Programme
Mercredi 10 décembre
- 8h : Accueil
- 9h : Ouverture - David Alis, président de l’université de Rennes et Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace

Transcription textuelle | Allocution d’ouverture de Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace
Mesdames, Messieurs les présidents et directeurs, chers enseignants-chercheurs, chers étudiants, mesdames et messieurs, 10 ans après la signature des accords de Paris, vous êtes réunis à Rennes pour la 3e journée nationale dédiée à la transition écologique. Cette réunion prend place dans un contexte international qui est éprouvant. Les engagements pris en 2015 sont mis en cause dans de nombreux pays et nous voyons chaque jour les conséquences des atteintes à notre environnement. et les conséquences du réchauffement climatique. Rien que cette année, Mayotte et la Réunion ont été frappés par de nouveaux cyclones. Nous avons subi deux vagues de chaleur majeurs et tout récemment la tempête Benjamin a balayé notre territoire. Les scientifiques du GIEC dont beaucoup étaient rassemblés à Paris la semaine dernière nous préviennent sans relâche. Sans action résolue, nous nous dirigeons vers un réchauffement de 4 degrés en France à l'horizon 2100. Ils tiennent un rôle de vigie indispensable et je tiens d'ailleurs à saluer la présence de Valérie Masson Delmotte, parmi vous, ce matin, car face aux défis, l'enseignement supérieur et la recherche sont en première ligne. Vous êtes en première ligne pour comprendre pour comprendre grâce à la recherche sur le changement climatique, l'érosion de la biodiversité, l'épuisement des ressources et leurs conséquences sur nos sociétés. en première ligne pour former les jeunes qui commencent leurs études et qui auront demain à prendre des décisions de citoyens éclairées sur ces enjeux incontournables. Je me félicite que depuis cette rentrée 2025, tous nos étudiants de premier cycle bénéficient d'une formation TEDS comme cela avait été promis dès 2022. Je veux saluer la dynamique de nos établissements. Près des 3/4 d'entre vous ont déjà rendu leur schéma directeur développement durable et RSE. C'est un travail conséquent et je veux remercier toutes les équipes qui se sont engagées pour le mener à bien. Nous pouvons aller plus loin. Le premier plan climat et biodiversité de notre ministère lancé en 2020 a posé les fondations. Il est temps aujourd'hui de faire le bilan et de bâtir la suite. Cette journée doit nous permettre de dessiner ensemble les contours d'un nouveau plan stratégique en prenant notamment en compte trois priorités. Premièrement, l'adaptation. Nous avons beaucoup travaillé sur l'atténuation de notre empreinte carbone. Nous devons désormais préparer nos campus, nos laboratoires, nos infrastructures à résister au choc climatique qui vont s'intensifier. Ensuite, la biodiversité. Nous savons compter le carbone mais nous manquons d'outils pour mesurer encore notre impact sur le vivant. Enfin troisième priorité, la frugalité numérique. À l'heure de l'IA générative, nous ne pouvons passer à côté des avantages qu'elle peut nous donner, y compris pour agir de manière plus efficiente, plus sobre. Mais nous ne pouvons pas non plus ignorer le coût énergétique du numérique et il est indispensable de lier transition numérique et transition écologique. Je sais que les débats d'aujourd'hui seront riches. Je serai attentif aux pistes d'action qu'ils permettront d'identifier. Soyez assurés que l'administration du ministère sera à vos côtés pour relever ses défis et donner à l'ESR les moyens de jouer tout son rôle. Je vous souhaite une excellente journée de travail et je vous remercie.
- 9h15 - 10h15 : Intervention de Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche CEA au LSCE, responsable du Centre Climat et Société de l'IPSL, membre du Haut Conseil pour le Climat, membre de l'Académie des Sciences et de l'Académie des Technologies : « Relancer l'action climatique face à l'aggravation des impacts et l'affaiblissement du pilotage »

Transcription textuelle | 3e Journée nationale TEDS dans l'ESR - 1re partie
Bonjour mesdames, messieurs les présidentes et présidents d'université et vice-présidentes et présidents. Mesdames, messieurs, chers collègues, il me revient le plaisir d'ouvrir cette journée sur le nouveau plan climat, biodiversité et transition écologique. Je ne vais pas faire long puisque je vais laisser la parole évidemment au président de l'université et au ministre qui a enregistré et une capsule vidéo pour s'adresser à vous. Je tenais cependant déjà à remercier très chaleureusement l'université de Rennes et notamment son président et son vice-président Eric Hitti pour l'accueil qu'ils nous ont fait ; dire également que le ministère a fait le choix de cette université pour tout le travail qu'elle fait sur la transition écologique, son travail de conférence participative pour une université en transition et donc on est vraiment tout à fait dans le chemin et le mouvement que le ministère souhaite soutenir et mettre en avant. Et pour ne pas vous retenir plus et avancer sur cette journée qui est bien pleine avec beaucoup d'éléments, je vais laisser la parole au président David Alis.
