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Séance solennelle de l'Académie nationale de médecine

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Académie de médecine

Devant les membres de l’Académie, Valérie Pécresse a réaffirmé son double objectif dans le domaine de la santé : préserver la culture commune qui fait l’unité non seulement du corps médical, mais encore des professions de santé et maintenir le lien fondamental qui unit recherche et clinique.

Discours - 1ère publication : 15.12.2009 - Mise à jour : 16.12.0009
Valérie Pécresse

Académie de médecine

Avant toute chose, permettez-moi de vous remercier, au nom du Gouvernement, de la mobilisation qui est à la vôtre en ces temps de pandémie grippale. Il y a quelques semaines, alors que certains, ne la voyant pas venir, commençaient à douter de sa réalité, vous vous êtes penchés sur le sujet.
Le débat sur la grippe A, vous l’avez ouvert franchement et vous l’avez conduit de manière approfondie, en confrontant vos opinions, parfois divergentes, pour parvenir enfin à des conclusions médicalement étayées. Vous avez ainsi réaffirmé la nécessité et l’utilité de la vaccination, en insistant tout particulièrement sur la responsabilité qui pèse sur les personnels de santé : par nature, ils sont spécialement exposés au virus ; ils risquent donc de contaminer à leur tour leurs patients, alors même que ceux-ci sont plus fragiles. Et nul doute que cet appel a été largement entendu.
Entendu des pouvoirs publics, tout d’abord, qui se sont largement appuyés sur vos recommandations ; entendu des personnels de santé, ensuite, car nombreux sont ceux qui s’interrogeaient sur la vaccination et que l’intervention de l’Académie a définitivement convaincu.
Une fois de plus, vous avez donné tout son sens à la mission de l’Académie : vous avez adressé au pouvoir politique les conseils et recommandations dont il a besoin pour prendre des décisions éclairées ; vous l’avez fait en toute liberté, en vous saisissant du sujet à votre propre initiative, car vous estimiez qu’il était de la responsabilité de l’Académie de se pencher sur la question ; et cette liberté, Mesdames et Messieurs, est ce qui, j’en suis sûre, a emporté la conviction de nombreux médecins. 
 

Liberté

Il faut dire que cette liberté est inscrite dans les gènes de l’Académie, si je puis m’exprimer ainsi. Elle naît d’abord de la force des personnalités qui y siègent : à des médecins, des pharmaciens, des vétérinaires et des professeurs aussi talentueux et aussi chevronnés que vous l’êtes, nul ne peut rien dicter. Vos convictions, vous vous les forgez comme vous l’avez toujours fait durant votre carrière : en vous appuyant sur votre expérience et en analysant la littérature existante, sans jamais cesser de porter sur elle le regard aigu qui est celui du praticien de toujours.
Cette liberté, elle est également inscrite dans les statuts de votre compagnie. On pourrait la croire aristocratique par essence. Il n’en est rien ! Car l’Académie est une petite démocratie, librement composée et librement administrée. Vous élisez en effet les membres que vous jugez dignes de vous rejoindre – autrement dit, vous avez le privilège exceptionnel de choisir, parmi les plus illustres personnalités médicales, les individus au côté duquel vous aurez plaisir à siéger et avec lesquels vous apprécierez de débattre.
Et les débats ne manquent pas, puisqu’il n’est pas une décision, pas un avis, pas une position que l’Académie ne puisse prendre sans qu’elle ait été formellement approuvée par ses membres. J’ai assez fréquenté les enceintes parlementaires pour savoir, Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire perpétuel, qu’il ne doit pas toujours être facile de présider aux destinées d’une assemblée d’égaux. Mais cette égalité est l’essence même de l’académie : la seule loi qui y règne est celle du scrutin, préalablement éclairé par un débat rigoureux et raisonné.

 

