Publié le 04.05.2026

John Baker, explorer l’inattendu des ondes gravitationnelles

Avec le projet spatial LISA (Laser Interferometer Space Antenna), l’Europe s’apprête à ouvrir une nouvelle fenêtre sur l’Univers. Ce futur observatoire spatial, piloté par l’Agence spatiale européenne (ESA), permettra de détecter des ondes gravitationnelles dans une gamme de fréquences encore inexplorée. Chercheur reconnu dans ce domaine, l'Américain John Baker fait partie des lauréats du programme Choose France, accueilli au Laboratoire des 2 Infinis à l'Université de Toulouse. Son objectif : aller au-delà des découvertes attendues et préparer la communauté scientifique à identifier des phénomènes encore inconnus.

Une chose qui m’a impressionné, c’est à quel point les gens ont été accueillants. Les membres de l’Institut, les personnes de la communauté scientifique française.

Je suis John Baker et je suis astrophysicien. Je travaille sur les ondes gravitationnelles. Le principal projet sur lequel je travaille est une mission appelée Laser Interferometer Space Antenna (LISA), un projet dirigé par l’Agence spatiale européenne.

La recherche que je propose vise à continuer à travailler sur la mission LISA. C’est un projet international. J’avais travaillé pour la NASA, et la NASA est partenaire de la mission en tant que projet international. J’entretenais d’excellentes relations avec mes collègues en France et en Europe, surtout en France. Nous travaillions ensemble depuis longtemps, et il était naturel pour moi de passer de l’autre côté de l’écran Zoom et de rejoindre l’équipe ici.

Tout se passe très bien. Je ne connaissais pas beaucoup Toulouse, où je vis maintenant, avant de venir. J’aime vraiment la communauté là-bas. L’institut où je travaille a été fantastique. Je suis très enthousiaste de travailler là-bas. Je découvre de nouvelles choses, surtout la langue. Apprendre le français est l’un des grands défis, mais j’ai fait des efforts. Je suis venu avec mes deux enfants. Nous travaillons tous à apprendre le français.

Je prévois de recruter une équipe. Former une équipe, des scientifiques en début de carrière, pour les impliquer dans le projet LISA. C’est un projet en développement, et il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, et nous aurons besoin de nouvelles personnes pour appliquer la science une fois la mission lancée et opérationnelle, dans un peu plus de dix ans.

Ce qui m’a impressionné, c’est à quel point les gens ont été accueillants : les membres de l’Institut, les personnes de la communauté scientifique française, même les Toulousains. Je suis heureux de faire maintenant partie de l’équipe scientifique française de LISA.

Originaire de la région de Kansas City (États-Unis), John Baker se forme à la physique à la Truman State University avant d’obtenir un doctorat en physique gravitationnelle à la Pennsylvania State University. Ses travaux de thèse portent déjà sur les prédictions de la relativité générale d’Einstein, notamment lors de la fusion de trous noirs. Après un postdoctorat à l’Institut Albert-Einstein à Potsdam, où il développe des simulations numériques pour modéliser ces phénomènes extrêmes, il rejoint en 2001 le Goddard Space Flight Center de la NASA. Il y poursuit ses recherches en astrophysique gravitationnelle, en particulier sur la modélisation et l’interprétation des signaux d’ondes gravitationnelles, au cœur des enjeux scientifiques de la mission LISA.

Une nouvelle manière d'observer l'Univers

Contrairement aux observatoires actuels, LISA sera capable de capter des signaux provenant d’événements cosmiques majeurs, comme la fusion de trous noirs massifs aux confins de l’Univers, mais aussi de systèmes stellaires plus proches, au sein même de notre galaxie. La France, via le CNES, joue un rôle central dans l’analyse des données produites par la mission, notamment pour identifier et caractériser ces différentes sources.

 

Anticiper les découvertes inattendues

Mais pour John Baker, le véritable défi commence là où les modèles actuels s’arrêtent. Si LISA promet déjà des avancées majeures, il pourrait aussi révéler des phénomènes totalement inattendus. Comment distinguer un signal astrophysique inédit d’un artefact instrumental ? Comment interpréter des observations qui ne correspondent à aucun scénario connu ? C’est à ces questions que son projet s’attaque.

Ses travaux visent à anticiper ces situations en explorant plusieurs pistes : de nouveaux types de sources d’ondes gravitationnelles, des processus physiques encore peu étudiés, ou encore le croisement des données de LISA avec d’autres observations astronomiques. Cette approche permettra de développer des méthodes d’analyse capables de détecter et de valider des découvertes inattendues, tout en garantissant leur robustesse scientifique.

Au-delà des avancées théoriques, ce projet s’inscrit pleinement dans une dynamique de science ouverte et collaborative. L’exploitation des données de LISA mobilisera une large communauté internationale, et nécessitera des outils et des compétences nouvelles. En formant de jeunes scientifiques à ces enjeux, John Baker contribue également à préparer la prochaine génération de chercheurs, capables de tirer pleinement parti de ces données, que ce soit dans la recherche ou dans d’autres secteurs innovants.

En soutenant ce type d’initiative, la France confirme son engagement dans les grandes explorations scientifiques internationales. Avec LISA, et grâce à des chercheurs comme John Baker, elle se positionne à l’avant-garde d’une discipline en pleine transformation, prête à révéler les secrets les plus profonds de l’Univers.

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