Madame, mesdames et messieurs les représentants des ministres, mesdames et messieurs les présidents et présidente d'université, vice-présidentes, vice-présidents, directrices et directeurs, monsieur le haut fonctionnaire au développement durable du ministère, délégué français du ministère OJC, monsieur le directeur général délégué à la science du CNRS. Mesdames et messieurs les délégués des organismes nationaux de recherche, mesdames et messieurs, chers collègues, chers amis, c'est avec beaucoup d'émotions que nous vous accueillons ici à Rennes pour cette 3e journée nationale de la transition écologique pour un développement soutenable, la TEDS, sur notre campus scientifique et technologique de Beaulieux. Cette journée succède ainsi à la journée du 20 octobre 2022 à Bordeaux, la journée du 6 décembre 2023 à Montpellier. Et ces appels sont toujours, j'allais dire l'occasion d'engagement, de mobilisation de tous nos établissements pour cette cause juste et incontournable, la lutte contre le réchauffement climatique et la crise écologique pour restaurer l'habitabilité de la terre. Et c'est pour toute notre communauté un honneur et un bonheur de vous accueillir ici. Je sais que vous êtes venus de loin et Rennes et la Bretagne sont heureux de vous accueillir. Cette journée du 10 décembre compte aussi une résonance particulière pour marquer les 10 ans de l'accord de Paris de 2015 et l'engagement de la France et de ses scientifiques.
Cette journée vient aussi 20 ans après la charte pour l'environnement portée par Yves Coppens, ancien étudiant de notre université, charte intégrée au bloc de constitutionnalité en mars 2005. Cette journée permet aussi d'honorer l'action de Jean Jouzel et Luc Abbadie pour mobiliser l'enseignement supérieur et la recherche à la demande nos ministres Frédéric Vidal, Sylvie Retailleau, Philippe Baptiste et je tiens à saluer la présence de Valérie Masson Delmotte. Alors, nous venons d'inaugurer l'amphithéâtre de Jean Jouzel, il y a quelques semaines en sa présence et je sais combien il est heureux de voir cette mobilisation réussie et le fruit de son rapport. Alors, notre université a toujours été à la pointe de la transition écologique et environnementale, notamment grâce à l'action de son observatoire des sciences de l'environnement OSEREN qui fédère les forces académiques en environnement de tous nos établissements. Et notre université porte maintenant un projet excellence, IRIS-E, axé sur le développement des sciences participatives de la recherche interdisciplinaire de la transformation des formations qui fédère tout notre site. Et nous avons enfin mené et je vous remercie madame d'y avoir fait référence cette convention participative pour la transition qui nous permet de refonder l'action de l'université et je voudrais comme vous l'avez fait saluer l'ensemble des équipes politiques et administratives donc Éric Émilie mais de toute cette direction de la transition économique et sociale qui nous ont mené dans cette belle aventure humaine et qui ont contribué à l'organisation de cette journée à vos côtés. Et c'est cet engagement pour l'université des transitions, université du numérique, de l'environnement, de la santé globale, université de l'innovation durable et véritablement université de la transition écologique et sociale qui nous a amené à nous fédérer avec les cinq grandes écoles établissement composantes fondateurs de la nouvelle université de Rennes, école des hautes études de santé publique, école normale supérieure, école nationale supérieure de chimie de Rennes, Insead Rennes, Sciences Po Rennes, il y a 3 ans pour donner naissance à l'université de Rennes et je voudrais saluer également l'ensemble des établissements associés université Rennes 2. Nous étions hier pour lancer ces belles journées et je salue son président, l'Institut Agro, Centrale Supélec, l'école d'architecture, l'ENSAI ainsi que les quatre organismes nationaux de recherche qui nous accompagnent dans cette belle aventure de cette nouvelle université, le CNRS, l'INRIA, l'INSERM, l'INRAE et le centre hospitalier universitaire de Rennes. Tous ici présents, tous ensemble engagés au service de la planète. Et comme je le lis quelquefois sur les t-shirts de nos étudiants, je salue aussi les vice-présidents, les étudiants présents, il n'y a pas de planète B, Always no planet B. Nous devons prendre soin de notre planète, nous engager résolument dans l'économie circulaire, dans un véritable plan de planification écologique et poursuivre ce Green Deal, préserver la biodiversité, l'enseignement supérieur, la recherche, l'innovation doivent y prendre toute leur place. Et c'est ce que nous faisons ensemble à notre niveau et c'est aussi le sens de la devise de notre nouvelle université : ensemble transformant le monde, ensemble prenant soin du monde et nous le faisons avec le soutien des collectivités locales, ville, métropole, département, région dont je salue les vice-présidents, la vice-présidente, soutien des entreprises, associations, pour faire de notre territoire aussi de cette Bretagne, ce laboratoire des transitions comme le disait Antoine de Saint-Exupéry reprenant un proverbe africain dans Terre des hommes. "Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants". Et comme nous invité Bruno Latour, de ce fait, nous devons habiter autrement notre planète Terre. Et c'est tout l'enjeu de cette journée, cette 3è journée nationale de nous montrer le chemin pour que vous tous chacun dans nos établissements, nous puissions ensemble montrer un chemin par cette mobilisation réussie de l'enseignement supérieur, la recherche, l'innovation. Et au nom de notre collectif René et Breton, je vous remercie tous de votre venue et vous souhaite une excellente journée. Je vous remercie.
