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Bio-ressources, écologie, agronomie

Le plan Ecophyto II+ pour réduire notre dépendance aux pesticides

D' Écophyto II à Écophyto II+
Le plan EcophytoII+

Conformément aux annonces du Gouvernement lors de la clôture des États généraux de l'alimentation, un plan d'actions sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides a été publié le 25 avril 2018 et un plan de sortie du glyphosate annoncé le 22 juin 2018. Il s'agit de réduire l'utilisation des produits phytopharmaceutiques de -25% d'ici 2020 par la généralisation des pratiques et systèmes économes identifiés ; et de -50% à l'horizon 2025 par la mutation profonde des systèmes de production et des filières. Le Plan Écophyto II+ vise à intégrer les nouvelles actions issues de ces deux plans.

Brochure - Publication : 4.06.2019

Les principes du Plan Écohpyto II+

Maintenir le cap d'une réduction de 50 % selon une trajectoire en deux temps :

  • une réduction de 25 % en 2020, qui repose surtout sur l'optimisation des systèmes de production par le transfert et la diffusion des solutions actuellement disponibles ;
  • une réduction de 50 % à l'horizon 2025 permise par des mutations profondes des systèmes de production et des filières, soutenues par des déterminants politiques de moyen et long terme, par une politique de formation ambitieuse et par les avancées de la science et de la technique.

Surveiller les impacts à 360°

L'ensemble des risques liés aux produits phytopharmaceutiques (sur la santé humaine, sans se limiter aux seuls utilisateurs, et sur l'environnement) doivent être maîtrisés et seront pris en compte de manière globale et approfondie.

S'inscrire au coeur du projet agro-écologique

L'objectif de réduction de la dépendance, des risques et des impacts liés aux produits phytopharmaceutiques est inséré dans le projetagro-écologique, dynamique de mutation progressive et profonde, associant l'ensemble des acteurs des filières et des territoires dans une perspective de performance à la fois économique, environnementale et sociale.

Identifier, documenter, diffuser et valoriser les alternatives

Tout l'appareil de recherche publique et privée, de formation et de développement agricole doit être mobilisé : établissement d'enseignement supérieur et de recherche, et instituts techniques, chambres d'agriculture, organismes de développement et de conseil, formation initiale et professionnelle, etc.

Placer l'entreprise au centre du dispositif

Le Plan s'attachera de façon importante aux leviers qui favorisent le changement de pratiques au sein
de l'entreprise, en tenant compte des facteurs qui jouent à ce niveau sur l'emploi des produits
phytopharmaceutiques (orientation du système de production, assolement, organisation du travail,
équipement disponible, déterminants de la performance économique...) et en donnant à son
responsable la capacité de choisir la trajectoire d'évolution appropriée.

Jouer collectif

Les dynamiques de groupe, les actions conduites à des échelles plus larges que la parcelle ou l'exploitation et les projets de filière, seront soutenus de manière préférentielle.

Territorialiser

L'échelon régional constituera un niveau renforcé d'orientation et de mise en oeuvre. Les moyens d'action seront augmentés en accordant une attention particulière à la prise en compte des enjeux liés aux usages, risques et impacts des produits phytopharmaceutiques dan l'ensemble des stratégies et plans d'actions régionaux concernés.

Porter une culture positive

Le développement de modes de production agricole et de gestion de l'espace fondés sur la synergie entre agronomie et écologie, constitue un défi positif et moderne, reposant sur un progrès technique et sur la mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés ; la sensibilisation de tous les citoyens à cet enjeu fera valoir son caractère actuel et essentiel pour la transition de l'agriculture française vers des systèmes performants sur les plans économique, environnemental et social.

S'engager

La réussite du Plan Écophyto nécessite l'engagement pulic de tous les acteurs sur des objectifs réalistes et vérifiables.

