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Signature du contrat Etat-CNES

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Entrée du Centre Spatial de Toulouse

La France a, depuis maintenant 50 ans, une grande ambition spatiale, réaffirmée par le Président de la République dans son discours prononcé le 22 février 2008 à Kourou. Cette ambition est fondée sur la conviction que l'espace est un enjeu stratégique pour satisfaire les besoins de souveraineté et le développement de la science, de la technologie et de l'industrie, ainsi que pour développer un nombre toujours croissant d'applications devenues indispensables à notre vie quotidienne.

Discours - 1ère publication : 26.10.2010 - Mise à jour : 12.05.0011
Valérie Pécresse

 

L'importance de l'innovation spatiale

Si l'investissement dans le domaine spatial ne présente pas un taux de retour identique à celui de l'industrie, il joue un rôle très important pour l'ensemble de notre économie. Il a tout d'abord permis à notre recherche de rester au meilleur niveau international, avec de nombreuses premières européennes ou mondiales. Il a ensuite maintenu des compétences essentielles pour nos industriels, qui font face à une concurrence désormais globale et qui a été accentuée par la crise économique et par la volatilité du dollar.

De manière générale, notre économie profite directement des instruments spatiaux, à travers les services opérationnels qu'ils offrent notamment dans les domaines des télécommunications, du positionnement et de la navigation, mais aussi de l'imagerie spatiale.

Et ceci pour le bénéfice de tous, qu'il s'agisse des nombreuses applications inaccessibles par les moyens terrestres comme les satellites Météosat pour la météorologie et la desserte à haut débit pour des points isolés du territoire, ou encore de l'intervention lors de catastrophes naturelles, comme nous l'avons vu dernièrement à l'occasion du séisme à Haïti.

 

Le CNES, un outil irremplaçable pour l'Etat

L'effort inlassable de la France depuis le début des années 1960 a permis à notre pays de rester le moteur de l'Europe spatiale, et ce succès, nous le devons largement au Centre national d'études spatiales.

Le CNES se situe en effet au cœur de la politique spatiale de la France, au service de l'Etat mais en interaction étroite avec les industriels, chargé de la conduite de grands programmes mais également très impliqué dans la recherche et la technologie.

Sa double compétence d'agence spatiale et de centre technique sont le socle de son efficacité. Je tiens ici à rendre hommage à la compétence et au professionnalisme des équipes de l'organisme. Le CNES a en effet pleinement respecté le contrat qu'il a signé avec l'Etat en 2005 et qui s'achève cette année. Cher Yannick d'Escatha, j'ai le plaisir de le dire devant de nombreux témoins, votre organisme a parfaitement rempli son contrat, et il n'y a pas de meilleure illustration que les 38 vols réussis d'affilée d'Ariane 5.

L'Agence de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, qui a évalué pour la première fois le CNES et publie aujourd'hui son rapport d'évaluation, ne s'y est d'ailleurs pas trompée. Parmi les points forts qu'elle a relevés figurent tous les ingrédients d'un établissement performant : un pilotage efficace, la qualité et la motivation du personnel, une expertise large, une aptitude à mobiliser des partenaires de qualité et des programmes guidés par les besoins des utilisateurs plutôt que par la seule technologie.

Quant aux points faibles, car il y en a forcément quelques-uns, ils ont fait l'objet de recommandations de la part de l'Agence, et je me réjouis de voir qu'elles ont été intégrées dans le nouveau contrat que nous allons signer, et qu'Hervé MORIN vient également de signer.

 

Un contrat aux objectifs ambitieux

Pour ce nouveau contrat, l'Etat a fixé au CNES des objectifs ambitieux.

Tout d'abord, ce contrat prend en compte la montée en puissance de l'Union européenne dans le domaine spatial, à laquelle la France a largement contribué, notamment lors de sa présidence de l'Union Européenne. Le Traité de Lisbonne donne enfin à l'Europe de l'Espace la dimension politique qui lui faisait cruellement défaut. La décision de la Commission, qui vient d'annuler l'adoption d'une communication sur la politique spatiale européenne, montre que la concrétisation de cette dimension politique au niveau européen sera un chemin long et difficile.