Mesdames, messieurs les présidents et directeurs, chers enseignants, chercheurs, chers étudiants, mesdames et messieurs, 10 ans après la signature des accords de Paris, vous êtes réunis à Renn pour la 3e journée nationale dédiée à la transition écologique. Cette réunion prend place dans un contexte international qui est éprouvant. Les engagements pris en 2015 sont mis en cause dans de nombreux pays et nous voyons chaque jour les conséquences des atteintes à notre environnement et les conséquences du réchauffement climatique. Rien que cette année, Mayotte et la Réunion ont été frappés par de nouveaux cyclones. Nous avons subi deux vagues de chaleur majeure et tout récemment la tempête Benjamin a balayé notre territoire. Les scientifiques du GIEC dont beaucoup étaient rassemblés à Paris la semaine dernière nous préviennent sans relâche. Sans action résolue, nous nous dirigeons vers un réchauffement de 4 degrés en France à l'horizon 2100. Ils tiennent un rôle de vigie indispensable et je tiens d'ailleurs à saluer la présence de Valérie Masson Delmotte parmi vous ce matin car face aux défis l'enseignement supérieur et la recherche sont en première ligne. Vous êtes en première ligne pour comprendre pour comprendre grâce à la recherche sur le changement climatique, l'érosion de la biodiversité, l'épuisement des ressources et leurs conséquences sur nos sociétés. En première ligne pour former les jeunes qui commencent leurs études et qui auront demain à prendre des décisions de citoyens éclairées sur ces enjeux incontournables. Je me félicite que depuis cette rentrée 2025, tous nos étudiants de premier cycle bénéficient d'une formation TEDS comme cela avait été promis dès 2022. Je veux saluer la dynamique de nos établissements. Près des 3/4 d'entre vous ont déjà rendu leur schéma directeur développement durable et RSE. C'est un travail conséquent et je veux remercier toutes les équipes qui se sont engagées pour le mener à bien. Nous pouvons aller plus loin. Le premier plan climat et biodiversité de notre ministère lancé en 2020 a posé les fondations. Il est temps aujourd'hui de faire le bilan et de bâtir la suite. Cette journée doit nous permettre dessiner ensemble les contours d'un nouveau plan stratégique en prenant notamment en compte trois priorités. Premièrement, l'adaptation. Nous avons beaucoup travaillé sur l'atténuation de notre empreinte carbone. Nous devons désormais préparer nos campus, nos laboratoires, nos infrastructures à résister au choc climatique qui vont s'intensifier. Ensuite, la biodiversité. Nous savons compter le carbone mais nous manquons d'outils pour mesurer encore notre impact sur le vivant. Enfin troisième priorité la frugalité numérique. À l'heure de l'IA générative, nous ne pouvons passer à côté des avantages qu'elle peut nous donner, y compris pour agir de manière plus efficiente, plus sobre. Mais nous ne pouvons pas non plus ignorer le coût énergétique du numérique et il est indispensable de lier transition numérique et transition écologique. Je sais que les débats d'aujourd'hui seront riches. Je serai attentif aux pistes d'action qu'ils permettront d'identifier. Soyez assurés que l'administration du ministère sera à vos côtés pour relever ses défis et donner à l'ESR les moyens de jouer tout son rôle. Je vous souhaite une excellente journée de travail et je vous remercie.
J'ai le plaisir comme l'a dit le ministre d'accueillir à cette tribune Valérie Masson Delmotte. Comme vous savez, elle a été coprésidente du groupe n°1 du GIEC, membre du haut conseil pour le climat, également membre du comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé et donc j'ai le plaisir de vous accueillir ici. Merci beaucoup.
