Qu’est-ce que l’élevage durable ?
Il s’agit des systèmes de production animale capables de concilier plusieurs objectifs essentiels. L'élevage durable consiste à produire des aliments de qualité, tout en respectant l’environnement, en garantissant le bien-être et la santé des animaux, mais aussi en prenant en compte la santé humaine. À cela s’ajoute une dimension indispensable : assurer des conditions économiques viables pour les éleveurs sur le long terme.
L’élevage durable repose ainsi sur un équilibre entre trois grands piliers :
- environnemental
- social
- économique
Concrètement, cela peut se traduire par des pratiques agricoles limitant l’impact sur les ressources naturelles, favorisant la biodiversité ou encore réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Sur le plan social, il s’agit notamment de répondre aux attentes des citoyens en matière de bien-être animal et de qualité des produits. Enfin, la dimension économique vise à garantir la pérennité des exploitations agricoles.
L’élevage durable ne correspond pas à un modèle unique, mais à une diversité de pratiques adaptées aux territoires, aux espèces animales et aux contextes locaux. Il s’inscrit dans une approche globale, souvent qualifiée d’agroécologique, qui cherche à s’appuyer davantage sur les équilibres naturels et les interactions entre les différents éléments du système agricole.
Produire autrement avec le PEPR Élevages durables
Le PEPR Élevages durables a pour objectif principal de produire des connaissances scientifiques afin d’accompagner la transition des élevages français vers des modèles plus durables. Cette transition concerne à la fois les dimensions environnementales, économiques et sociales, dans un contexte marqué par les changements globaux, en particulier le changement climatique.
Au-delà de ces enjeux, le programme contribue également à renforcer la souveraineté alimentaire de la France, en garantissant une production agricole résiliente et adaptée aux défis futurs.
Le PEPR en chiffres
La gouvernance du programme
Le programme est dirigé par Muriel Vayssier-Taussat, directrice de recherches à l'INRAE, accompagnée de Belen Barrio, ingénieure de recherches à l'INRAE, et de quatre directeurs adjoints : Eric Cardinale (Anses), Guillaume Deteurtre et Nathalie Vachiéry (CIRAD), ainsi que Stéphane Ingrand (INRAE).
Le programme est piloté par Agralife et coordonné par l’INRAE, il mobilise également l’ANSES, le CIRAD, les écoles nationales vétérinaires, l’IRD, l’Ifremer et les instituts techniques.
Une structuration du PEPR autour de six grands projets
Le PEPR s’organise autour de six projets ciblés, interconnectés et fortement ancrés dans les réalités du terrain.
- Le premier projet s’intéresse au bien-être et à la santé des animaux. Il vise à identifier des pratiques d’élevage favorables, à accompagner leur transformation et à concevoir des systèmes innovants où le bien-être animal devient une priorité.
- Le deuxième projet porte sur la préservation de l’environnement. Il explore différentes pistes pour concevoir des systèmes d’élevage plus respectueux des écosystèmes, en jouant notamment sur la diversité des espèces, la complémentarité entre cultures et élevages, ou encore la gestion des densités animales.
- Les projets trois, quatre et cinq sont consacrés à la prévention des maladies infectieuses. Leur objectif est de mieux comprendre l’adaptation des agents pathogènes face aux changements globaux, afin d’anticiper les risques sanitaires. Ils visent également à développer des outils de surveillance, de prévention (comme la biosécurité ou les vaccins) et d’aide à la décision pour les pouvoirs publics.
- Enfin, le sixième projet s’attache à la viabilité socio-économique des élevages. Il explore les trajectoires possibles des systèmes d’élevage dans les systèmes agroalimentaires de demain, en intégrant les dimensions économiques, sociales et politiques aux approches plus techniques.
Des infrastructures pour innover autrement
En complément de ces projets, le programme finance également des plateformes de recherche. Parmi elles, la plateforme d’organoïdes animaux « Organozoo » vise à développer des alternatives à l’expérimentation animale. D’autres initiatives concernent l’adaptation des infrastructures de recherche, notamment pour mieux étudier les élevages en plein air ou pour travailler en toute sécurité sur des agents pathogènes.
L’objectif est aussi d’inscrire ces infrastructures dans des réseaux nationaux et européens, afin de renforcer les collaborations scientifiques et le partage des connaissances.