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Biologie et santé

La Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens

Génétique moléculaire

La Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens promue par l'Organisation mondiale de la santé se tient du 18 au 24 novembre 2020 avec, le 18 novembre, la Journée européenne d'information sur les antibiotiques de l'E.C.D.C. (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies). L'antibiorésistance est identifiée par l'Organisation mondiale de la santé (O.M.S) comme l'une des menaces les plus sérieuses pour la santé publique. Elle est corrélée à l'utilisation des antibiotiques qui génère, au fil du temps, une augmentation des résistances bactériennes menaçant l'efficacité des traitements.

Actualité - 1ère publication : 18.11.2020 - Mise à jour : 20.11.2020

« Le champ de la santé est emblématique de la capacité de la recherche à améliorer la vie des hommes et de la nécessité que l'Etat et ses partenaires industriels coopèrent pour transformer une connaissance en un médicament, un dispositif, un service accessible au plus grand nombre. Je signe aujourd'hui ce contrat qui nous engage collectivement à former la jeunesse mais aussi les travailleurs d'aujourd'hui aux métiers de demain et à favoriser toutes les synergies entre recherche académique, innovation et développement industriel.»

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche


 

La France, qui figure en 4e position des pays les plus consommateurs d'antibiotiques en Europe pour la santé humaine, mène une politique en pointe de lutte contre l'antibiorésistance, visant notamment à réduire la consommation globale d'antibiotiques. En effet, une large prescription d'antibiotiques chez l'humain et chez l'animal, autant à titre curatif que préventif, est susceptible d'entraîner l'émergence de résistances bactériennes.

La France est un des leaders mondiaux de l'innovation en matière de maîtrise de l'antibiorésistance grâce à l'excellence de sa recherche et au dynamisme des entreprises présentes sur le territoire national. La maîtrise de l'antibiorésistance passe par le développement des connaissances sur les mécanismes d'émergence et de transmission des résistances aux antimicrobiens, ainsi que le développement de nouvelles solutions thérapeutiques et diagnostiques, ou de solutions alternatives aux antibiotiques.

La feuille de route interministérielle de maîtrise de l'antibiorésistance

Face à cet enjeu crucial en matière de santé publique, la France est particulièrement engagée. Une feuille de route gouvernementale interministérielle a été adoptée en 2016, visant à diminuer la consommation d'antibiotiques et à réduire les conséquences sanitaires et environnementales de l'antibiorésistance.

  • Action 24 : « Préserver l'efficacité de l'arsenal thérapeutique en mettant en place des incitations visant à maintenir les anciens antibiotiques sur le marché »
  • Action 37 : « Sensibiliser au niveau européen afin de créer un cadre spécifique dédié au développement de produits maîtrisant la résistance antimicrobienne »
  • Action 40 : « Développer la surveillance de l'émergence et de la diffusion de l'antibiorésistance (Homme, animal et environnement) dans les pays à faible revenu, en collaboration avec l'O.M.S. et l'O.I.E. et en s'appuyant sur des réseaux existants »

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Programme et financement de la recherche sur l'Antibiorésistance

Le programme prioritaire de recherche (P.P.R.) Antibiorésistance piloté par l'INSERM est dédié à la lutte contre la résistance aux antibiotiques. Financé par le programme d'investissements d'avenir, l'objectif du P.P.R. Antibiorésistance est de mettre en œuvre des initiatives de recherche qui visent à réduire la consommation d'antibiotiques chez l'Homme et à inverser la courbe des résistances.

Les 4 axes du programme

  • La résistance et la manière dont elle se transmet
  • Les nouvelles stratégies thérapeutiques
  • Les innovations technologiques (big data, intelligence artificielle) pour lutter contre l'antibiorésistance
  • La pluridisciplinarité pour comprendre les enjeux en santé publique, sociaux, psychosociaux, économiques, juridiques.

Principales actions financées

  • Développement et création de plateformes, réseaux et observatoires dédiés à l'antibiorésistance.
  • Renforcement des équipes de recherche par des challenges scientifiques sous forme d'appels à manifestation d'intérêt ou d'appels à projet interdisciplinaires et par des moyens humains.
  • Animation du réseau de recherche national et coordination d'un réseau de recherche sur l'antibiorésistance pour les pays aux ressources limitées.