Bonjour et merci beaucoup de votre invitation à participer à cette journée. Merci aussi de votre engagement pour porter une évolution des pratiques de recherche d'enseignement pour appuyer ces enjeux de transition écologique. Pour cette présentation, je me suis appuyée sur le rapport 2025 du Haut Conseil pour le climat dont le titre est très clair. Les enjeux à relancer l'action climatique en face à l'aggravation des impacts et l'affaiblissement du pilotage. Je vais démarrer par un point sur l'état du climat au niveau planétaire et puis ensuite ces enjeux vis-à-vis de l'action pour le climat au niveau français et je réouvrirai par rapport à un questionnement sur la manière de faire face à de nouvelles formes d'obstruction qui interrogent et qui pourraient davantage s'appuyer sur la production de connaissances et sur des réponses ancrées dans un enseignement ouvert sur ces questionnements. Donc premier volet, où en sommes-nous ? L'état du système climatique et de l'influence humaine. Donc vous avez là un tableau de bord qui s'appuie sur une réactualisation des indicateurs clés du climat sur la base des rapports du GIEC de 2021-2022 qu'on remet à l'ordre du jour tous les ans sur la base des mêmes jeux de données et méthodes. Donc vous voyez que au milieu à gauche le réchauffement dû aux activités humaines se poursuit à un rythme rapide. Il a même d'ailleurs été plus rapide au cours de la dernière décennie que précédemment et au sens climat, c'est-à-dire pas pour une année donnée, le réchauffement attribuable aux activités humaines qui est la courbe en orange atteint maintenant 1,36°. Sur la base de ce rythme de réchauffement, on va être avant 2030 dans un monde 1°grud. D'ailleurs, ce niveau de température a été dépassé pour la première fois l'année 2024 sous l'effet de l'événement Elnot qui fait toujours un effet de réchauffement supplémentaire par rapport à à la moyenne climatique. Alors pourquoi un rythme de réchauffement particulièrement élevé ? le résultat deux facteurs. Premier facteur, grâce aux politiques publiques pour améliorer la qualité de l'air pour des enjeux de santé dans de nombreuses régions du monde, on a réussi à réduire les émissions de soufre de composé souffré. Donc, on a réduit la présence de particules de pollution dans l'atmosphère qui ont un effet parasol direct et indirect. Donc en retirant ces particules, ça a un effet réchauffant. Et deuxième facteur, c'est ce que vous voyez illustrer ici, c'est le la poursuite de la hausse des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Une hausse qui est maintenant plus lente notamment pour le CO2 lié à la déforestation, le CO2 lié aux énergies fossiles qu'avant l'accord de Paris sur le climat. Et quand on regarde pour les pays du G20 par exemple, dans les pays industrialisés, avant l'accord de Paris sur le climat, il y avait une baisse lente de leurs émissions. Entre 2015 et 2023, cette baisse avait été plus prononcée. Donc une montée en puissance des politiques publiques permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les pays industrialisés. Et quand on regarde les grands pays émergents, leurs émissions de gaz à effet de serre augmentaient fortement avant l'accord de Paris sur le climat et depuis 10 ans, c'est une augmentation plus lente et notamment du côté de la Chine depuis 2024 il n'y a plus de hausse. Donc vous voyez un résultat qu'on peut décrire comme contrasté avec un progrès très net de l'action pour le climat avec notamment des politiques publiques d'innovation, d'efficacité, de lutte contre la déforestation dont on sait qu'elles portent leurs fruits. On a eu également des ruptures technologiques et notamment la hausse des capacités, la baisse du coût de production d'électricité renouvelable de batterie dont le déploiement permet d’éviter des demandes en pétrole, en gaz ou en charbon. On a ce point d'inflexion, vous voyez que on n'est pas encore parvenu à atteindre un pic et engager une diminution nette des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui est la clé pour ralentir l'ampleur du réchauffement. Parmi les conséquences qu'on peut également souligner, du fait de l'accumulation de chaleur dans l'océan qui en absorbe 90 % de l'excès de chaleur ; du fait de la fonte des glaces continentales, les glaciers, le Groenland et l'Antarctique ; une conséquence directe de notre effet sur le bilan d'énergie de la Terre, c'est la montée du niveau de la mer. La montée du niveau de la mer, c'est environ 23 cm depuis 1900 maintenant. Et le rythme a fortement augmenté. Il y a vraiment une accélération sur les dernières décennies et c'est notamment l'effet Groenland et Antarctique en plus d'une augmentation du rythme d'accumulation de chaleur par l'océan. Ça me permet de parler des conséquences pas uniquement immédiates mais à long terme au sens où