Publié le 07.04.2023

Sophie Adenot rejoint le corps d'élite des astronautes

La Française Sophie Adenot fait partie des cinq nouveaux spationautes européens retenus en 2022, après une sélection drastique parmi plus de 22 000 postulants auprès de l’Agence spatiale européenne (ESA). 

Sophie Adenot, nouvelle astronaute française
Crédits :
European Space Agency (ESA) / P. Sebirot

Première femme française pilote d’essai d’hélicoptères, lieutenant-colonel de l’Armée de l’air et de l’espace, à 40 ans, Sophie Adenot est la deuxième femme française astronaute, 20 ans après Claudie Haigneré.

Formation d'une future astronaute

Sophie Adenot ne cache pas avoir toujours rêvé de devenir astronaute. Ingénieure aéronautique de formation, Sophie Adenot est diplômée de l'École nationale supérieure de l'aéronautique et de l'espace (Supaéro) à Toulouse. En 2004, elle débute sa carrière à la conception de cockpits d’hélicoptères chez Airbus. En 2005, elle rejoint l'Armée de l'air en tant qu'élève officier. En 2017, elle devient la première femme française pilote d'essai sur hélicoptères

En 2022, Sophie Adenot cumule 3 000 heures de vol sur 22 types d'hélicoptères.

Sophie Adenot parle couramment l'anglais, mais aussi l'allemand et le russe, elle a 15 ans d'expérience en vulgarisation scientifique (présentation de conférences). Elle est également marraine du programme Ose, dispositif d'ouverture sociale de l'Isae-Supaero, dans lequel elle participe à des rencontres avec collégiens et lycéens, pour les inciter à s'engager dans les filières scientifiques et techniques, dont l'ingénierie. Sportive, elle est également parachutiste et professeure de yoga certifiée.

 

Futures missions au sein de l'Agence spatiale européenne (ESA)

En tant qu'astronaute, la mission de Sophie Adenot sera semblable à celle des 7 Européens amenés à rejoindre la station spatiale internationale, c'est-à-dire, y mener des expériences scientifiques dans les domaines de :

  • la biologie,
  • la physique,
  • la médecine,
  • ou les neurosciences.

La formation généraliste à l’exploration spatiale a commencé au centre européen des astronautes de l'ESA à Cologne (Allemagne), en avril 2023, elle comprend :

  • des compétences techniques et scientifiques pour appréhender les systèmes et opérations spatiaux,
  • la plongée dans l’espace (entraînement en piscine)
  • la formation à la survie (médecine d'urgence)...

Objectif : participer à la première mission en orbite probablement à partir de 2026.

Vidéo : 3 questions à Sophie Adenot, astronaute de l’Agence spatiale européenne

Je n'en serai jamais arrivé là si j'avais pas eu l'inspiration moi-même de personnes scientifiques de personnes qui travaillaient à haut niveau dans la technologie que ce soit des astronautes, des chercheurs, des astrophysiciens... [Musique]

Bonjour je suis Sophie de l'air et de l'espace et je fais partie de des cinq personnes européennes qui ont été sélectionnées pour rejoindre le corps des astronautes européens de l'Agence spatiale européenne. [Musique]

J'ai ressenti une explosion de joie bien entendu sur un projet qui a demandé beaucoup de travail pendant longtemps et également une vague de sérénité après toutes les incertitudes de cette phase de sélection qui a été longue - un peu plus de 18 mois. C'était une vague de sérénité de savoir enfin ce que j'allais devenir, et en même temps, le troisième point c'est beaucoup d'humilité face à l'immensité de la tâche qui m'attend. [Musique]

Le fait de vouloir devenir astronaute n'est pas arrivé en un jour, donc, je peux pas dire que je me souviens du jour où je me suis j'ai voulu devenir astronaute. Tous s'est construit très progressivement. Ça a commencé comme un rêve en tant que petite fille, et puis, ensuite, il y a une série de déclics. Des déclics qui ont été principalement liés à des lectures de biographies de femmes scientifiques, d'abord comme Marie Curie, et puis, ensuite, de le suivi notamment de la mission de Claudie Haigneré, sa première mission dans l'espace en 1996, j'avais 14 ans et ça a été vraiment pour moi un déclic. [Musique]

Être source d'inspiration, être ambassadrice fait vraiment partie des choses qui me tiennent à coeur je n'en serais jamais arrivé là si j'avais pas eu l'inspiration moi-même de personnes scientifiques de personnes qui travaillaient à haut niveau dans la technologie : des astronautes, des chercheurs, des astrophysiciens, et aujourd'hui ça ne me paraît être que le juste retour des choses. Bien sûr, je prendrai ce rôle très à cœur. [Musique]

Comme dans toutes les missions d'exploration, on ne sait pas aujourd'hui encore tout ce que ces technologies vont nous apporter. Je vais donner un exemple très simple. Aujourd'hui, un astronaute à bord de la Station spatiale internationale utilise 5 litres d'eau par jour, sur terre, une personne comme vous et moi, nous utilisons 100 litres d'eau par jour ! On a donc développé des technologies de recyclage de l'eau pour les missions d'exploration spatiale à bord de la Station spatiale internationale et ces technologies de recyclage pourront être réutilisées dans nos maisons un jour. Et donc, oui, développer des nouvelles technologies au profit d'exploration spatiale va forcément nous aider à revenir avec des nouvelles méthodes innovantes qu'on pourra utiliser sur terre. [Musique]

J'aurais envie de dire aux jeunes qui rêvent d'aller dans l'espace de toujours y croire et de garder cette petite étoile qui les guide, parce que, pourquoi pas, c'est arrivé ! Moi je me suis dit un jour "pourquoi pas moi". J'avais du mal à y croire, mais en même temps, je gardais cette étoile qui me guidait...

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Crédits :
Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines