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Intervention de François d'Aubert à l'occasion des 20 ans de l'IFREMER à l'UNESCO

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Discours - 1ère publication : 23.11.2004 - Mise à jour : 3.12.0007
François d'Aubert

Monsieur le sous-secrétaire
Mesdames et Messieurs les présidents et directeur généraux,
Mesdames, Messieurs,

 

A l'occasion de l'anniversaire de l'IFREMER, vous avez abordé lors de cette journée les grandes problématiques relatives aux enjeux des océans.

Les océans, la mer, ont suscité de longue date, émerveillement, étonnement, et crainte. En confrontant l'homme à une immensité sauvage, les étendues océaniques ont suscité contes et légendes, récits et fantasmes. Elles ont nourri les rêves des hommes et leurs cauchemars.

La science a donné un visage concret à ces mondes inconnus : volcans sous-marins, champs de coraux où la vie abonde dans des zones sombres et froides, fleuves de boue et sources hydrothermales riches en écosystèmes complexes, imprévus, se développant dans des conditions surprenantes. La recherche a amélioré notre compréhension de la mer et a apaisé les hantises du passé. Elles nous a révélé ce monde riche, divers, fascinant. Cette recherche, nous la devons pour une grande part à l'IFREMER.

En France, le secteur socio-économique maritime est l'un des socles de notre économie. Sa croissance est supérieure à la moyenne nationale. Son impact environnemental est complexe et multidimensionnel. Avec plus de onze millions de km2 de zone économique exclusive en incluant les DOM-TOM, la France est la 2éme puissance maritime du monde. Elle est présente et active dans la plupart des mers du globe ; elle est signataire d'un grand nombre de conventions internationales.

Les caractéristiques du milieu maritime lui confèrent une dimension européenne, voire mondiale. En effet, les frontières des Etats ne s'imposent pas naturellement à ce milieu fluide, mouvant.

La dimension européenne et internationale des politiques publiques maritimes majeures est ainsi incontournable. Pour tenir ses engagements, la France s'appuie tout particulièrement sur l'IFREMER. La présence ce matin de mes collègues, Monsieur Lepeltier et Monsieur de Robien, atteste de l'intérêt, de la confiance et de la force de la relation qui existe entre les pouvoirs publics et l'IFREMER. L'IFREMER est impliqué dans plusieurs projets décidés par les Comités interministériels de la mer de 2003 et 2004, comme encore récemment, lors du Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire, sur le thème du littoral, qui s'est tenu, sous la présidence du Premier ministre, le 14 septembre 2004.

J'ai la conviction que cet appui ne pourrait être aussi efficace, aussi pertinent, sans la recherche menée par l'IFREMER. Cette recherche, reconnue sur la scène internationale, signe de son excellence, constitue un socle indispensable de compétences. Ses collaborations avec les autres organismes de recherche et les établissements d'enseignement supérieur font de l'IFREMER un fédérateur incontesté. Ces caractéristiques sont le gage de la pertinence des recommandations qui peuvent être faites aux pouvoirs publics dans la mise en œuvre de politiques relatives à la pêche, la qualité des eaux, le transport ou la sécurité maritime. Elles sont les raisons de la contribution unique de l'organisme à une politique de la mer.

Ainsi, créé il y a 20 ans, l'IFREMER, est parvenu à développer une recherche amont et finalisée, à mettre en œuvre des actions d'expertise et développements technologiques qui contribuent, ensemble à faire progresser la connaissance ou l'économie, dans des domaines variés. La recherche occupe une place particulière dans les activités de l'établissement, et est un moteur dans son action de valorisation. Je souhaite que nous soyons attentifs ensemble à maintenir et développer ses compétences.

Ces spécificités de l'IFREMER en font un organisme particulier en Europe, où se croisent et s'enrichissent mutuellement les disciplines nécessaires ses missions, articulées autour de :
- la connaissance et la mise en valeur des ressources de l'océan en vue de leur exploitation durable ;
- l'amélioration des méthodes de surveillance, de prévision d'évolution, de protection et de mise en valeur du milieu marin et côtier ;
- le développement socio-économique du monde maritime

De nombreux exemples illustrent les complémentarités des activités de l'IFREMER.

