Publié le 11.02.2022

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Succès des Journées européennes de la science ouverte (OSEC) à Paris dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne

Inaugurées par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, les Journées européennes de la science ouverte, se sont tenues à Paris les 4 et 5 février 2022 dans le cadre de la PFUE. La conférence s’inscrit dans la dynamique mondiale de science ouverte engagée depuis plus de vingt ans, et en cohérence avec la récente recommandation de l’UNESCO sur la science ouverte.

Ces journées ont posé un jalon majeur vers la constitution d’une coalition en faveur de la réforme de l’évaluation de la recherche sous l’égide de la Commission européenne, suite à la publication de l’Appel de Paris sur l’évaluation de la recherche dans le cadre de ces journées.

La réforme de l’évaluation de la recherche a été au cœur des deux journées de conférence en ligne qui ont rassemblé plus de 2000 participants venant de cinq continents. Trois tables rondes ont réuni chercheurs et acteurs institutionnels pour partager les constats et définir les perspectives de changement. Elles ont permis d’identifier les limites d’un système d’évaluation encore trop souvent fondé sur des critères relatifs au nombre de publications ou au facteur d’impact des revues, sous-estimant la valeur des autres contributions à la science, réduisant la reproductibilité de la recherche et décourageant les chercheurs d'ouvrir plus largement leurs travaux.

Stephen Curry est venu rappeler toute l’actualité de la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche (DORA), dont il a été l’un des initiateurs en 2013, et qui compte désormais plus de 2400 organisations signataires, parmi lesquelles plus de 20 institutions françaises. Les intervenants ont appelé à la mise en œuvre d’un système d’évaluation qui :

  • prenne en compte la qualité des contributions scientifiques plutôt que leur quantité
  • fasse toute sa place à la diversité des productions, des compétences et des missions des chercheurs
  • valorise les bonnes pratiques en matière de science ouverte
  • favorise les coopérations et les dynamiques collectives
  • tienne compte de la diversité des modèles d’organisation de la science et des pratiques de recherche dans le monde, y compris en termes linguistiques
  • accorde une place plus importante à l’impact de la science dans la société.

L’initiative « Making Room for Everyone’s talents » aux Pays-Bas a donné l’exemple d’une mise en œuvre opérationnelle de ces principes, fondée sur une mobilisation des universités néerlandaises. 

Réformer dans ce sens le système d’évaluation de la recherche est désormais un objectif prioritaire de l’Union européenne, ainsi que l’a rappelé en introduction de la conférence Mariya Gabriel, Commissaire européenne à l’innovation, la recherche, la culture, l’éducation et la jeunesse. Dans cette perspective, la Commission européenne a conduit au cours des derniers mois de larges consultations restituées dans le rapport Toward a reform of the research assessment system. L’Appel de Paris sur l’évaluation de la recherche, lancé à l’occasion de la conférence, cristallise cette dynamique en invitant à la création d’une coalition d’agences de financement de la recherche, d’institutions de recherche et d’autorités d’évaluation engagées dans la mise en œuvre à la fois ambitieuse et pragmatique de cette réforme, en étroite association avec les chercheurs. Lors de la table ronde politique, Jean-Eric Paquet, directeur général de la recherche et de l’innovation à la Commission européenne, a annoncé la création de cette coalition et les représentants de l’European Research Council (ERC), de Science Europe, de l’European University Association (EUA), de la Ligue européenne des universités de recherche (LERU) et du HCERES ont manifesté leur adhésion à cette initiative. Plus de 200 organisations européennes ont déjà répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la Commission. 

Les Journées européennes de la science ouverte ont également mis l’accent sur d’autres enjeux majeurs :

  • L’importance des pratiques de science ouverte pour garantir la transparence des recherches en santé et permettre une meilleure prise en compte des résultats négatifs, qui sont une contribution essentielle à la connaissance scientifique ;
  • L’importance de la bibliodiversité, et notamment le potentiel du modèle de publication « diamant », modèle de publication géré par la communauté scientifique, qui permet l’accès ouvert sans frais d’abonnement pour les lecteurs ni frais de publication pour les auteurs. Ce modèle fait l’objet d’un plan d’action porté par Science Europe et la cOAlition S ;
  • La reconnaissance du logiciel libre de recherche comme pilier de la science ouverte, qui doit être valorisé en tant que production scientifique de premier rang, et fondé sur des infrastructures renforcées. 

En conclusion de ces journées, Claire Giry, Directrice générale de la recherche et de l’innovation, a remis au nom de la ministre les premiers prix science ouverte du logiciel libre de la recherche, récompensant des réalisations exemplaires dans ce domaine.

Ces journées, organisées par la France et réunissant des intervenants de trois continents, confirment la place de la France parmi les acteurs qui comptent dans le paysage international de la science ouverte. 

L’événement était porté par l’Académie des sciences, le CNRS, Nantes université, l’Université de Lorraine, le HCERES, l’ANR et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Les vidéos des conférences seront prochainement publiées sur le site de la conférence.

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