Vingt ans après la loi qui a rendu les universités autonomes, une nouvelle étape s’ouvre. Avec les COMP, l’État s’engage, pour cinq ans, sur la trajectoire complète de chaque université — formation, recherche, vie étudiante, patrimoine. En retour, chaque établissement définit son cap, assume ses choix et s’engage sur des résultats. Il s’agit d’un véritable changement de culture.
Puisque chaque université construit sa stratégie, il n’y a pas deux contrats identiques : chaque université de Nouvelle-Aquitaine a défini sa propre ambition — le rayonnement international fondé sur l’interdisciplinarité à Bordeaux, les humanités à Bordeaux Montaigne, le littoral et les transitions à La Rochelle, l’énergie et le climat à Pau, la santé et la proximité à Poitiers, l’innovation et les matériaux à Limoges.
Ce changement de culture s’appuie sur des moyens : 14,3 M€ supplémentaires dès 2026 pour les six universités, avec un engagement de l’État sur toute la durée des contrats.
Cette signature s’inscrit dans le prolongement direct des Assises du financement des universités : le rapport remis le 24 juin par Jérôme Fournel et Gilles Roussel appelle à approfondir l’autonomie et à faire de la contractualisation un levier de confiance, de prévisibilité et d’accompagnement dans la relation entre l’État et les universités. Les COMP s’inscrivent pleinement dans cette trajectoire.
Elle constitue aussi l’un des grands actes de concrétisation de la circulaire ministérielle du 11 août 2025 relative au renforcement de la déconcentration en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation : c’est la région académique, autour du recteur et du recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, qui a assuré le pilotage méthodologique de toute la démarche, en conduisant le dialogue stratégique avec les établissements et en fédérant les acteurs du territoire. La déconcentration n’est pas un désengagement de l’État : c’est un État à la fois plus proche du terrain et plus stratège.
En Nouvelle-Aquitaine aujourd’hui, comme partout en France demain, c’est tout le territoire qui contribue à la dynamique. Fait inédit, les organismes nationaux de recherche, la Région, les CROUS et l’Agence régionale de santé (ARS) signent aux côtés des universités. Près de 4,5 M€ seront notamment consacrés par l’ARS à la santé des étudiants : 70 postes cofinancés, bilans de prévention, formations aux premiers secours en santé mentale.
Cette dynamique collective s’incarne aussi dans l’Accord régional de coopération 2026-2031, signé par la Région, la région académique, les universités, les écoles et les organismes nationaux de recherche autour de priorités partagées : les ressources du territoire, la souveraineté européenne et l’égalité des chances.
La Nouvelle-Aquitaine ouvre la voie : toutes les régions académiques sont désormais engagées dans la démarche et, à l’horizon 2027, chaque université de France disposera de son propre contrat.
Ce que nous signons aujourd’hui à Bordeaux, c’est un pacte de confiance. L’État dit aux universités : définissez votre cap, engagez-vous sur des résultats, et nous serons au rendez-vous des moyens, dans la durée. C’est une nouvelle étape de l’autonomie des universités — et ce qui se concrétise aujourd’hui en Nouvelle-Aquitaine sera demain une réalité partout en France