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Organismes de recherche

Réunion annuelle des directeurs de laboratoires de recherche de l'INSERM : discours de Frédérique Vidal

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Frédérique Vidal est intervenue lors de la réunion annuelle des directeurs de laboratoires de l'INSERM qui s'est tenue  mardi 12 février 2019.

Discours - Publication : 12.02.2019
Frédérique Vidal

SEUL LE PRONONCE FAIT FOI

Je suis très heureuse d’être avec vous aujourd’hui pour cette réunion annuelle des directeurs de laboratoires de l’Inserm qui, pour être traditionnelle, s’inscrit cependant dans une perspective nouvelle.

Tout d’abord parce qu’elle vous permettra d’échanger avec votre nouveau président sur   la stratégie de l’Inserm présentée par votre nouveau président, et je voudrais tout à la fois saluer le travail remarquable accompli par Yves Lévy pour conforter l’excellence et l’expertise de l’Inserm, et redire toute ma confiance à Gilles Bloch pour relever les défis à venir. Et ils sont nombreux !

Au-delà de ce passage de relais, cette nouvelle perspective, enthousiasmante autant qu’exigeante, c’est celle que le Premier ministre a ouverte il y a un peu plus d’une semaine maintenant.

S’il était impératif d’offrir à la recherche française de nouveaux horizons, c’est parce que les citoyens, les nations, le monde entier, attendent énormément de la science : qu’elle affronte des questions qui engagent la survie de la planète et de ses habitants, qu’elle suscite des innovations, qu’elle stimule notre économie, qu’elle éclaire nos choix et nos consciences, qu’elle nous aide, en définitive, à vivre mieux.

Et s’il est un domaine qui concentre tout particulièrement ces attentes, c’est incontestablement celui de la santé, parce qu’elle est le préalable à tout le reste. Que demande-t-on à la recherche en santé aujourd’hui ? De faire reculer, toujours davantage, le front des maladies. Les maladies qui nous touchent de près comme les cancers ou les maladies neurodégénératives. Les maladies  infectieuses, qui nous sont familières mais qu’on croyait terrassées, comme la tuberculose, comme celles qui apparaissent à des milliers de kilomètres mais qui n’en sont pas moins menaçantes, telles Ebola ou Zika ; c’est déjà beaucoup mais ce n’est pas tout, on attend aussi de la recherche en santé qu’elle invente la médecine du futur, prédictive et personnalisée, permettant de vieillir en bonne santé, et qu’elle se confronte aux grands enjeux éthiques du rapport au corps, au consentement, à la dignité et à l’intégrité humaine, qui sont au cœur du travail qu’avec Agnès Buzyn  et Nicole Belloubet, nous conduisons autour de la loi bioéthique. 

Face à tous ces défis, l’Inserm est l’un de nos meilleurs atouts : je ne reviendrai pas sur les nombreuses avancées, décisives, qu’on lui doit, ni sur son rayonnement européen et mondial, non pas que je veuille épargner votre modestie, mais parce que je voudrais surtout insister sur ce que révèlent ces excellents résultats. Vous devez, nous devons tous, y puiser des motifs de fierté et de confiance dans l’avenir. La recherche française dans son ensemble et l’Inserm en particulier, est d’une qualité tout simplement exceptionnelle , elle l’a maintes fois prouvé, et elle doit donc plus que jamais cultiver ce qui fait sa force, pour tenir son rang sur la scène européenne et internationale, et pour continuer à produire ces petits et grands miracles scientifiques et thérapeutiques qui révolutionneront demain le quotidien de nos concitoyens.

La première des forces de l’Inserm, c’est d’être présente dans tout le continuum de la recherche en santé en refusant de jouer le jeu des oppositions stériles entre recherche fondamentale et finalisée. Il y a en effet des questions qui émergent au cœur des cellules et d’autres au chevet des malades, mais toutes attendent des réponses, et celles-ci naissent bien souvent du croisement des démarches exploratoires et de progrès technologiques.

Décrypter les mécanismes fondamentaux, creuser des domaines où l’on pensait que tout avait été dit ou que rien ne pouvait être dit, parce qu’on a l’intuition que quelque chose s’y passe, c’est une démarche essentielle à l’innovation : parce que c’est ce geste de pure curiosité, sans a priori aucun, qui mène à des découvertes imprévues, qui fait émerger de nouveaux espaces pour le savoir et est bien souvent à l’origine de technologies et de services radicalement nouveaux.

