Publié le 26.06.2026

La France renforce son rôle clé dans les infrastructures de recherche européennes avec trois projets sélectionnés pour la feuille de route 2026 de l’ESFRI et une première présidence du forum stratégique

Pour la première fois depuis sa création en 2002, la France prendra la présidence du Forum stratégique européen sur les infrastructures de recherche (ESFRI) à compter du 1er janvier 2027, avec l’élection d’Elena Hoffert à ce poste clé. Cette nomination s’accompagne d’une reconnaissance forte de l’engagement français dans les infrastructures de recherche européennes : trois projets portés par la France ont été retenus pour intégrer la feuille de route ESFRI 2026. Une double actualité qui confirme le rôle moteur de la France dans la structuration de l’espace européen de la recherche.

L'ESFRI : un acteur clé pour la compétitivité scientifique européenne

Créé en 2002 par le Conseil « Compétitivité » de l’Union européenne, l’ESFRI (pour European Strategy Forum on Research Infrastructures) rassemble la Commission européenne et les gouvernements des États membres et pays associés. Il vise à définir une stratégie commune pour les infrastructures de recherche en Europe, afin de :

  • surmonter la fragmentation des efforts nationaux ;
  • optimiser les coûts et la complexité des projets ;
  • améliorer l’accès et l’efficacité des services offerts par les infrastructures ;
  • développer le potentiel des données et des infrastructures numériques.

La feuille de route ESFRI, mise à jour régulièrement, identifie les priorités d’investissement pour des infrastructures de pointe, couvrant toutes les disciplines scientifiques. Avec 24 milliards d’euros d’investissements, l’ESFRI constitue un levier essentiel pour la recherche européenne.

Une présidence française historique

Le 22 juin 2026, l’ESFRI a élu Elena Hoffert, conseillère scientifique pour les infrastructures de recherche au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE), à sa présidence. Elle prendra ses fonctions en janvier 2027 pour un mandat de deux ans.

C’est la première fois que la France assumera la présidence de cette instance européenne. Un rôle d’autant plus stratégique que la France est déjà le premier contributeur européen avec une participation dans :

  • 49 infrastructures de recherche sur les 69 de la feuille de route ESFRI 2026 ;
  • 37 infrastructures opérationnelles (ESFRI Landmarks) sur 41, soit 90 % des infrastructures incontournables du paysage européen.

49 infrastructures de recherche sur les 69 de la feuille de route ESFRI 2026

37 infrastructures opérationnelles (ESFRI Landmarks) sur 41, soit 90 % des infrastructures incontournables du paysage européen.

 

La présidence d’Elena Hoffert intervient dans un contexte où l’ESFRI doit notamment :

  • renforcer son rôle politique dans la gouvernance de l’Espace européen de la recherche ;
  • consolider le paysage paneuropéen des infrastructures ;
  • accroître l’impact sociétal et économique des infrastructures, notamment en favorisant leur lien avec l’industrie, les PME et les start-ups ;
  • intégrer les défis environnementaux, en stimulant l’écologisation des infrastructures et en mesurant leur impact ;
  • préparer la mise à jour 2028 de l’analyse du paysage des infrastructures de recherche ;
  • renforcer la communication avec les parties prenantes et assurer un suivi efficace des projets.

Trois projets français retenus sur la feuille de route ESFRI 2026

Pour préparer l’avenir de la recherche européenne, l’ESFRI a lancé en octobre 2024 un appel à projets visant à identifier les infrastructures essentielles pour les décennies à venir, en vue de leur intégration dans sa nouvelle feuille de route, prévue pour décembre 2026. La France avait alors soumis cinq projets.

Le 23 juin 2026, l’ESFRI a approuvé six nouveaux projets pour sa feuille de route 2026, dont trois sont portés par la France, avec un soutien scientifique et financier du MESRE :

JERICO

Porté par l’IFREMER, avec le soutien du CNRS et de l’IRD, ce projet vise à comprendre l’évolution des écosystèmes côtiers marins face aux changements climatiques et aux pressions anthropiques. Il permettra d’acquérir des connaissances essentielles pour répondre aux défis des zones côtières dans un climat en mutation.

INSYLVA

Porté par INRAE, avec le soutien du CIRAD, ce projet se concentre sur l’adaptation des écosystèmes forestiers aux changements globaux. Grâce à un réseau de 200 000 sites en Europe, il offrira des données uniques pour modéliser et anticiper les impacts environnementaux sur les forêts.

FOREST

Porté par le CNRS, avec le soutien de l’Université Sorbonne Paris Nord, ce projet développe un réseau de fibres optiques pour distribuer des signaux de temps-fréquence avec une précision inégalée (gain de 4 à 5 ordres de grandeur par rapport au GPS). Il renforcera la souveraineté européenne dans des domaines critiques comme les communications quantiques, la sismologie ou la surveillance des infrastructures.

 

Avec la présidence d’Elena Hoffert et l’intégration de trois projets phares, la France confirme son engagement pour une recherche européenne ambitieuse, coordonnée et tournée vers les défis sociétaux et obtient une nouvelle reconnaissance de son expertise dans le paysage des infrastructures de recherche.