Les objectifs du Plan Écohpyto II+

  • accélérer le retrait des substances les plus préoccupantes et d'accompagner la sortie du glyphosate ;
  • promouvoir la reconnaissance et la diffusion des produits de biocontrôle et des préparations naturelles peu préoccupantes ;
  • renforcer la prévention de l'exposition de la population aux pesticides ainsi que de leurs impacts sur l'environnement et la biodiversité, notamment par l'information, la communication et le dialogue entre les différents acteurs, et par la mise en place, le cas échéant, de mesures de protection complémentaires ;
  • soutenir la recherche et l'innovation :
    - en développant les connaissances sur les solutions alternatives ainsi que sur les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques;
    - en confortant la démonstration des performances économiques, environnementales et sociales des systèmes économes en produits phytopharmaceutiques grâce au dispositif DEPHY ;
  • accompagner les agriculteurs dans la transition :
    - en incitant plus largement des groupes d'agriculteurs à s'engager dans la réduction de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques - en les accompagnant techniquement et financièrement ;
    - en mettant en œuvre la séparation des activités de distribution, d'application et de conseil concernant les produits phytopharmaceutiques afin de renforcer la diffusion des principes de protection intégrée des cultures ;
    - en pérennisant le dispositif des certificats d'économie de produits phytopharmaceutiques, qui était jusqu'à présent en phase d'expérimentation ;
    - en mettant à leur disposition un centre de ressources des alternatives à l'usage du glyphosate et plus largement en mettant à disposition de manière accessible les connaissances acquises sur les alternatives et les leviers de réduction des utilisations, des risques et des impacts ;
  • mobiliser et responsabiliser l'ensemble des acteurs, depuis les agriculteurs jusqu'à la grande distribution.

 

Les moyens financiers nécessaires sont mobilisés pour mettre en œuvre ces actions : 71 millions d'euros sont ainsi consacrés chaque année au plan Ecophyto, au niveau national comme régional, grâce au prélèvement d'une redevance sur les ventes de produits phytopharmaceutiques.

Les six axes du Plan Écophyto II+

1/ faire évoluer les pratiques et les systèmes ;
 
2/ amplifier les efforts de recherche, développement et innovation ;
 
3/ réduire les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques sur la santé humaine et sur l'environnement ;
 
4/ supprimer l'utilisation de produits phytopharmaceutiques partout où cela est possible dans les jardins, les espaces végétalisés et les infrastructures ;
 
5/ encourager, en favorisant une mobilisation des acteurs, la déclinaison territoriale du Plan en cohérence avec les contraintes et potentialités locales, renforcer l'appropriation du Plan par les acteurs du territoire et des filières et veiller à la cohérence des politiques publiques ;
 
6/ s'appuyer sur une communication dynamique et des approches participatives, pour instaurer un débat citoyen constructif quant à la problématique des produits phytopharmaceutiques, et instaurer une gouvernance simplifiée.

Publication : 4.06.2019

A savoir

Avec 72 035 tonnes de substances actives de produits phytopharmaceutiques vendues au secteur agricole en France, notre pays se situe au deuxième rang européen, après l'Espagne (76 940 tonnes) et devant l'Italie (59 963 tonnes).
En termes d'utilisation, la  France est au 9e rang européen selon le nombre de kilogrammes de substances actives vendues rapporté à l'hectare, avec 3,7 kg/ha, derrière l'Espagne, l'Italie ou encore l'Allemagne.

Le plan Ecophyto II+ répond à une obligation européenne fixée par la directive 2009/128/CE instaurant un cadre d'action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable, qui prévoit que les États membres « adoptent des plans d'action nationaux pour fixer leurs objectifs quantitatifs, leurs cibles, leurs mesures et leurs calendriers en vue de réduire les risques et les effets de l'utilisation des pesticides sur la santé humaine et l'environnement et d'encourager l'élaboration et l'introduction de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures et des méthodes ou des techniques de substitution en vue de réduire la dépendance à l'égard de l'utilisation des pesticides. »

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