Il n’est donc pas question de renoncer à cette approche : cela serait la négation même de ce qui est le ressort de tout progrès scientifique, car cela reviendrait à condamner l’avenir à n’être qu’une paraphrase du présent, une simple mise à jour, une variation sur le même thème.

En même temps, on prend aussi le risque d’hypothéquer l’avenir lorsqu’on ne se mobilise pas assez vite ou pas assez efficacement pour résoudre les défis qui se profilent d’ores et déjà à l’horizon : c’est pourquoi l’engagement de l’Inserm est aussi essentiel dans les grands plans dédiés au cancer, à l’autisme, aux maladies rares, aux maladies neuro-dégénératives, à la médecine génomique, où en matière de réaction face aux épidémies émergentes par exemple.

Si nous avons décidé de lui confier la coordination du Programme prioritaire sur l’antibiorésistance, ce n’est pas seulement en raison de son excellence, c’est parce que nous avons aussi parié sur une autre qualité : sa capacité à jouer collectif, sans laquelle il ne peut y avoir de continuum du laboratoire au patient.

Ce sens du partenariat, l’Inserm a su le cultiver, très vite, avec la société civile : j’en veux pour preuve le magnifique travail réalisé avec les associations de patients, impliquées notamment dans la relecture des notices d’information et des formulaires de consentement des protocoles de recherche clinique. Ce travail est essentiel pour être à la hauteur de nos obligations non pas seulement juridiques, mais éthiques.

Jouer collectif, c’est aussi, bien sûr, savoir travailler avec le monde industriel, avec simplicité, souplesse, réactivité. J’ai conscience de tout ce qu’il y a derrière ces 3 mots, si faciles à égrener, si difficiles à concrétiser en raison de toutes les transformations qu’ils supposent en matière d’organisation, de pratiques, de mentalités.  Mais l’Inserm a déjà effectué une bonne partie du chemin en s’appuyant sur sa filiale Inserm Transfert, et la loi PACTE va l’aider à aller plus loin encore en lui offrant de nouveaux outils pour intensifier ses relations avec les industries de santé. L’Inserm, comme l’ensemble de la recherche publique, a tout à y gagner : des ressources, de nouvelles idées, de nouvelles pistes de recherches, et la satisfaction de voir ses connaissances se transformer en promesse de traitement et de guérison. Et l’inverse est aussi vrai, bien sûr : le contrat stratégique de filière que nous venons de signer avec Agnès Buzyn et Agnès Pannier-Runacher fait de la bioproduction, de l’antibiorésistance et de l’IA des enjeux prioritaires pour les industries de santé nationales, autant de domaines sur lesquels l’Inserm a beaucoup de choses à dire et à apporter !

Mais bien évidemment, cet esprit d’équipe et de partenariat, c’est d’abord au sein du monde de la recherche lui-même qu’il faut le cultiver. Vous le savez mieux qui quiconque, aujourd’hui les plus grandes ruptures, les plus belles innovations conceptuelles ou méthodologiques naissent du croisement des disciplines et des technologies. Pour approcher la complexité du vivant, comme pour relever les défis de santé publique, on a besoin de mobiliser tout le spectre de la science, de l’anthropologie aux mathématiques, et de combiner toutes les techniques de pointe, d’imagerie, de biologie moléculaire et cellulaire, de modélisation, de Big data, d’intelligence artificielle. Cela implique de mieux partager et nos connaissances et nos équipements, et c’est d’abord à l’échelle locale, dans nos sites, que se joue cette mise en commun.

