Une politique ambitieuse pour la science ouverte

La science ouverte amplifie le rayonnement de la recherche dans le monde académique et dans la société, contribue à améliorer la reproductibilité, la préservation et la réutilisation des matériaux de la recherche, et renforce l’intégrité et la transparence du processus scientifique.

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Ambitions de la science ouverte

Les progrès de la science ouverte sont mesurés en France par le Baromètre de la science ouverte (BSO).

Un plus grand rayonnement scientifique

La science ouverte contribue à un plus grand rayonnement scientifique des travaux et des acteurs qui s’inscrivent dans sa dynamique. En favorisant une diffusion large des travaux, elle facilite l’usage et la citation des publications, mais aussi des autres productions des chercheurs, comme les données et logiciels. On peut en effet mesurer une augmentation des citations lorsque les pratiques de science ouverte sont mobilisées : prépublication, partage de données, ouverture des logiciels, publication en accès ouvert.

Une recherche plus cumulative et plus collaborative

Contrairement à une recherche en silos, le partage des méthodes, des matériaux et des résultats favorise la dimension cumulative et collaborative de la recherche. La science ouverte contribue ainsi à construire une recherche qui se tient « sur les épaules de géants » (métaphore médiévale attribuée à Bernard de Chartres). Les connaissances scientifiques se construisent sur les connaissances patiemment élaborées par des générations de chercheuses et de chercheurs.

Une recherche plus reproductible

La science ouverte contribue à une science plus reproductible. Si elle ne permet pas, à elle seule, d’assurer la reproductibilité de la recherche, elle en constitue un socle indispensable. Le partage des protocoles, données, et traitements opérés sur celles-ci, est en effet essentiel pour permettre de reproduire une recherche.

Une recherche plus responsable et plus durable

La science ouverte contribue à une recherche plus responsable, c’est-à-dire une recherche qui prend en compte les enjeux d’intégrité scientifique dans toutes leurs dimensions. De même, la science ouverte contribue à une recherche plus durable, en particulier en prenant en compte les enjeux de société, budgétaires et environnementaux.

Une plus grande souveraineté scientifique

La souveraineté scientifique repose sur la maîtrise des ressources essentielles, en particulier numériques, utilisées dans la recherche. Cela implique que la communauté scientifique contrôle les infrastructures, plateformes et services qui soutiennent ses activités. Un pilotage partagé, équilibré et résilient est indispensable pour préserver les piliers de la production des connaissances scientifiques.

Une recherche favorisant l’innovation

La science ouverte favorise l’innovation, qui bénéficie aussi bien au secteur économique, qu’à la société. La circulation des inventions, des connaissances, des méthodes, des données et des logiciels issus de la recherche constitue une opportunité pour que le savoir académique dépasse les frontières des campus et soit plus facilement mobilisable au bénéfice de l’économie, de l’action publique et de la société.

Une recherche s’ouvrant au-delà du monde académique

La science ouverte permet de diffuser largement les résultats et produits de la recherche, ce qui les fait potentiellement sortir hors des campus et permet d’atteindre la société au sens large. En raison de la technicité de la démarche scientifique, le rôle de médiateur de la recherche est ici essentiel, même si de nombreux acteurs de la société mobilisent les résultats de la recherche directement. La découvrabilité des publications ouvertes leur permet d’être plus faciles à trouver dans des recherches quotidiennes d’informations. Dans un environnement saturé d’informations, il est important que les productions scientifiques soient visibles dans les outils numériques utilisés par la société pour trouver des informations.

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Objectifs stratégiques

La science ouverte représente une transformation importante dans la manière de produire, partager et publier les résultats de la recherche. Son adoption généralisée suppose un changement des pratiques, tant chez les chercheurs que dans les institutions. Aujourd’hui, malgré les avancées importantes dans la plupart des disciplines et des institutions, de nombreux freins persistent. Pour que la science ouverte devienne le principe par défaut, il faut agir simultanément sur plusieurs leviers. Il est nécessaire de mieux reconnaître les pratiques de science ouverte dans l’évaluation de la recherche et de développer les compétences de la science ouverte à travers des dispositifs d’accompagnement et de formation. Il faut, par ailleurs, encourager la recherche reproductible, formuler des recommandations en matière d’IA, en particulier en matière d’IA open source, et mobiliser la communauté scientifique autour de la science ouverte.

Le développement de la politique de science ouverte passe par une coordination nationale efficace. Elle s’appuiera sur les instances de la science ouverte existantes, en particulier le Comité pour la science ouverte et ses groupes de travail. Elle nécessite également de poursuivre le développement d’outils de suivi qui permettent de mesurer les progrès réalisés et d’identifier les axes d’amélioration. La politique de science ouverte doit se fonder sur des données probantes. Elle s’appuiera sur la recherche sur la science ouverte, notamment pour identifier les politiques qui fonctionnent, mieux comprendre les usages des chercheurs et l’impact de la science ouverte sur la recherche et sur la société. La politique de science ouverte a, enfin, besoin d’une communication ciblée et régulière destinée au monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, en France et à l’étranger.

Les services et infrastructures de recherche jouent un rôle clé dans la diffusion des bonnes pratiques et dans la mise en œuvre concrète des politiques de science ouverte. La politique de science ouverte s’appuie sur ces services et infrastructures, à l’échelle nationale et à l’échelle internationale, et a pour objectif la consolidation de leurs modèles économiques, le développement des pratiques de science ouverte, l’adoption des standards reconnus et le développement de mesures d’impact. Ces infrastructures renforceront la souveraineté scientifique et répondront aux enjeux de transparence, de mutualisation, d’interopérabilité et de qualité de la recherche scientifique.

