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Un nouveau bâtiment pour l'Institut Physique du Globe de Paris

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Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a posé la première pierre du nouveau bâtiment qui abritera l’Institut Physique du Globe de Paris (IPGP) et la bibliothèque des Sciences de l’Univers. Ce projet s’inscrit dans l'opération de rénovation plus globale de Jussieu. Il témoigne de la volonté de faire de Paris une ville universitaire, attractive à l’international, en offrant aux futurs étudiants et chercheurs parisiens des conditions de travail dignes de la grande recherche française du XXIème siècle. Cette opération, d’un montant total de près de 40M€, est financée par l’Etat à hauteur de 29.2 M€ et de 10.6 M€ par la Région, au titre de la bibliothèque des sciences de l’Univers. La date de livraison du bâtiment est prévue au premier trimestre 2010, pour une mise en service à la rentrée 2010.

Discours - 1ère publication : 20.01.2009 - Mise à jour : 20.01.0009
Valérie Pécresse

Monsieur l’adjoint au Maire du 5ème arrondissement, (M. Baetche)
Monsieur le Recteur, (Patrick Gérard)
Monsieur le Président, (Guy Cousineau) [à confirmer]
Monsieur le directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris, (Vincent Courtillot)
Monsieur le Président de l’établissement du Campus de Jussieu, (Paul Desneuf)
Mesdames et Messieurs,


Nous sommes réunis ce matin pour poser la première pierre du nouveau bâtiment qui abritera bientôt l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) ainsi que la bibliothèque des Sciences de l’Univers.

Cette future installation, qui plus est sur un lieu chargé d’histoire scientifique - puisqu’il a accueilli les découvertes de Pierre et Marie Curie, fait figure d’exemple pour la politique immobilière que je mène en faveur des universités et des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, au service de leur développement scientifique, qui doit les conduire à amplifier leur rayonnement international.

L’objectif de l’Opération Campus, que j’ai lancée il y a bientôt un an, est bien de structurer des pôles de recherche et d’enseignement supérieur et de recherche puissants à forte visibilité. Dans la concurrence mondiale à laquelle les établissements sont soumis, l’environnement offert aux étudiants, aux enseignants, aux chercheurs et à toute la communauté universitaire est un élément majeur de leur attractivité.

Cette future installation de l’Institut de Physique du Globe de Paris traduit mon ambition pour l’ensemble des établissements d’enseignement et de recherche parisiens qui regroupent à eux seuls 15% des étudiants en France.

Mon ministère investit massivement dans la ville-capitale pour apporter aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs tout le confort et toute la modernité qu’ils méritent. L’université Paris VII bénéficie d’ores et déjà d’une implantation moderne au sein du 13ème arrondissement et le nouveau contrat de projet Etat-Région va permettre de réaliser les rénovations de localisations prestigieuses : la Sorbonne, Assas mais aussi Censier et la tour Necker. L’Etat investira 370 M€ sur la durée du contrat dont 73 M€ en 2009. L’université Paris VI bénéficiera elle aussi, à la fin du chantier de Jussieu, de locaux à la pointe de la modernité. 895 millions d’euros ont d’ores et déjà été investis dans ce chantier gigantesque et j’y consacrerai 187 millions d’euros en 2009, sur mon budget.

Mais à Paris, la situation est plus complexe qu’ailleurs. Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche bénéficient à la fois d’une renommée scientifique importante qu’ils ont construite et subissent dans le même temps une situation immobilière particulièrement imbriquée et bien souvent vétuste, qui ne leur donne pas toute la visibilité dont ils ont besoin.

Il nous faut donc aller plus loin et engager un projet très ambitieux pour que Paris soit au 21ème siècle une des plus grandes et une des plus attractives villes universitaires du monde, où chaque université construit sa propre identité au sein de pôles universitaires structurés. C’est pourquoi, une part de l’Opération Campus sera consacrée aux grands chantiers parisiens. Pour mener à bien cette opération, j’ai décidé de missionner Bernard Larrouturou qui est chargé de dresser, en concertation avec l’ensemble des établissements concernés, un schéma directeur pour l’enseignement supérieur à Paris.

Mesdames et Messieurs, d’ores et déjà, à la mi-2010, les 500 personnes qui travaillent à l’institut de Physique du Globe de Paris pourront bénéficier d’un environnement d’étude et de travail digne de la meilleure recherche du vingt et unième siècle et digne d’une grande institution internationale à même d’accueillir des chercheurs et étudiants venant du monde entier. En investissant près de 30 millions d’euros dans cette opération, l’Etat montre une fois de plus son engagement en faveur de cette institution en particulier et de la recherche française en général.