Nos U.M.R., vos laboratoires, sont notre plus grande force scientifique. Leur mixité est et doit rester une richesse, une source d’interactions fécondes entre les mondes, et l’Inserm sait de quoi il s’agit, lui qui dispose d’une incroyable surface de contact, avec des U.M.R. implantées dans des campus, des C.H.U., des instituts - Pasteur, Roussy,  Curie, pour ne citer qu’eux - en France et à l’étranger. La mixité est un atout trop précieux pour laisser la complexité prendre le pas et freiner nos élans scientifiques et nos collaborations extra-académiques, et c’est la raison pour laquelle je souhaite que nous redonnions tout son sens à la notion de tutelle. Être tutelle, c’est investir dans une unité, c’est apporter des moyens, engager des agents dans un collectif, c’est participer à la définition d’une stratégie. Et l’évidence, c’est que si nous appliquons tous cette définition de la tutelle, alors nous en réduirons aussi le nombre – avec à la clef, une tâche un peu plus facile pour vous au quotidien.

Toutes les dynamiques d’avenir de la recherche prennent leur source dans ces laboratoires que vous dirigez. C’est là qu’on peut cultiver l’excellence disciplinaire et l’interdisciplinarité, dans la composition des équipes, comme dans les échanges avec les autres laboratoires ; c’est là qu’on peut travailler sur le continuum de la recherche,  en collaborant avec les équipes médicales des hôpitaux et des C.H.U., en tissant des partenariats avec des entreprises, l’idéal étant bien entendu de pouvoir mettre en synergie toutes ces relations dans un même site. C’est là aussi, dans vos unités, que s’articulent la vision nationale de l’Inserm et la stratégie du site, en matière de recherche mais aussi de formation. J’insiste sur ce point car la réforme des études de santé est aussi une opportunité de mieux former nos futurs praticiens à la recherche, et je compte sur les laboratoires de l’Inserm, qui jouent déjà un rôle majeur dans le parcours des doctorants, pour s’en emparer. 

Je sais combien cette articulation est délicate : il s’agit à chaque fois de faire dans la dentelle, pour trouver le bon équilibre entre la reconnaissance d’une mission nationale et d’une signature locale. Cet équilibre est propre à chaque site, il se construit et s’affine dans l’échange et dans le dialogue, entre acteurs académiques, bien sûr, mais aussi avec l’Etat. C’est pourquoi j’ai souhaité qu’ à l’avenir, nous puissions prendre en compte, dans la contractualisation avec les organismes de recherche, la réalité de la politique de site, non pas à la place de leurs missions nationales, mais en plus de ces missions, qui se déclinent toujours avec un ancrage territorial et partenarial très fort. La vie de vos laboratoires en est la preuve même.

Je suis en effet convaincue d’une chose : ce qui se joue là, c’est la cohérence de notre projet de société, qui doit pouvoir refléter la diversité de nos territoires et la mettre au service d’un horizon commun. Nous devons arrêter d’opposer les dimensions, de créer des tensions et de forcer à des choix absurdes là où, en réalité, nous devons recréer du lien, articuler des niveaux et conjoindre des efforts.

Nous autres scientifiques, nous le savons mieux que quiconque : être chercheur ou enseignant-chercheur, c’est s’inscrire à la fois dans une échelle locale, nationale, européenne et internationale, c’est vivre dans son laboratoire et échanger avec des collègues du monde entier, qui font vivre le même champ disciplinaire et repoussent les mêmes frontières à des milliers de kilomètres de là.

Et cet horizon commun, vous le savez, est largement européen. Là encore, une grande partie du poids de la France dans l’espace européen de la recherche en santé se joue dans vos laboratoires. Si l’Inserm a été capable hier de prendre le leadership de grands projets européens sur les maladies infectieuses, si elle peut espérer lancer demain de nouvelles initiatives, sur la structuration de grandes bases européennes de données de santé par exemple, c’est en très large partie grâce aux liens que vous avez établis avec d’autres laboratoires européens. Par ailleurs, vous savez combien il est essentiel que nos chercheurs aillent davantage au-devant des financements européens : je sais combien cette démarche est coûteuse en temps, en formalités administratives et c’est pourquoi j’ai mis en place un plan d’accompagnement afin de faciliter la tâche de chacun.

Et la vôtre est immense, comme en témoigne cette revue de tous les enjeux qui se cristallisent autour des laboratoires de recherche. Il y a une forme d’ubiquité dans la fonction de Directeur de laboratoire et je suis prête à parier que vous ne vous attendiez pas à développer ce don en acceptant cette responsabilité. Vous ne cessez de naviguer dans des temporalités et des univers différents : vous êtes à la fois dans la projection stratégique, la vision scientifique d’avenir, le temps long, et dans la gestion quotidienne, le management d’équipe, les recrutements, les demandes de financement ; vous conjuguez vue d’ensemble et sens du détail, intuition scientifique et pragmatisme, dextérité administrative et finesse relationnelle. 