Pour ancrer pleinement la science ouverte dans une dimension internationale, il faut renforcer l’écosystème mondiale qui relie entre elles les publications, données et codes sources. Cela implique également d’inscrire la politique nationale dans le cadre international fixé par l’Unesco, et de participer aux discussions et initiatives internationales portés par l’Union européenne, le G7, l’OCDE ou le G20. Enfin, cette démarche implique une contribution active aux projets internationaux en matière de services et de connaissances sur la science ouverte.

La mutualisation et la coopération seront des clés de structuration de l’édition scientifique ouverte en France. Il faudra également contribuer à la diversité et à l’équilibre des différents modèles d’édition scientifique ouverte. Quel que soit le modèle d’accès ouvert retenu, la rigueur des processus éditoriaux reste un impératif pour garantir la qualité et la fiabilité des publications scientifiques. L’archive ouverte nationale HAL jouera un rôle-clé dans la préservation souveraine de la production scientifique française. Pour amplifier l’impact de la recherche française, la découvrabilité des publications doit être renforcée, tant à destination du monde académique que de la société. Cette visibilité accrue contribuera également à combattre la désinformation.

Renforcer l’ouverture et le partage des données de la recherche passe par la poursuite de la mise en œuvre des principes FAIR (Faciles à trouver, Accessibles Interopérable et Réutilisable). Dans cette perspective, l’infrastructure nationale Recherche Data Gouv, au service du partage et de l’ouverture des données de recherche, continuera à jouer un rôle structurant pour l’accompagnement des chercheurs et la fourniture de services. Faciliter le dépôt des données par les chercheurs et améliorer leur découvrabilité permettra de maximiser leur réutilisation par la communauté scientifique et au-delà.

Les codes sources et les logiciels issus de la recherche sont des éléments essentiels pour une science ouverte reproductible et collaborative. Leur ouverture passe par l’amélioration de leur découvrabilité et la promotion de leur réutilisation. L’objectif est également d’offrir un environnement souverain de développement logiciel (forge), qui soit mis à disposition de la communauté académique, dans une logique de mutualisation et d’attractivité. Cet environnement doit être complété par une démarche d’archivage du patrimoine logiciel mondial dans Software Heritage, l’archive universelle des logiciels. Enfin, la politique de science ouverte relative aux logiciels doit s’appuyer sur un réseau d’accompagnement des acteurs de l’ESR développant des logiciels (équipes, chercheurs, ingénieurs, etc.), afin de les soutenir dans leurs activités de développement, de maintenance et de diffusion.

La réglementation européenne rend obligatoire la communication des résultats des essais cliniques afin de lutter contre le biais de publication. Afin d’atteindre l’objectif d’une communication systématique de ces résultats, les promoteurs académiques seront accompagnés. Un suivi des indicateurs mesurant le taux de communication des résultats permettra de mieux identifier les leviers d’amélioration et de suivre les progrès. A l’échelle nationale, faciliter la structuration et le postage des résultats des essais cliniques permettra d’alimenter les registres d’essais avec des données structurées, et d’optimiser leur réutilisation et leur accessibilité. Par ailleurs, il faudra contribuer aux échanges à l’échelle de l’Union européenne visant à renforcer la transparence des essais cliniques au niveau européen.

Indicateurs de science ouverte (Baromètre de la science ouverte)

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Taux d'accès ouvert des publications scientifiques françaises

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Ce graphique présente, pour chaque année d'observation depuis 2018, le taux d'accès ouvert des publications scientifiques françaises, avec un DOI Crossref, parues durant l'année précédente.

Ainsi, 64.7 % des publications scientifiques françaises, avec un DOI Crossref, publiées en 2023 étaient en accès ouvert en 2024 (année d'observation). Pour l'année de publication 2017, ce taux s'élève à 37.7 %. Le taux d'accès a donc évolué de 27.0 points durant la période.

(*) Toutefois, une rupture de série a été identifiée dans les données Unpaywall utilisées pour la détection de l'accès ouvert. Les évolutions techniques de cette source ont induit une diminution uniforme de l'indicateur sur l'ensemble des années suivies depuis 2013. Dans ce contexte, le résultat 2025 doit être interprété comme la confirmation d'un plateau plutôt que comme une baisse effective de l'ouverture des publications.

Données mises à jour le 2 déc. 2025

Sources : HAL, MESRE, Unpaywall

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Dynamique de partage des données dans les publications en France

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Ce graphique montre, par année de publication, la proportion de publications pour lesquelles une mention de partage de données a été détectée, parmi les publications qui mentionnent la production de données. Nous avons fait le choix de porter notre analyse sur les publications de l'année n-1 afin de disposer d'éléments suffisants.

Données mises à jour le 2 déc. 2025

Sources : MESRE

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Dynamique de partage de code ou logiciels dans les publications en France

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Ce graphique montre, par année de publication, la proportion de publications pour lesquelles une mention de partage de code ou logiciels a été détectée, parmi les publications qui mentionnent la création de code ou logiciels. Cette détection est réalisée grâce à une analyse automatique du texte intégral par l'outil Softcite.

Données mises à jour le 2 déc. 2025

Sources : MESRE

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Qu'en est-il des essais cliniques ?

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L'observation de la part d'essais cliniques terminés qui ont posté ou publié des résultats dans les 3 ans après la fin de l'essai clinique s'élève à 51 %. Ces valeurs sont faibles. Elles sont plus élevées chez les promoteurs industriels (79 %), tandis qu'elles sont basses chez les promoteurs publiés qui partagent beaucoup moins leurs résultats (30 %).

Données mises à jour le 2 déc. 2025

Sources : CTIS, EU Clinical Trial Register, MESRE, clinicaltrials.gov

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