Ouverture et responsabilité

Cette liberté qui est la vôtre, Mesdames et Messieurs les Académiciens, vous confère évidemment des responsabilités. Depuis deux ans, j’ai certes développé une tendance quasi compulsive à associer ces deux termes. Mais ici aussi, le couple « liberté – responsabilité » prend tout son sens : car c’est l’autonomie de votre compagnie qui donne à ses positions un poids particulier. Cette responsabilité morale, l’Académie s’en est toujours montrée parfaitement digne, aussi bien comme corps que dans la personne de chacun de ses membres.
Un seul exemple le démontre, lui aussi lié à la pandémie grippale : au moment même où, partout en France, les médecins hospitaliers et les étudiants en médecine se mobilisaient pour participer à la campagne de vaccination, vous êtes nombreux à avoir souhaité vous y impliquer à votre tour.
D’ores et déjà, certains d’entre vous passent un après-midi par semaine dans des centres de vaccination. Permettez-moi, là encore, de vous en remercier très chaleureusement : cela démontre non seulement l’esprit de responsabilité qui règne parmi vous, mais j’y vois aussi un très beau symbole.
Le symbole, bien sûr, de l’engagement de l’ensemble du corps médical : rien ne le résume mieux que l’image d’un académicien et d’un jeune étudiant de médecine intervenant l’un au coté de l’autre dans un même centre de vaccination.
Mais le symbole, aussi, de l’ouverture de l’Académie. Vous le savez, notre pays aime les paradoxes : il a inventé les Académies, mais il aime aussi à les critiquer, voire à les moquer. A tous ceux qui les décrivent parfois comme des cénacles fermés et repliés sur eux-mêmes, vous opposez ainsi le plus vigoureux des démentis.
Car l’Académie est loin d’être enfermée entre les murs de sa salle des Séances. Depuis toujours, elle est ouverte : ouverte sur le monde médical, ouverte sur le monde scientifique. Cela explique son rayonnement : grâce à ses membres correspondants, en France, mais aussi à l’étranger, l’Académie est le point de convergence d’un incomparable réseau.
Il vous permet de vivre au contact des avancées thérapeutiques et des nouveaux problèmes médicaux, vous offrant ainsi la liberté de vous en saisir très rapidement et, lorsque cela vous paraît nécessaire, de prendre position. Et ce réseau de correspondants permet aussi à vos travaux et à vos avis de résonner au-delà de ces murs et de se diffuser dans l’ensemble de la communauté médicale.

 

Questions éthiques

J’en veux pour preuve deux de vos rapports, pris parmi tant d’autres, mais qui témoignent à mes yeux de la célérité et de l’esprit de responsabilité qui caractérisent l’Académie. Je pense tout d’abord à la question de la gestation pour autrui. Il est peu de sujets aussi délicats, sur un plan médical, bien sûr, mais aussi sur un plan éthique.
Mais vous n’avez pas craint de vous en saisir et vos travaux nous permettent de disposer d’une synthèse unique au monde sur les complications médicales liées à la gestation pour autrui. Mais vous avez fait plus que cela : vous avez formulé la question dans toute sa clarté, en soulignant tout à la fois la souffrance d’un couple confronté à l’infertililité, une souffrance que nous ne pouvons qu’entendre, mais en rappelant aussi qu’à cette souffrance, la gestation pour autrui risquait parfois de répondre par trois autres souffrances : celle de la femme qui porte un enfant qui n’est pas le sien ou n’est pas censé l’être ; celle du couple qui s’engage dans une telle démarche et voit, à la naissance ou quelques jours après, la femme qui a porté l’enfant choisir d’en être aussi la mère ; celle enfin de l’enfant lui-même, dont l’identité peut se trouver ainsi perturbée.
Vous placez le législateur face à la plénitude de ses responsabilités, en définissant l’espace du certain et de l’incertain sur le plan médical et, oserai-je dire, moral. Vous le savez, je partage à titre personnel votre sentiment : la gestation pour autrui vient brouiller la filiation maternelle, celle-là même qui, dans la construction sociale qu’est par nature la filiation, demeurait le seul point d’ancrage et d’évidence biologique. L’autoriser sans certitudes serait aller trop vite et trop loin.
Tout aussi délicate et difficile est la question de la diffusion et de la validation des tests génétiques, que vous venez de traiter, là aussi de manière particulièrement approfondie, lors de votre séance du 8 décembre. Vous y explorez les deux faces du sujet : l’usage que la société peut faire de tels tests pour des raisons qui tiennent, d’une manière ou d’une autre, à l’intérêt général ; mais aussi celui que l’individu peut être tenté d’en faire à des fins de convenance personnelle. Sur ce sujet aussi, vous adressez des recommandations précises au législateur. Lors de la révision des lois de bioéthique, je suis certaine qu’il aura à cœur de les entendre.

Près de 190 ans après sa création – ou plutôt, devrais-je dire, sa recréation, puisque l’Académie de la Restauration ressemble furieusement à la Société royale de médecine, le Gouvernement et la société françaises ont donc encore beaucoup à apprendre de vous.
J’irai même plus loin : nous avons beaucoup à apprendre des Académiciens, mais aussi de l’Académie. Après tout, en ouvrant aux professeurs de pharmacie le statut de professeur des universités – praticien hospitalier, nous nous sommes inspirés de l’Académie qui réunit médecins, chirurgiens, biologistes et pharmaciens depuis longtemps déjà et pour une raison simple : « faire progresser l’art de guérir », tel est l’objectif qui fonde l’Académie.
C’est cet objectif que nous devons garder en tête : les divisions introduites par les spécialités, les différences qui caractérisent chaque profession médicale ont certes leur sens, mais elles ne doivent pas briser l’unité fondamentale de la médecine : au-delà de la maîtrise technique, l’objectif est de guérir et de guérir un malade dont la pathologie et la personne doivent être traitées dans leur globalité.
C’est la raison pour laquelle nous devons prendre garde à ne pas laisser la spécialisation ébranler l’unité foncière de la communauté médicale, qui doit toujours se rassembler autour du malade. Cela veut dire deux choses : d’une part, préserver la culture commune qui fait l’unité, non seulement du corps médical, mais encore des professions de santé ; d’autre part, maintenir le lien fondamental qui unit recherche et clinique pour le plus grand bien du patient.