Un laboratoire, c’est une structure, un projet scientifique et un collectif humain, et c’est en faisant vivre les trois qu’on fait vivre la recherche. C’est une magnifique mission, avec sa part de renoncement, à ses propres travaux scientifiques parfois, avec sa part de joie aussi, celle de faire réussir ses collègues et son laboratoire, et de répondre aux plus grandes préoccupations de la société. Je voudrais vous dire combien je vous suis reconnaissante de votre engagement, de votre dévouement, de votre passion aussi, parce qu’au fond c’est bien elle qui permet d’assumer ces responsabilités et les sacrifices qui vont avec. Cette passion, c’est celle de de la connaissance et la conviction que la science doit être à l’avant-garde de ce monde qui s’invente si  nous voulons qu’il soit synonyme de progrès pour tous, si nous voulons que la raison, le doute, au sens scientifique, et le débat, y conservent une place centrale.

Cette conviction ce n’est pas seulement la vôtre, ce n’est pas seulement la mienne, c’est celle du Gouvernement.

Et annonçant la semaine dernière une loi de programmation pluriannuelle, le Premier ministre a traduit cette conviction en acte. Un acte extrêmement fort : parce qu’il engage nos institutions dans le temps, parce qu’il va graver dans la loi des moyens financiers, des priorités, une stratégie.

C’est une formidable preuve de confiance dans la recherche française, qui nous invite à regarder l’avenir avec sérénité et audace.

Sérénité, parce que cette loi de programmation sera synonyme de moyens supplémentaires, de stabilité et de visibilité. Elle s’accorde aux besoins et au tempo de la recherche, dont les projets, les transformations et les résultats s’apprécient sur le moyen et le long terme, et épouse mieux le cadre pluriannuel du programme européen. Vous ne construirez plus demain vos politiques scientifiques comme aujourd’hui, non seulement parce que vous aurez plus de marges de manœuvres financières, mais parce qu’en vous donnant un cadre permettant une projection, vous pourrez aller plus loin, viser d’emblée plus haut, parce que le chemin sera mieux balisé.

Audace, parce qu’à travers l’élaboration de cette loi de programmation, nous allons pouvoir redessiner, ensemble, le visage de la recherche en française autour de 3 chantiers.

Le premier c’est celui du financement. L’occasion nous est offerte de faire tomber toutes les cloisons, de dépasser toutes les oppositions artificielles, entre recherche fondamentale et recherche finalisée, mais aussi entre sciences exactes et sciences humaines et sociales, entre financement récurrent et financement sur projet, pour répondre à la seule question qui compte : comment s’assurer que vos projets scientifiques – et notamment les plus innovants, les plus risqués, ceux-là qui, avec le recul, paraissent les plus prometteurs - seront financés au bon niveau, dans toutes les disciplines ? Répondre à cette question nous obligera peut-être à réinventer notre système de financement, mais trois choses sont sûres :

  • il devra respecter un principe de simplicité, pour ne pas alourdir votre travail et celui de vos équipes
  • il devra résoudre la question de l’accès à de nouveaux équipements et à de nouvelles plateformes technologiques de pointe, qui sont un facteur majeur d’excellence et de compétitivité pour nos laboratoires, en santé notamment. La mutualisation, avec les partenaires du site ou avec des partenaires internationaux, fera certainement partie des pistes à explorer.
  • il combinera nécessairement financements de base et financements sur projet, ce qui signifie que nous poursuivrons la consolidation du budget de l’A.N.R., afin d’améliorer le taux de succès, actuellement dissuasif et contreproductif.

Notre réflexion  devra bien sûr intégrer la question du financement des programmes prioritaires de recherche et des plans nationaux qui font désormais pleinement partie de notre paysage scientifique et sociétal.

