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Le spatial au coeur des investissements d'avenir

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Valérie Pécresse a inauguré le Toulouse Space Show, semaine internationale des applications spatiales. Elle s'est félicitée de la dynamique du pôle spatial toulousain et a rappelé l'importance du spatial et de ses applications pour la croissance et les emplois en France. Elle a également rappelé que l'aéronautique et le spatial feront l'objet d'un financement de 2 milliards d'euros dans le cadre du plan d'Investissements d'avenir.

Discours - 1ère publication : 8.06.2010 - Mise à jour : 14.05.0012
Valérie Pécresse

 

Permettez-moi de vous dire quel plaisir c’est pour moi de vous retrouver à l’occasion de cette nouvelle édition du Toulouse Space Show, le bien nommé. Car cette année, il permettra non seulement à l’ensemble des acteurs des applications spatiales de se rencontrer, d’échanger mais aussi de faire connaître au grand public les avancées les plus récentes, parfois spectaculaires, de la grande aventure de l’espace dont le cœur bat très fort, ici, à Toulouse.

C’était un rendez-vous que je vous avais donné en 2008, lors de l’inauguration de la première journée des applications spatiales. Je m’en souviens, l’heure était à l’enthousiasme, au dynamisme, aux projets. Nous attendions tous beaucoup de cet événement et du plan spatial régional que j’ai eu l’honneur de signer ici pour conforter la place de cette activité essentielle en Midi-Pyrénées.

Deux ans plus tard, comment ne pas voir les progrès accomplis ? L’attractivité de la région dans le domaine spatial a encore progressé et l’engagement français dans le secteur de l’espace n’a jamais été aussi important.

J’en veux pour preuve la journée qui, hier, a réuni l’ensemble des pôles de compétitivité français autour des questions d’applications spatiales. L’impulsion donnée ici rayonne ainsi sur l’ensemble du territoire et s’inscrit au cœur de la politique d’innovation dont nos pôles sont les fers de lance.

Je pense aussi à l’atelier que vous consacrez pendant ces journées au réseau des régions européennes utilisatrices des technologies spatiales. Une initiative qui est née ici en Midi-Pyrénées et que vous avez  baptisée du nom de cette divinité grecque issue de la Terre : NEREUS, symbole aussi des mers et des océans, et qui aura finalement trouvé à Toulouse la dimension céleste et spatiale qu’elle méritait.

Et permettez-moi de saluer la présence parmi nous de la California Space Authority, invité d’honneur de cette deuxième édition du Toulouse Space Show, présence qui démontre que l’Europe spatiale que nous construisons, c’est d’abord une Europe ouverte sur le monde et en particulier sur ses partenaires américains avec lesquels nous avons tant de projets communs. 

Chacun peut le constater aujourd’hui, le défi que vous vous êtes lancé il y a deux ans, vous l’avez d’ores et déjà largement relevé : Toulouse et sa région s’affirment encore un peu plus non seulement comme un pôle rayonnant de la recherche et de l’industrie spatiale, mais aussi comme leur plus puissant promoteur aux yeux du grand public.

Et de cela je tenais vivement à vous féliciter. En organisant, comme vous le faites, ces nouvelles journées des applications spatiales, vous offrez au plus grand nombre cette part de rêve et d’imaginaire que porte en elle l’aventure spatiale. Et vous le faites de la manière la plus concrète qui soit : en nous rappelant à tous ce que notre technologie terrestre doit aux innovations que cette aventure a fait naître.

 

C’est bien ainsi que l’humanité progresse : le téléphone, la télévision et internet accessibles à tous, partout dans le monde, mais aussi les prévisions météos et la compréhension des mers et des océans, sans parler des vies humaines sauvées chaque année grâce au repérage satellitaire, tout cela a transformé notre quotidien et c’est aux esprits visionnaires de l’aventure spatiale que nous le devons.

Vous comprendrez donc, Mesdames et Messieurs, que la Ministre de la recherche que je suis ne puisse qu’être très sensible à des journées comme celles-ci. 