 

L1 santé et études médicales

Ces deux objectifs ont été au cœur de mon action. Réaffirmer l’unité des professions de santé, c’est ainsi tout le sens de la réforme du L1 santé : elle permet non seulement d’offrir des perspectives nouvelles aux 80, voire aux 90 % d’étudiants qui échouent en première année ; mais en combattant la hiérarchisation des filières et en instituant un droit au remords, elle donne aussi tout son sens à l’idée d’une culture commune aux différentes professions de santé.
Chacun le sait, les études médicales sont extrêmement sélectives. Et c’est heureux, car après tout, il n’est pas de profession plus délicate que la vôtre. Mais cette culture de la sélection aboutissait parfois à des résultats paradoxaux : la médecine est une vocation et pourtant les choix des étudiants étaient guidés par des seules considérations de classement ; la médecine est aussi un art, et pourtant les étudiants y étaient évalués à l’aide de QCM, exercices qui, il faut bien le dire, évaluent beaucoup de choses, mais non la finesse de jugement.
C’est la raison pour laquelle j’ai aussi défendu la lecture critique d’article : car savoir extraire de la littérature scientifique les éléments qui permettent d’en  apprécier la pertinence, la portée et les limites, c’est aussi la marque du bon praticien. Sans comparer ce qui ne peut évidemment l’être, je souhaite développer chez les étudiants en médecine ce sens critique qui vous caractérise et qui transparaît dans vos avis et vos synthèses : la sagesse de l’Académie de médecine tient, entre autres choses, au fait que rien ne vous est plus étranger que le scientisme et l’objectivisme facile.
Pratiquer la médecine, c’est en effet se heurter régulièrement à des cas inédits. Bien entendu, l’essentiel de votre pratique, si l’on s’en tient au nombre, est marqué par des régularités quasi infaillibles, auxquelles répondent des diagnostics et des traitements  eux-mêmes normés.
Mais lorsqu’un cas singulier survient, il vous est impossible de le considérer comme une simple anomalie statistique : il vous faut le traiter, malgré tout. La médecine est sans doute une démarche expérimentale. Nul ne peut remettre en doute la parole de Claude Bernard. Et surtout pas moi !

 

CHU

Mais à la différence des autres sciences expérimentales, qui cherchent d’abord à généraliser et à abstraire, la médecine est condamnée à retourner à la singularité du malade. C’est pourquoi, entre la recherche et la pratique médicale, il doit y avoir des interactions continues. C’est le principe même qui inspira le Professeur Robert Debré et qui donna naissance aux CHU, dont nous venons de fêter le jubilé.
A ces deux fonctions, recherche et clinique, le Professeur Debré en joignit une troisième, la formation, qui découle des deux précédentes : si la médecine moderne avance là où la recherche et la clinique se rencontrent, alors c’est bien là qu’il faut former les futurs médecins.
Je veux le dire très clairement : à mes yeux, le modèle du CHU n’a rien de dépassé. Et c’est bien là la source de nos difficultés. Avec la spécialisation et la technicisation croissantes, l’idée d’un CHU-carrefour des missions de la communauté médicale n’a fait que prendre plus de sens.
Mais, chacun le sait, cette spécialisation et cette technicisation rendent plus difficiles encore la conciliation au quotidien de ces trois missions également exigeantes : former, pratiquer et chercher, voilà trois activités à réunir alors qu’une vie ne suffirait pas à en épuiser une seule !
Il n’y aurait pourtant aucun sens à renoncer à les concilier, bien au contraire : notre objectif doit être d’équilibrer ces trois fonctions du CHU au quotidien. C’est toute la signification  des modifications législatives récentes qui reconnaissent le rôle décisif du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche dans l’organisation et la gouvernance des CHU.

 

LRU

Et c’est pour cette même raison que la loi LRU a construit un véritable partenariat entre les présidents d’université et les doyens, un partenariat qui respecte la singularité des facultés de médecine tout en permettant aux universités de faire des recherches et des études médicales l’un des points forts de leur stratégie et de leur rayonnement.
Permettez-moi de m’y arrêter un instant, Mesdames et Messieurs les académiciens : à chacune des étapes des réformes que je conduis, j’ai pu compter sur vos avis, vos recommandations, mais aussi sur votre soutien.
Je voulais vous en remercier aujourd’hui : ce soutien était d’autant plus important à mes yeux que, pour une large part, mon action tendait à réaffirmer dans l’ensemble des universités le tryptique formation-recherche-insertion et pratique professionnelles qui caractérise depuis bien longtemps déjà les études médicales.