    Le programme prioritaire de recherche national Antibiorésistance est financé à hauteur de 40 millions d'euros par le 3e programme d'investissements d'avenir.


Voir aussi



Antibiorésistance : l'expertise en microbiologie et la collection unique en souches résistantes de l'Institut Pasteur contribuent à des travaux sur les streptogramines du groupe A

L'exceptionnelle collection de souches bactériennes de l'Institut Pasteur a été mise à contribution pour des travaux de l'université de Californie. Ces travaux concernent la modification d'une classe d'antibiotiques (streptogramines du groupe A), découverts et isolés en France dans les années 60, afin de restaurer leur activité et leur permettre de déjouer la résistance des bactéries qu'ils visent à détruire. La résistance aux agents antimicrobiens est un des trois axes scientifiques prioritaires du plan stratégique 2019-2023 de l'Institut Pasteur.

Institut Pasteur - 27 octobre 2020



Signature du contrat stratégique de la filière Industries et technologies de santé 

Frédérique Vidal, Agnès Buzyn et Agnès Pannier-Runacher ont signé, le 4 février 2019, le contrat stratégique de la filière des Industries et technologies de santé avec 4 projets majeurs :

  • La bio-production, avec pour objectif de gagner un facteur 100 sur la productivité des technologies de production de molécules biologiques d'ici 10 ans et de renforcer le secteur pharmaceutique français par l'industrialisation de ces technologies de rupture sur le territoire national ;
  • L'intelligence artificielle pour les industries de santé, et plus particulièrement la médecine de précision, qui souhaite créer autour du « Health Data Hub », un écosystème d'envergure mondiale, avec des premières initiatives dans le cancer et les maladies inflammatoires ;
  • L'antibiorésistance - projet visant à faire de la France le pays européen emblématique de la lutte contre les agents pathogènes résistants ;
  • Le développement de l'axe international, poussant au renforcement de la position de la France sur la scène internationale.

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Renforcement de la formation initiale et continue des professionnels de santé

Afin de continuer à renforcer la place de l'antibiorésistance dans la formation initiale et continue des professionnels de santé (chirurgiens-dentistes, infirmiers, médecins, pharmaciens et sages-femmes), des travaux sont en cours pour définir avec eux un socle de compétences minimales pour la prévention de l'antibiorésistance (dans ses deux dimensions : prévention et contrôle des infections, bon usage des antibiotiques). La prévention de l'antibiorésistance est l'une des thématiques prioritaires nationales du développement professionnel continu (DPC) des professionnels de santé.


De plus, un appel d'offres fléché sur cette thématique est lancé par l'ANDPC sur la période 2020-2022 :

  • Arrêté du 31 juillet 2019 définissant les orientations pluriannuelles prioritaires de DPC pour les années 2020/22
  • Instruction du 16 juillet 2018 relative aux orientations retenues en 2019 en matière de DPC des personnels des établissements.

Voir aussi

1ère publication : 18.11.2020 - Mise à jour : 20.11.2020

L'antibiorésistance

  • C'est le phénomène qui consiste, pour une bactérie, à devenir résistante aux antibiotiques.
  • Les bactéries exposées aux antibiotiques évoluent et développent des mécanismes de défense qui leur permettent d'échapper à leur action.
  • Ce phénomène touche aussi bien les bactéries à l'origine des infections (bactéries pathogènes) que les bactéries généralement inoffensives qui sont naturellement présentes sur notre corps (bactéries dites commensales), chez les animaux (de compagnie ou de production de denrées) et dans l'environnement.

A savoir

  • La France figure en 4e position des pays les plus consommateurs d'antibiotiques en Europe pour la santé humaine. En conséquence, des bactéries responsables de maladies graves sont plus difficiles à traiter qu'auparavant.
  • On estime que chaque année en France, 125 000 infections à bactéries multi-résistantes induisent environ 5 500 décès.

Chiffres clés

728

tonnes d'antibiotiques destinés à la santé humaine vendues en France en 2018.


471

tonnes d'antibiotiques destinés à la santé animale vendues en France en 2018.


95 %

des antibiotiques sont administrés à des animaux destinés à la consommation humaine et 5 % à des animaux de compagnie, en santé animale.


93 %

des antibiotiques sont dispensés en médecine de ville et 7 % en établissements de santé ; parmi ceux dispensés en ville, 13 % relèvent d'une prescription hospitalière, en santé humaine.

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