Et là encore, en regardant deux ans en arrière, permettez-moi de vous dire que des progrès remarquables ont été accomplis. Les promesses de 2008 ont été tenues et même largement dépassées.

Il y a deux ans, nous évoquions les possibilités nouvelles qu’offraient les technologies des images par satellite et les systèmes de géo-localisation. Eh bien, les projets les plus ambitieux arrivent désormais à maturité. Je pense par exemple au développement de la société SPOT Image dont le siège, vous le savez, est ici à Toulouse.

En quelques années, ce pur produit de la recherche et de la technologie françaises, né du CNES, n’a cessé de grandir : c’est désormais un bel ensemble industriel et commercial, avec des filiales implantées partout dans le monde qui font rayonner le savoir-faire français en matière d’exploitation des images par satellite.

Quant aux systèmes de géo-localisation par satellite, là aussi les applications de la technologie spatiale sont désormais exploitées à grande échelle. Avec notamment le système européen de positionnement EGNOS qui est entré en service depuis quelques mois et dont l’opérateur a choisi d’installer son siège sur le Centre du CNES à Toulouse.

Vous voyez, Mesdames et Messieurs, tout ce que nous apporte la conquête spatiale : des innovations technologiques remarquables, mais aussi de la croissance et des emplois.

C’est pourquoi la France, qui a choisi de placer les progrès de la science, du savoir et de l’innovation au cœur de son avenir, se devait de rester à la pointe des technologies spatiales.

 

Et c’est aussi la raison pour laquelle notre pays a toujours soutenu la définition d’une véritable politique spatiale européenne et continuera à le faire. Car nous savons que dans un domaine aussi exigeant et compétitif, les Etats européens se doivent d’agir ensemble pour être au rendez-vous de toutes ces promesses.

Car, si l’Europe s’est construite autour de la terre, du charbon et de l’acier, son avenir scientifique et technologique exige maintenant qu’elle se tourne plus encore vers le ciel, pour qu’ensemble nous maîtrisions les technologies spatiales les plus performantes au service de tous les citoyens européens. C’est un enjeu d’indépendance stratégique autant que de compétitivité économique.

Cette histoire de la conquête européenne de l’espace, vous l’écrivez et nous la vivons chaque jour. Le 25 mai dernier, le cinquantième lancement d’Ariane 5 en a donné la preuve éclatante.

Et que dire des programmes européens GMES et Galileo qui prennent vie peu à peu ? Avec Galileo par exemple, l’Europe disposera bientôt d’une technologie sans égale qui changera nos vies quotidiennes et nous apportera plus de sécurité, mais aussi cette croissance dont nos économies ont tant besoin en ces temps de crise.

Cette formidable aventure européenne se poursuit avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le 1er décembre dernier, qui donne pour la première fois un rôle propre à l’Union européenne en matière spatiale. Nous avons désormais tous les atouts pour agir en commun dans ce domaine où, plus que jamais, il n’y a pas de force, pas de conquête sans union.

Et l’union, dans ce domaine-ci comme dans tant d’autres, passe, vous le savez, par le couple franco-allemand. C’est avec nos partenaires allemands en effet que nous travaillons sur l’amélioration d’Ariane 5 et au développement d’une nouvelle génération de lanceurs. C’est avec eux également que nous mettons en œuvre une mission d’observation du climat par satellite, qui prendra la forme d’un satellite de détection du méthane nommé Merlin. Et c’est avec eux enfin que nous réfléchissons à la définition d’une nouvelle politique spatiale européenne.

Permettez-moi, sur ce dernier point, de vous rappeler nos ambitions pour le Conseil Espace qui aura lieu à Bruxelles en novembre prochain. Je souhaite en effet qu’à cette occasion nous puissions avancer tous ensemble sur un programme spatial européen et sur de nouveaux instruments qui permettront aux trois piliers de l’Europe spatiale – l’Union européenne, l’Agence spatiale européenne et les Etats-membres – de travailler plus efficacement.

