Alors que la compétition mondiale est plus forte que jamais dans le domaine de la recherche, la France doit mener une politique ambitieuse pour maintenir et renforcer son excellence, son autonomie et sa souveraineté scientifique.
Cette politique doit passer par le développement de notre capacité à projeter plus efficacement l’excellence française au niveau européen. L’Europe - vivier de talents et d’idées unique au monde, espace de proximité culturelle et échelon effectif de l’autonomie stratégique - doit être un levier déterminant de notre stratégie, alors que le programme-cadre Horizon Europe constitue une opportunité sans équivalent pour accompagner notamment les projets les plus transformants de la recherche française.
La mise en œuvre de cette ambition passe par une mise en cohérence de l’échelle nationale avec l’échelle européenne. Cela doit notamment impliquer :
- L’alignement des priorités scientifiques et technologiques ;
- L’articulation de la recherche amont du deuxième pilier d’Horizon Europe avec la dimension plus industrielle du futur Fonds européen de compétitivité.
Dans la négociation du dixième programme-cadre de recherche et d’innovation, la France défend par ailleurs la création de laboratoires d’excellence européens, adossés aux Alliances d’universités européennes dont la dimension recherche doit être renforcée. Dans cette même négociation, la France défend également la relance d’une politique active en matière d’infrastructures de recherche.
Afin de permettre à la communauté scientifique française de se saisir pleinement des opportunités qu’offre l’Europe, le ministre engage plusieurs orientations :
- L’Agence nationale de la recherche confortée comme "tremplin vers l’Europe" : l’Agence amplifiera son action d’incitation et d’accompagnement des laboratoires vers les financements européens, à commencer par le dispositif Tremplin ERC, dont l’efficacité est reconnue. La visibilité internationale des laboratoires, l’implication des jeunes chercheurs dans des réseaux structurants et les liens avec les partenaires socio-économiques deviendront de nouveaux critères d’éligibilité à ses programmes collaboratifs ; les projets mono-équipes demeureront éligibles, dans la perspective d’un futur dépôt de projet européen. Le plan d’action sera publié en juillet 2026 ;
- Le ministère s’organise pour se positionner à l’interface entre échelon européen et échelon national : afin d’accompagner les acteurs de la recherche vers l’Europe, l’ANR aura accès aux données sur Horizon Europe et se voit confier un rôle de cartographie des appels européens. Les établissements sont par ailleurs invités, en s’appuyant sur l’expertise de leur administration de tutelle, à inscrire pleinement leur stratégie européenne dans leurs contrats d’objectifs ;
- Le vivier d’excellence mobilisé pour répondre aux appels européens : les lauréats de l’Institut Universitaire de France, des Chaires de professeur junior et de Choose France for Science seront encouragés à candidater aux financements du Conseil européen de la recherche (ERC) et d’Horizon Europe. En tant qu’acteur pivot de la recherche au niveau national, l’ANR devra désormais contribuer plus fortement à informer et à positionner les chercheurs français pour maximiser leur réussite.
Par ailleurs, le ministère entend simplifier le paysage des financements de la recherche. L’ANR a ainsi vocation à être et à rester le lieu quasi exclusif du financement par appels à projets. Sur les thématiques prioritaires, il revient aux agences de programme de faire émerger, au sein des communautés, les meilleurs projets répondant aux grands besoins sociétaux. De même, les établissements, à commencer par les organismes nationaux de recherche, devront orienter leurs actions dans le cadre de leur politique scientifique.
Ces évolutions permettront à la France de s’intégrer avec plus d’efficacité à la dynamique européenne dans le domaine de la recherche et contribueront directement au maintien de l’excellence scientifique et d’innovation de notre pays.
Aujourd’hui, l’excellence de notre recherche doit aussi se construire à l’échelle européenne : c’est là que se jouent à la fois notre ambition scientifique et notre souveraineté. Les décisions que nous prenons doivent permettre à la France de prendre toute sa part dans le développement de l’Europe de la recherche.