l'ajustement de l'océan, de l'océan profond, le recul des glaciers du Groenland de l'Antarctique c'est associé à des constantes de temps de dizaines de centaines d'années voire davantage. Et on a déjà acté plus d'un mètre à venir de monter du niveau de la mer simplement par le temps d'ajustement pour ces composantes plantes. Mais ce mètre de niveau de la mer, le moment où il va se produire, va dépendre des émissions de gaz à effet de serre à venir et va aussi dépendre de processus très incertains, du possible point de bascule de certains secteurs de l'Antarctique notamment. Enfin, la dernière chose que je voulais mentionner, c'est donc le lien avec les objectifs de l'accord de Paris. On va revenir dessus par la suite. Sur la base des connaissances disponibles en 2015, l'accord de Paris a été formulé avec l'objectif de limiter le réchauffement planétaire largement sous 2 degrés et l'aspiration à renforcer les efforts pour le contenir à 1 degré. Et ce qu'on peut juste dire, c'est sur la base de la trajectoire actuelle, la marge de manœuvre qui nous resterait en termes d'émission permettant de limiter le réchauffement à 1 degré et demi avec une chance sur deux d'y parvenir, ce sera épuisé en quelques années. On a deux approches qui convergent sur cela. Par contre, au niveau actuel d'émission de gaz à effet de serre, si on veut avoir deux chances sur trois de limiter le réchauffement sous 2 degrés, on a une marge de manœuvre dans ce cas-là qui est beaucoup plus importante. Et c'est là où on voit que si on baisse fortement les émissions de gaz à effet de serre, on a encore la possibilité de contenir le réchauffement à ce niveau-là. Alors, vous le savez, une des conséquences directes d'un climat qui se réchauffe, c'est l'augmentation de la probabilité, l'augmentation de l'intensité d'événements extrêmes. Ça c'était une figure du rapport du GIEC de 2021 portant sur les extrêmes chauds l'effet dans une atmosphère plus chaude l'augmentation de l'évaporation de la transpiration qui vide les sols de leur humidité plus rapidement et donc qui augmente les sécheresses liées à l'humidité des sols et puis l'effet d'une atmosphère plus chaude qui peut contenir plus de vapeur d'eau qui augmente l'intensité des plus extrêmes. Du côté de Rennes, vous en avez vu les conséquences l'année dernière. Je peux mentionner aussi en ce moment du côté de l'Iran une sécheresse catastrophique, 5 années de suite et un automne record en température et en sécheresse, avec des difficultés d'approvisionnement en eau pour des villes de 10 millions de personnes, associé à toutes les enjeux de mauvaise gouvernance, de pratique non soutenable localement. Et on voit qu’on touche vraiment à des limites difficiles d’approvisionnement en eau à l'échelle de quelques semaines. Je vais également mentionner l'ouragan Mélissa qui a touché la Jamaïque et les îles voisines. Donc une probabilité d'occurrence multipliée par 6 d'un ouragan de catégorie 5, du fait d'un océan plus chaud avec une vague de chaleur marine plusieurs centaines de fois plus probables dans le climat actuel. Environ 10 % de vitesse des vents en plus. Et quand vous avez des vents qui passent à 300 km par heure sur des vents soutenus : 10 % de vent en plus, c'est 25 % de dommage en plus sur les bâtiments. Ça veut dire 80 à 100 % des infrastructures détruites. Ce que je décris là, ce sont des pertes et des dommages associés à un manque d'adaptation pour le climat d'aujourd'hui et des enjeux d'anticiper aussi les limites aux capacités d'adaptation, c'est-à-dire comment on fait face aux pertes et aux dommages. Pour un pays comme la Jamaïque, la reconstruction, elle dépend intégralement de la solidarité internationale et donc ça fait aussi partie de ces enjeux majeurs pour faire face au climat tel qu'il est aujourd'hui avec de très grandes inégalités d'exposition et de vulnérabilité qui concerne directement 3 milliards et demi de personnes dont les revenus sont très vulnérables par rapport aux aléas climatiques. Vous avez mis dans vos priorités les enjeux climat et les enjeux biodiversité. Les enjeux sur la biodiversité touchent à de multiples pressions : la destruction des habitats, la surexploitation, les pollutions locales, les espèces exotiques introduites. Le changement climatique ajoute à ses pressions avec des effets tout à fait spectaculaires, notamment pour l'augmentation de la mortalité des arbres, les périssements de forêt stressées par le manque d'eau ou la chaleur et donc plus vulnérables aux ravageurs. En France, par exemple, les scolytes qui pèsent lourdement, mais aussi le nématode du pin qui arrive maintenant dans le sud de la France. La gestion des forêts doit maintenant être tournée vers les enjeux de résilience et d'adaptation avec de l'expérimentation, avec la production de connaissances au fur et à mesure