Le deuxième chantier, c’est celui de l’attractivité des carrières et des emplois scientifiques. La science, plus encore que tout autre champ de l’activité humaine, repose sur les femmes et les hommes qui la font. Si nous ne parvenions plus à attirer les esprits les plus brillants vers les carrières scientifiques, si nous ne parvenions plus à les garder en France ou à les convaincre de revenir, après un post-doc ou une première expérience à l’étranger, alors notre recherche aurait perdu ce qui fait son ressort et son rayonnement. Nous le savons tous, comme nous savons que la situation actuelle n’est plus satisfaisante : le moment est sans doute venu de repenser les différentes étapes de la carrière scientifique, en portant une attention particulière à son tout début,  tant en terme d’âge que de rémunération.

Passer en revue ce parcours, c’est aussi réfléchir à la manière d’encourager les trajectoires mixtes entre université et organisme ou entre organisme et entreprise, dans le prolongement des dispositions de la loi PACTE ; c’est aussi mieux reconnaître la diversité et l’évolution des missions exercées au cours du temps. Cette réflexion, nous devons la conduire pour les chercheurs et les enseignants-chercheurs mais également pour les personnels techniques et administratifs, qui jouent un rôle clé dans l’appui à la recherche.

Enfin, le troisième chantier, c’est celui de la recherche partenariale. Bien sûr, ni les universités, ni les organismes n’ont attendu cette loi de programmation pour s’emparer du sujet, et l’on peut dire que désormais l’innovation est solidement inscrite dans l’ADN des uns et des autres. J’en veux pour preuve les 32 millions d’euros générés en 2016 par les activités de valorisation de l’Inserm et les 1650 brevets qu’il a dans son portefeuille. La loi PACTE va par ailleurs contribuer à simplifier encore le dialogue entre la recherche et l’entreprise, grâce notamment au contrat type et à la généralisation du mandataire unique. 

Maintenant, nous avons encore du chemin à faire pour rendre plus lisible notre action scientifique aux yeux des entrepreneurs, pour permettre à chaque acteur de la valorisation de jouer pleinement son rôle, en évitant les doublons et les concurrences internes au sein des sites car elles détournent une partie de l’énergie qui devrait être tout entière dédiée à l’intérêt général et renforcent le sentiment d’opacité que le monde de la recherche inspire encore trop souvent à celui de l’entreprise. 

Pour nous aider à avancer sur ces trois chantiers, nous allons constituer trois groupes de travail, composés de parlementaires, de scientifiques français et étrangers, de directeurs d’organisme, de présidents d’universités et d’acteurs industriels français ou étrangers. Leur composition précise sera rendue publique d’ici la fin de la semaine. C’est sur la base des consultations qu’ils mèneront et des propositions qu’ils formuleront que je rédigerai les grands axes de la loi de programmation qui sera soumise au Parlement en 2020. Je compte donc sur l’ensemble des acteurs de la recherche pour s’impliquer dans les échanges qui auront lieu autour de ce texte, pour faire entendre leur voix, pour nourrir la réflexion collective.

Car cette loi doit être la vôtre : elle n’a qu’un objectif, permettre à la communauté scientifique de jouer le rôle qui doit être le sien dans les transformations de notre pays. Cette loi est faite pour vous, elle doit donc aussi être faite par vous, elle doit être à votre image, elle doit porter la marque de vos ambitions, de vos besoins, de votre expérience.

Vous le savez : rares, très rares sont les lois de programmation. Il y en a une tous les dix ou quinze ans, au mieux. Et à dire vrai, il n’y a jamais eu, jusqu’ici, de loi de programmation avec un vrai volet budgétaire. Le texte que nous allons élaborer ensemble, dans les mois qui viennent, sera donc une première. C’est une occasion historique, une vraie chance de faire bouger les choses, de donner plus de souffre encore à l’aventure collective qui s’écrit tous les jours dans vos laboratoires. Cette chance, ne la laissons pas passer. C’est le moment où jamais d’explorer des voies nouvelles, c’est le moment où jamais de prendre à bras le corps des difficultés qui nous pèsent collectivement depuis trop longtemps. Cela nous amènera parfois à faire bouger des pratiques qui ne tirent plus leur force que de l’habitude : je sais que nous saurons le faire.  Et c’est comme ça que nous ferons de ce moment le prélude à des moments plus grands encore.

Je sais pouvoir compter sur vous et je vous en remercie. 

Publication : 12.02.2019
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