L’opération entre dans sa dernière phase. Je tiens à saluer ici l’ensemble des équipes, celle de l’établissement public de Jussieu, les architectes, les  ingénieurs et les ouvriers, qui œuvrent chaque jour à l’avancement de l’opération. Je compte sur votre professionnalisme pour que les étudiants, les enseignants et les chercheurs, que je sais impatients (et c’est normal), puissent emménager dans leurs nouveaux locaux dans les délais impartis et bénéficier de l’environnement qu’ils méritent.

* * *

L’institut de Physique du globe de Paris est, en effet, aujourd’hui un grand établissement d’enseignement supérieur et de recherche qui a su, en quelques décennies, devenir un acteur majeur du développement des Sciences de la Terre en France et dans le monde.

Trois évolutions-clé ont façonné l’institut tel qu’il est aujourd’hui.

  • Tout d’abord comme nous venons de le voir, à partir de la fin des années 1970, l’Institut a considérablement élargi son champ de recherche pour couvrir une grande partie des domaines de recherche des Sciences de la Terre et des Planètes.
  •  La deuxième évolution est évidemment l’accession de l’institut au rang de grand établissement en 1992, qui, de fait, lui a donné une reconnaissance à part entière.
  • Enfin, depuis 2005, la création d’une unité mixte de recherche unique avec le CNRS a eu pour conséquence à la fois d’en améliorer et d’en simplifier la gestion mais aussi d’accroître le sentiment d’appartenance des personnels et de développer la visibilité internationale de l’institut ; en un mot de bâtir la renommée d’une des plus prestigieuses institutions scientifiques françaises dont notre pays a tant besoin.


L’institut est désormais à l’image de la grande recherche du 21ème siècle.

Son originalité, il la trouve dans sa double vocation : la création et la transmission de savoir et bien sûr les missions nationales d’observation des phénomènes naturels et de surveillance de l’environnement.

L’institut conduit des recherches fondamentales de très grande qualité en géophysique, en géochimie, en géologie quantitative en alliant l’observation à terre comme en mer, l’analyse et la mesure au laboratoire et la construction de modèles conceptuels, analogiques et numériques. A côté des domaines classiques et historiques des sciences de la Terre, l’Institut a aussi su diversifier au cours des années ses champs de recherche en attirant des chercheurs qui ont développé, souvent en pionniers, des recherches dans des domaines aussi inattendus que passionnants.

L’Institut se distingue aussi des autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche français puisqu’aux missions classiques de recherche et de transmission des savoirs s’ajoutent une très importante mission de veille environnementale. Une dimension essentielle, qui se trouve aujourd’hui au cœur des préoccupations de nos concitoyens et qui ont été mises en avant dans le Grenelle de l’environnement. Pour ma part, je souhaite que ces questions de surveillance de l’environnement fassent aussi partie intégrante des réflexions de la future Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation que le Président de la République lancera officiellement dans les prochains jours.

L’institut est en charge des observatoires volcanologiques des Antilles et de la Réunion qui scrutent en permanence les humeurs de la Soufrière, de la Montagne Pelée et du Piton de la Fournaise pour en prévenir les éruptions et en anticiper ainsi les dégâts. Les observatoires des Antilles ont aussi en charge la surveillance de la sismicité, qui est un risque majeur dans cette région du monde.

L’Institut a la responsabilité de Géoscope qui est la composante française des réseaux mondiaux de surveillance sismique de la Planète. Il participe ainsi à la localisation des séismes et à une radiographie tridimensionnelle de l’intérieur du globe. Il est associé à la mise en place de systèmes internationaux de surveillance, comme ceux qui suivent la formation et la propagation des tsunamis.

Enfin, les observatoires magnétiques suivent l’évolution du champ magnétique terrestre et l’observatoire de Chambon la Forêt est au centre de ces activités. L’Institut de Physique du Globe de Paris a été moteur dans la création du réseau mondial Intermagnet. Il est le siège du Bureau Central de Magnétisme Terrestre (BCTM).

* * *

Mesdames et Messieurs, L’Institut de Physique du Globe de Paris, qui chemine vers son 100ème  anniversaire*, a ainsi su évoluer tout au long de son histoire pour rester une institution moderne à la pointe de la recherche française et mondiale. Gageons que ce futur déménagement lui permettra de continuer sur cette lancée en acquérant toute la visibilité qu’il mérite, tout en nourrissant les synergies avec les établissements qui l’entourent.

Je vous remercie.


*L’institut a été créé en 1921.

 

1ère publication : 20.01.2009 - Mise à jour : 20.01.0009
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