que l'on expérimente. Et le modèle de l'Office national des forêts est entièrement tourné vers cette nouvelle forme de mise en situation d'apprentissage collectif par rapport à des enjeux de long terme : la durée de vie des arbres et les décisions à prendre aujourd'hui pour s'assurer de la résilience des forêts. Néanmoins, il faut souligner qu'on a perdu la moitié du puit de carbone des forêts gérées en 10 ans dans l'hexagone. Autre exemple, c'est les pressions multiples dans l'océan : pollution, surpêche, pratiques de pêche non durables, acidification, perte d'oxygène et vagues de chaleur marine dont l'exemple le plus frappant est l'expulsion des algues qui vivent en symbiose avec les coraux, leur blanchissement et au final la récurrence des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses qui filtrent uniquement les espèces tolérantes à la chaleur. C'est une perte de diversité biologique et des effets sur la reproduction d'espèces marines, l'attractivité touristique ou bien les services que rendent les coraux pour préserver les littoraux. Les enjeux sont de réduire toutes les autres pressions de sorte à favoriser la résilience des espèces qui peuvent présenter cette tolérance à la chaleur d'où l'importance de réponse du type aire marine protégée par exemple. Donc le point clé de l'état des connaissances, c'est que chaque incrément de réchauffement supplémentaire va affecter de multiples facteurs climatiques générateurs d'impact dans toutes les régions du monde. Et ces multiples facteurs générateurs d'impact en interagissant avec les expositions, les vulnérabilités entraînent des dommages, des impacts et aggrave les risques climatiques qui touchent à des aspects critiques du développement humain, notamment la disponibilité en eau, la production agricole, le potentiel de pêche durable ou d'aquaculture, la santé et le bien-être directement par la chaleur, mais aussi via des vecteurs de maladie dont on voit bien qu'il se déplacent avec les aires climatiques qui leur deviennent propices ou bien des effets sur la santé via les déplacements contraints notamment en cas d'inondation d'incendie ou de sécheresse grave. Ce qui est le plus coûteux, c'est les effets pluies intenses, débordement de cours d'eau, submersion en terme de dommage pour les infrastructures avec des effets sur l'activité économique, souvent pendant 10 à 20 ans après des catastrophes de grande ampleur. Et puis on a également les effets via les mortalités, la dégradation d'écosystèmes et la perte de leurs fonctions ou de leurs services. Alors, si je continue par rapport à l'état des lieux vis-à-vis du changement climatique, moi je veux souligner la décision extrêmement importante de l'avis consultatif de la Cour internationale de justice rendue cet été qui a finalement formalisé un ensemble de principes de la justice climatique. Alors, je le résume sur cette figure de manière assez caricaturale, mais vous voyez d'un côté les pays du monde qui ont le plus contribué historiquement aux émissions de CO2 et donc au réchauffement actuel. Les États-Unis, l'Union européenne, la Chine et puis les pays qui se sont industrialisés plutôt. Et de l'autre côté, vous avez des indices de vulnérabilité par pays qui montrent que les communautés les plus vulnérables qui ont le moins contribué historiquement aux émissions de gaz à effet de serre sont affectés de manière disproportionnée. Et on a un lien étroit formalisé par les juges de la Cour internationale de justice entre la protection du système climatique des émissions de gaz à effet de serre et la protection des droits humains fondamentaux, le droit à la santé, le droit à une alimentation abordable, la sécurité des lieux de vie. Tout cela est étroitement lié à la protection du système climatique. Ce qui fait que au-delà du caractère non contraignant de l'accord de Paris sur le climat, chaque état par rapport aux principes constitutionnels liés aux droits humains a des obligations d'action et par ailleurs des obligations de réparation si ces engagements sur le climat ne sont pas tenus. Je veux souligner sur un point qui est sous-étudié, c'est le droit à l'éducation. L'ouragan Mélissa dont je parlais à la Jamaïque, 700000 enfants en situation de discontinuité d'accès à l'école. 