Plus forte, plus unie, l’Europe pourra ainsi se tourner vers le monde. La coopération internationale est en effet cruciale pour que les progrès soient démultipliés. Je salue l’opportunité historique que représente l’ouverture des Etats-Unis aux partenariats internationaux dans le domaine de l’exploration. Une réponse commune, avec nos partenaires européens, à l’ouverture américaine, sera l’un des sujets qui seront abordés à la deuxième conférence internationale sur l’exploration, qui se tiendra à Bruxelles en octobre prochain.

 

Alors oui, Mesdames et Messieurs, l’Europe peut être fière de son programme spatial, et elle peut compter sur la France pour lui apporter tout son soutien dans les années qui s’ouvrent à nous.

Car, vous le savez, le Président de la République a décidé de faire de l’espace une priorité des Investissements d’avenir.

Au-delà des programmes généraux de financement de la recherche, qui pourraient eux aussi leur bénéficier, ce sont 500 millions d’euros qui vont aller directement dans la recherche et les applications spatiales.

500 millions d’euros pour préparer Ariane 6 grâce à un programme ambitieux d’études et de démonstrations technologiques et pour maintenir ainsi l’Europe et la France au premier rang mondial dans le domaine des lanceurs.

500 millions d’euros pour mener à bon port les projets de satellite à fort enjeu applicatif, notamment dans le domaine de l’environnement. Car l’espace, vous le savez, est le meilleur observatoire de la surface terrestre et de l’atmosphère. Nulle part on y mesure avec la même exhaustivité les effets des gaz à effet de serre, la hauteur des eaux continentales et océaniques ou encore l’évolution du climat, tous sujets au cœur de Grenelle de l’environnement. C’est pourquoi des projets de satellites tels que Merlin (que j’ai déjà cité), Microcarb et SWOT pourraient bénéficier d’un financement dans le cadre du plan d’investissements d’avenir.

Autant de projets qui seront menés, à chaque fois que possible, avec nos partenaires européens. Mais je vous le disais : le plan d’investissements d’avenir ce sont plus généralement 22 milliards d’euros pour moderniser et faire progresser notre système d’enseignement et de recherche. Avec les équipements d’excellence, les laboratoires d’excellence, les Instituts de recherche technologique et tous les programmes qui d’une manière ou une autre pourraient demain bénéficier à la technologie et à l’industrie spatiales.

Je pense notamment à l’enveloppe de 1,5 milliards d’euros qui sera consacrée à la recherche dans le domaine aéronautique et au développement des aéronefs du futur. Un avion encore plus aérodynamique, aux moteurs plus efficaces, avec un meilleur système de navigation, en bref plus économe en carburant et avec un impact sur l’environnement réduit : voilà ce que le plan d’Investissements d’avenir va nous permettre de développer.

Je pense aussi au volet « Economie numérique » du Plan d’investissements d’avenir, dont je souhaite qu’il profite largement à la R&D sur une solution satellitaire pour la couverture à très haut débit de nos zones rurales. Car, comme vous le savez, le satellite est l’une des solutions les plus efficaces pour développer et diffuser partout le très haut débit. Avec en perspective des débouchés importants pour notre industrie spatiale, dans toutes les zones du monde où le déploiement du très haut débit demeure aujourd’hui inaccessible aux technologies terrestres. 

Chacun peut ainsi le constater : le gouvernement a décidé de faire un effort sans précédent pour l’industrie spatiale, à l’instar de ce qui a été fait dans les années soixante-dix. Toulouse peut donc se préparer à vivre de nouvelles années enthousiasmantes. Quant au Toulouse Space Show, d’édition en édition, nul doute que son succès lui aussi ira grandissant.

A tous je vous donne donc rendez-vous en 2012 : d’ici là nul doute qu’avec l’élan du plan d’investissements d’avenir, une fois encore toutes les promesses seront tenues et même au-delà de nos espérances.  En attendant permettez-moi de vous souhaiter de très belles journées au Toulouse Space Show. Qu’elles soient faites de rencontres fructueuses et de projets enthousiasmants.

 

1ère publication : 8.06.2010 - Mise à jour : 14.05.0012
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