aussi, je vous invite à réfléchir à la simplification de nos structures de recherche, et je suis ouverte à toute évolution qui permettra à Saclay d’être plus lisible pour nos partenaires étrangers et plus attractifs pour nos meilleurs chercheurs.

Car c’est ensemble que nous ferons naître le campus de Saclay, en nouant un dialogue étroit et permanent avec tous ceux qui font vivre ce territoire : avec vous, Mesdames et Messieurs les élus, avec les associations et les habitants, et bien sûr avec les étudiants, les chercheurs et tous les personnels des organismes, des écoles et des universités présentes sur le plateau.

C’est le sens de ma présence ce soir, mais c’est aussi une exigence de tous les jours. Je sais que vous avez trouvé les voies de ce dialogue autour de Pierre Veltz, et il nous reste à le formaliser à travers la gouvernance du futur établissement public. Car c’est ensemble que nous allons relever ce grand défi, ensemble que nous réussirons.

* * *

Mais je n’ai que trop parlé. Si je suis à vos côtés ce soir, c’est d’abord pour répondre à vos questions. C’est donc avec plaisir que je vous cède à présent la parole.

1ère publication : 15.07.2009 - Mise à jour : 23.05.0011
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