1er juillet en France 2000 établissements scolaire fermé avec la chaleur et des établissements qui étaient des bouilloires. En Guadeloupe, à chaque fois qu'il y a des problèmes d'approvisionnement en eau et de sécheresse, des établissements sont fermés. Au Brésil, on sait que sur 30000 lycées, chaque période à plus de 34 degrés entraîne un taux de décrochage au lycée d'environ 5 %, mais uniquement dans les lycées publics, les lycées pauvres. Et donc ce que l'on voit c'est que ça peut saper la réussite scolaire, l'accès à des formations diplômantes et des parcours professionnels tout au long de la vie. C'est sous-étudié. Ça ne fait pas partie des indicateurs clés de l'adaptation au changement climatique. Pourtant, ça risque d'aggraver des inégalités socio-économiques majeures en sapant le droit à la continuité de l'accès à l'éducation. Ça peut faire partie de pistes de recherche pour alimenter finalement des politiques publiques plus efficaces pour répondre à cette préservation des droits des enfants à l'éducation. Alors, si on en vient à la situation de la France, donc le réchauffement, il n'est pas homogène. Il est amplifié au-dessus des continents, il est amplifié dans les régions où il y a un recul de l'enneigement, il est amplifié dans les régions qui s'assèchent par un couplage sol sec et surchauffe. Et c'est une des raisons pour laquelle le continent européen est un des continents qui se réchauffe le plus. Donc, on en est en France à presque 2 degrés de réchauffement par rapport au climat de 1900. 2024, ça a été une des 5 années les plus chaudes dans l'hexagone, une des 10 années les plus pluvieuses, mais aussi avec des sécheresses record, par exemple du côté de la Guyane et des chaleurs records du côté des Caraïbes. La figure sur les indices de sécheresse des sols en août entre 2022-2023 montre un cycle de l'eau plus intense dans un climat qui se réchauffe, avec une aggravation à la fois des sécheresses comme en 2022 mais aussi une aggravation des situations les plus extrêmes, comme on l'a vu en 2024. Alors, si l'on continue et qu'on regarde les différentes caractéristiques du côté français, on a 2/3 des communes, 2/3 de la population directement exposé au risque climatique avec des enjeux parfois d'habitabilité, notamment dans des territoires de montagne avec des glissements de terrain qui rendent les transports et l'entretien des voies de transport difficile avec également des enjeux d'habitabilité quand on a un manque d'eau qui contraint parfois la possibilité d'ouvrir de nouveaux permis de construire dans certaines communes des enjeux d'habitabilité sur les littoraux de baster face à la montée du niveau de la mer et dans certains cas des enjeux de repli stratégique. On a vu des situations de gestion de crise ici en 2022. Les enjeux liés à l'eau par exemple comme dans beaucoup de régions de France la gestion de crise pour des incendies très difficile à contrôler. La situation de crise suite à des inondations de plus en plus extrêmes, débordement de cours d'eau, qui ont touché des infrastructures critiques de transport. On a touché un peu du doigt les limites des capacités d'adaptation avec une augmentation des coûts économiques et des enjeux d'assurabilité des communes, qui peinent à trouver des assureurs. On a la chance d'avoir les systèmes de mutualisation de risques les mécanismes Catnat, une particularité française. Mais dans le paysage international, notamment aux États-Unis, vous le savez, les assureurs se retirent des zones exposées aux inondations ou exposées aux incendies où les primes sont tellement élevées qu'elles ne sont pas abordables pour une grande partie des personnes. Donc ce que l'on observe en France comme partout ailleurs, c'est une aggravation des impacts, des impacts directs, mais via les vecteurs de maladie, notamment ces moucherons qui transmettent des maladies aux animaux d'élevage et dont l'aire de répartition s'étend vers le nord avec des hivers plus doux, avec également des situations très compliquées pour gérer la reconstruction post catastrophe. Je pense notamment à la suite du cyclone Chido à Mayotte, dont on voit 1 an après que c'est toujours associé à des grandes difficultés pour la vie quotidienne. Alors vers quelles évolutions futures pour se préparer ? Bien sûr, l'évolution future du climat va dépendre des trajectoires d'émissions incertaines selon les choix socio-économiques. Et vous voyez bien en ce moment qu'il y a la constitution d'une coalition de pays dont l'activité économique est étroitement liée à la production, l'exportation de pétrole et de gaz qui poussent fortement dans le cadre international à faire obstacle à une coopération sur les enjeux environnementaux. Cela va également dépendre de la réponse du climat. La réponse du climat et du cycle du carbone qui va définir le niveau de réchauffement planétaire et puis les impacts vont aussi dépendre de la capacité à mettre en œuvre des stratégies de gestion de risque, de prévention, d'investissement dans l'adaptation. Sachant que les réponses peuvent limiter les risques mais aussi les amplifier. Des stratégies d'atténuation mal conçues, elles peuvent exacerber des inégalités. On l'a vu avec la crise des gilets jaunes quand on a des précarités de mobilité, des précarités énergétiques qui rentrent en conflit avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre. De même, les réponses