Le CNES va donc poursuivre son travail de concertation, aussi bien avec les autres Etats-membres qu'au sein des instances de l'Agence spatiale européenne et de l'Union européenne, pour promouvoir le nouveau rôle de l'Union.

Il œuvrera également pour le bon avancement des programmes Galileo et GMES, qui doivent incarner ce nouveau rôle de l'Union.

Le CNES devra aussi mettre en service des systèmes spatiaux décidés au niveau national, seul ou avec des partenaires étrangers. De nombreux projets de satellite vont être mis en service, avec des applications très concrètes comme l'altimétrie, les télécommunications et la météorologie.

Parce que le spatial est également une frontière scientifique, d'autres applications plus fondamentales seront développées, telles que l'observation de l'univers et l'étude du champ magnétique terrestre.

Mais un satellite ne peut exister sans lanceur. Dans ce domaine comme dans les autres, l'effort de la France ne va pas se relâcher, bien au contraire. Les tirs inauguraux de Soyouz et de Vega au Centre spatial guyanais seront des événements suivis par le monde entier et je souhaite, cher Yannick, que la base soit disponible pour ces lancements.

Le contrat prévoit aussi le développement de la nouvelle version d'Ariane 5, dénommée Ariane 5ME, dans un cadre européen, mais surtout grâce à une collaboration franco-allemande sans faille.

Et pour renforcer encore plus la filière européenne des lanceurs, nous allons implanter à Paris la direction des lanceurs du CNES, dans les mêmes locaux que celle de l'ESA.

Cette opération est stratégique pour la France et pour l'Europe, car elle mettra à disposition de l'agence européenne les compétences éprouvées du CNES et elle nous permettra également de réaliser des synergies indispensables.

 

Un effort budgétaire important

Tous ces objectifs appellent naturellement des moyens. Le CNES devra d'abord, comme tout opérateur de l'Etat, maîtriser ses dépenses de fonctionnement et continuer ses efforts de gestion.

Nous avons décidé d'accompagner ces efforts avec une augmentation dès 2011 de 15 M€ de la subvention accordée au CNES au titre du programme multilatéral, qui atteindra 761 M€.

Au niveau européen, le gouvernement français a prévu d'augmenter sa contribution à l'ESA chaque année pendant toute la durée du contrat, jusqu'en 2015. Dès l'an prochain, cette augmentation sera de 70 M€ et la France confirme son engagement de rembourser sa dette vis-à-vis de l'ESA en 2015.

 

Le Programme d'investissements d'avenir

Au-delà de ces budgets, le spatial occupe une place de choix dans les investissements d'avenir. Sur les 500 M€ prévus pour ce secteur, dont le CNES est l'opérateur, 250 millions seront consacrés au développement du lanceur de nouvelle génération Ariane 6, et 250 millions à des programmes satellitaires innovants.

Je sais que le CNES a proposé deux projets satellitaires : le programme d'altimétrie océanique SWOT, en coopération avec les Américains, et le projet franco-allemand Merlin sur la mesure du méthane, qui a été décidé lors du Conseil des ministres franco-allemand de février. Je compte défendre ces deux projets auprès du Commissaire général aux investissements, comme je défendrai la solution satellitaire pour la couverture à très haut débit pour les zones rurales au sein du programme dédié à l'économie numérique.

Mesdames et Messieurs, nous connaissons incontestablement mieux l'espace qu'il y a 50 ans. Mais l'espace demeure une grande aventure, dans laquelle la France, puissance spatiale reconnue mondialement, entend, grâce au CNES, garder son rang. Et ceci pour le plus grand profit de nos concitoyens et de ceux qui, dans le futur, bénéficieront des avancées contenues dans le contrat que nous allons signer.

 

1ère publication : 26.10.2010 - Mise à jour : 12.05.0011
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