Cette initiative, à laquelle sera associé l’ensemble des acteurs du monde universitaire, vise à disposer d’un diagnostic partagé, rigoureux et incontestable sur la situation financière des universités et sur le soutien apporté par l’État, afin de renforcer la lisibilité de l’action publique et d’éclairer les décisions à venir.
Objectiver la situation financière des universités
Alors que les moyens consacrés directement ou indirectement par l’État aux universités ont progressé au cours des dernières années, les universités expriment aujourd’hui, pour un certain nombre d’entre elles, une perception contrastée, faisant état d’une dégradation de leur situation financière et d’une complexification croissante des dispositifs de gestion qui rendrait de plus en plus complexe la construction de trajectoires financières viables à long terme pour les établissements.
Face à ce constat, les ministres ont souhaité engager un travail collectif associant l’ensemble des acteurs du secteur, afin de bâtir un socle d’analyse partagé et objectivé sur la réalité du financement des universités, leurs contraintes structurelles et leurs leviers d’actions.
Un travail collectif au service de décisions publiques éclairées
Les Assises du financement des universités, dont les travaux se dérouleront au cours du premier semestre 2026, ont pour objectif de favoriser la compréhension et la lisibilité de la situation pour toutes les parties prenantes, de consolider la relation entre l’État, les universités et leurs partenaires, et de nourrir les décisions futures sur cette politique publique.
Ces travaux s’inscrivent dans un cadre plus large, marqué par la territorialisation des contrats d’objectifs, de moyens et de performance (COMP), le repositionnement stratégique des administrations centrales, la volonté de poursuivre le renforcement de la professionnalisation de la gestion universitaire, ainsi que par la nécessité de réduire la charge bureaucratique pesant sur les activités d’enseignement et de recherche.
Une mission confiée à deux co-présidents reconnus
Les Assises seront co-présidées par Jérôme Fournel, inspecteur général des finances et ancien directeur de cabinet du Premier ministre, et Gilles Roussel, président de l’Université Gustave Eiffel et ancien président de la Conférence des présidents d’université. Leur expérience et leur connaissance approfondie des enjeux financiers, institutionnels et universitaires garantiront la crédibilité et l’impartialité de la démarche. Ils auront pour mission d’organiser, de conduire et d’animer les travaux en concertation étroite avec l’ensemble des acteurs concernés, et notamment : France Universités, les organisations syndicales (OS) et les organisations représentatives étudiantes (ORE), ainsi que les administrations centrales et les services compétents.
Les travaux porteront notamment sur :
- la situation financière des universités, leurs ressources, leurs charges et leurs contraintes structurelles, en objectivant l’effort des pouvoirs publics et les réalités de gestion des établissements ;
- les leviers de poursuite de la professionnalisation de la gestion universitaire, en lien avec l’amélioration de l’efficience organisationnelle et la réduction du fardeau bureaucratique ;
- l’examen de thématiques structurantes telles que l’accès aux financements européens, le modèle économique des établissements, la formation continue, les enjeux fonciers et patrimoniaux le financement par les collectivités territoriales et le développement des ressources propres à moyen et long terme.
Le rapport final présentera un état des lieux précis et des scénarios et orientations stratégiques, en évaluant leurs impacts financiers, réglementaires et organisationnels, dans le respect de la trajectoire de redressement des finances publiques.
Les Assises du financement des universités doivent nous permettre de dépasser les constats fragmentés pour construire une lecture partagée, exigeante et objectivée de la situation. C’est à cette condition que nous pourrons renforcer durablement la confiance entre l’État et les universités et éclairer des choix responsables, compatibles avec nos ambitions académiques comme avec nos engagements en matière de finances publiques.