 

Rapport Marescaux, IHU et recherche

Mais il est vrai, Mesdames et Messieurs les Académiciens, qu’au sein de l’univers hospitalo-universitaire, c’est la recherche qui, parmi les trois piliers de ce triptyque, peine parfois à trouver sa place. Entendons-nous bien : la recherche médicale se fait bien dans les CHU, 80 % des unités de l’INSERM étant ainsi accueillies par les universités. Mais dans une carrière hospitalière, il devient de plus en plus difficile de se consacrer également et en même temps à la recherche et à l’enseignement, la pratique médicale restant quant à elle incontournable.
Répondre à cette difficulté constituait l’un des enjeux essentiels de la mission confiée au professeur Marescaux par le Président de la République. Celui-ci a fait des propositions pragmatiques et réfléchies qui ont été mises en œuvre ou le seront bientôt.
Je pense ne pas trahir l’esprit de ce rapport en le résumant ainsi : offrir une nouvelle jeunesse au modèle du CHU, c’est aujourd’hui reconnaître que la conciliation de ces 3 missions passe par des équilibres variables dans le temps et dans l’espace : dans le temps, parce qu’un enseignant-praticien ne peut pas, à toutes les étapes de sa carrière, se consacrer également à ces 3 missions ; dans l’espace, car si aucun CHU ne peut par définition s’éloigner de la recherche, tous ne peuvent pas également accueillir des équipes de recherche dans tous les domaines.
C’est la raison pour laquelle le Professeur Marescaux nous proposait à la fois de confirmer la mission de recherche de chaque CHU et de créer des Instituts hospitalo-universitaires qui joueraient le rôle de « tête de pont » de la recherche médicale dans des domaines particuliers où ils excellent singulièrement. Dans ces IHU, le front commun qui est au cœur de la réforme Debré se trouverait ainsi reconstitué autour du patient, qui bénéficierait directement des dernières avancées de la recherche.
Cette idée me paraît d’autant plus séduisante qu’elle rejoint l’esprit des alliances qui se constituent désormais entre les organismes et les universités. Ainsi l’Alliance pour les sciences de la vie, créée en avril dernier : en coordonnant notre effort de recherche, elle doit nous permettre non seulement d’affirmer notre excellence scientifique, mais aussi d’accélérer les transferts technologiques et techniques, en reliant parfaitement recherche et clinique.
Coordonner nos efforts de recherche nous permet ainsi de lutter contre les cloisonnements et de créer des réseaux scientifiques où les avancées de chaque équipe bénéficient aux autres. C’est également tout le sens des projets d’IHU : miser sur l’excellence, ce n’est pas seulement donner les moyens à notre recherche de rayonner plus encore dans le monde, mais c’est aussi permettre à cette excellence et aux progrès qui en découlent d’irriguer l’ensemble de notre système hospitalo-universitaire.

Et cette démarche, Mesdames et Messieurs les Académiciens, ne vous est pas étrangère : c’est celle que je décrivais il y a quelques instants, lorsque j’insistais sur le double rôle de votre compagnie, qui est tout à la fois le point où convergent tous les savoirs et toutes les expériences dans le domaine médical et la tête d’un réseau dont les conclusions irriguent l’ensemble de l’univers du soin.
Etonnante modernité, donc, que celle de l’Académie. Mais au fond, est-elle réellement si étonnante ? Des institutions comme la vôtre ne se maintiennent pas par la seule grâce de la longévité. La Révolution avait eu raison de la Société royale de médecine ; d’autres révolutions auraient pu signer la fin de l’Académie de médecine. Il n’en a rien été et pour une raison simple : c’est que nul n’a jamais douté de son utilité.
Une institution, l’Académie l’est donc bien, mais au sens le plus noble du terme : la stabilité et la liberté que lui confèrent son statut singulier font précisément toute sa valeur. Je n’ai donc aucun doute : votre compagnie continuera à nous éclairer de ses avis aussi longtemps que l’art de guérir demeurera perfectible. Celui-ci l’étant par essence, l’Académie a encore de beaux jours devant elle.
Je ne peux donc vous souhaiter qu’une seule chose : de poursuivre vos travaux avec la même rigueur, la même liberté et le même enthousiasme, qui font l’honneur de cette communauté médicale dont vous êtes, en quelque sorte, les représentants.
Je vous remercie.

Site à consulter

Académie nationale de médecine

Fonctionnement, liste des commissions, bibliothèque et recherche documentaire, etc.

www.academie-medecine.fr

1ère publication : 15.12.2009 - Mise à jour : 16.12.0009
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