Son programme «surveillance, usage et mise en valeur des mers côtières» s'attache à la compréhension des processus en œuvre dans l'évolution de la qualité des eaux, des ressources et des milieux côtiers. Ces travaux permettent de créer de nouveaux outils d'observation et de représentation. Ses activités relatives à l'exploration et l'exploitation des fonds océaniques ont un intérêt fondamental dans la compréhension des processus géophysiques, géochimiques et biologiques. Mais la compétence de l'IFREMER dans ce domaine est également très sollicitée en appui du secteur pétrolier et para-pétrolier, pour leurs activités off-shore, comme par celui de la santé et de la cosmétologie pour la valorisation durable d'écosystèmes uniques.

Dans la surveillance et l'optimisation des productions aquacoles, comme la connaissance, l'exploitation et la valorisation des ressources halieutiques, l'IFREMER mène des recherches de grande qualité conduisant à des développements technologiques reconnus. Ce lien recherche / développement est largement ancré dans l'histoire de l'organisme : dès 1985 et avec l'aide de l'Anvar, l'Ifremer a conçu le 1er pilote industriel français de fabrication de surimis. Cette collaboration a conduit à la commercialisation de produits largement consommés aujourd'hui. Ces travaux sont aujourd'hui d'une importance croissante, par leurs implications économiques, et par le dialogue constant avec les professionnels qu'ils nécessitent. Je tiens à rappeler l'accord que mon collègue, Hervé Gaymard, a signé cette année, et qui scelle les modalités de travail entre la direction des pêches de son ministère, l'IFREMER et le syndicat professionnel.

Enfin, l'IFREMER est moteur en France comme en Europe, dans le domaine de la circulation et l'étude des écosystèmes marins, sur les côtes et au large, par le développement de l'océanographie opérationnelle, couplant les processus physiques et biologiques. Ses applications dans le domaine du climat, global et local, sont attendus des politiques comme des usagers. Elle vient en soutien à la proposition française de services GMES de surveillance de la Terre. La réussite du GIP Mercator, dans le cadre européen, atteste de l'excellence de l'action de l'IFREMER.

En complément de ces travaux, l'IFREMER est également responsable des grands équipements au service du monde maritime. L'ensemble de ces équipements sont mis à la disposition de la communauté scientifique nationale et partagé au travers d'accords avec d'autres pays. Comment ne pas rappeler dans le cadre de cette mission la contribution du Nautile pour le compte de l'Espagne lors du naufrage du PRESTIGE ?

Ces quelques exemples illustrent combien la connaissance et la capacité d'étude de l'océan dans toutes les dimensions de sa complexité, permettent à l'IFREMER d'explorer la science à ses marges les plus innovantes. Cette recherche place l'IFREMER au confluent des dialogues inter-organismes les plus féconds, au niveau national, européen et international.

L'IFREMER s'est aujourd'hui résolument tourné vers la modernité. Les propositions qu'il met en avant dans le cadre des débats relatifs à la loi d'orientation et de programmation de la recherche, attestent de son dynamisme. Je souhaite remercier et féliciter son président, Monsieur Minster, dont la compétence est reconnue sur la scène européenne : il préside et anime diverses instances de réflexion et de prospective au niveau européen. Des propositions innovantes sont développées dans le cadre de la préparation du 7ème PCRD. La participation active de l'IFREMER dans la préparation du livre vert sur la politique de la mer permet à la France d'affirmer sa position dans le concert européen dès les phases les plus amont.

Au niveau national, l'IFREMER vient d'achever l'élaboration de son plan stratégique et la négociation d'un nouveau contrat quadriennal avec ses tutelles. L'IFREMER participe au renforcement des relations entre organismes, notamment dans le cadre de la Loi organique relative aux loi de finances : l'IFREMER est très actif dans la conception, la construction et la définition d'un contenu scientifique du programme « gestion des milieux et des ressources » de la Mission interministérielle « recherche et enseignement supérieur » de la LOLF.

Je ne doute pas que lors de cette journée, vous avez pu approfondir les domaines de la science qu'anime l'IFREMER. Je souhaitais personnellement rappeler la qualité de l'organisme, le remercier et l'encourager à poursuive ses activités avec la même détermination, mais aussi à contribuer encore plus largement au débat sur la recherche française. Il est un exemple à suivre. Il remplit avec rigueur ses obligations et représente avec excellence la France, dans le concert européen et international.

 

Mesdames, Messieurs, je vous remercie.

1ère publication : 23.11.2004 - Mise à jour : 3.12.0007
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