d'adaptation, elles peuvent apporter des bénéfices multiples, mais si elles sont mal conçues, elles peuvent déplacer des risques ou créer d'autres risques, voir verrouiller des émissions de gaz à effet de serre. D’où cet enjeu d'éclairer les choix de société, les politiques publiques par un ensemble de travaux de recherche pour éclairer finalement comment concevoir, comment mettre en œuvre des réponses qui soient à multiples bénéfices en évitant au maximum les effets indésirables. Et on le sait d'ailleurs, l'utilisation non durable des ressources comme la biomasse de nouvelles pressions sur l'utilisation des terres peuvent rentrer en conflit avec la préservation de la biodiversité avec la sécurité alimentaire avec parfois les droits humains locaux quand on a des propriétés foncières fragiles et ce sont très clairement des vecteurs de risque supplémentaires. Alors ce que j'esquissais tout à l'heure, le lien entre émission de CO2 et niveau de réchauffement planétaire, l'état des connaissances scientifiques, il est résumé sur ce graphique-là qui a l'air simple mais qui reflète finalement des processus tout à fait non linéaires entre ce qu'on émet comme CO2, la fraction qui s'accumule dans l'atmosphère, l'effet radiatif et enfin la réponse du climat à cette perturbation. Ce constat scientifique n'a fait que s'affiner et il permet finalement de construire des politiques publiques en se donnant des objectifs comme dans la stratégie nationale bas carbone de budget carbone à tenir par période successive de sorte à limiter les émissions et avec cet objectif pour contenir le réchauffement d'atteindre des émissions à zéro net de CO2 qui est une condition clé pour que le cumul des émissions n'augmente plus et donc d'arriver à limiter l'ampleur du réchauffement. Et aujourd'hui, dans l'état actuel de nos connaissances, c'est souvent mal compris. Si on arrive à avoir des émissions de CO2 à zéro net dans le climat actuel, cela conduirait à une stabilisation du réchauffement. La montée du niveau de la mer, elle se poursuit par le temps de réponse long, mais ça permettrait de stabiliser le réchauffement. Ça reste très mal compris. Beaucoup de personnes me parlent de l'inertie du système climatique et pensent que même si on arrêtait d'émettre du CO2, le climat dériverait. Ça n'est pas vrai et c'est important parce que ça montre qu'on a une capacité à en limiter l'ampleur à condition de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. Alors du coup sur quelle trajectoire sommes-nous ? Alors là, c'est les figures des rapports du JEC, mais j'ai repris le bilan du programme Global Carbon Budget publié le mois dernier qui montre , c'est pas les mêmes codes de couleur, que la trajectoire d'émission mondiale de CO2 seul en noir. Vous voyez, elle n'est plus sur les trajectoires de très forte hausses d'émission, les scénarios qui conduisent au réchauffement le plus important. Et ça c'est une bonne nouvelle, c'est le fruit des politiques publiques qui ont mises en œuvre et qui ont permis d'éviter de se placer sur une trajectoire de très fort réchauffement en fin de siècle. Néanmoins, vous voyez que la courbe noire, elle n'est pas non plus sur les courbes bleues et violettes qui sont celles d'une baisse rapides émissions mondiales de gaz à effet de serre qui est une des conditions pour parvenir à limiter le réchauffement largement ou très largement en dessous de 2 degrés. Par ailleurs, donc si on prend les engagements qui ont été communiqués avant la COP 30, c'est le rapport du programme des Nations- Unies sur l'environnement qui s'appelle Emission GAP, publié juste avant la COP 30. Ce que vous pouvez voir, c'est que l'extrapolation des politiques publiques déjà mise en place en imaginant qu'il n'y a pas de recul sur le cadre législatif ou réglementaire déjà mise en place, ça nous conduirait à un pic d'émission mondiale vers 2030 et ensuite une diminution. Et ça nous amènerait sur la meilleure estimation vers un réchauffement de l'ordre de 2,8 degrés au niveau mondial en fin de siècle. Si en orange et en rouge, les engagements, les contributions déterminées nationalement des différents pays sont tenues, donc celles qui sont conditionnelles ou non conditionnelles, ça pourrait nous placer vers une trajectoire de baisse allant vers un réchauffement en fin de siècle de l'ordre de 2,3°. Et si les engagements de neutralité carbone des différents pays du monde étaient tenus, ça pourrait nous mettre vers un peu moins de 2 degrés en fin de siècle. Donc vous voyez à quel point ce qui est mis en œuvre maintenant des engagements qui ont déjà été pris aura un effet considérable sur la trajectoire d'évolution des émissions mondiales et l'ampleur du réchauffement au cours des décennies suivantes. Je l’illustre à nouveau sur cette figure-là. En gris, vous aviez la trajectoire qu'on attendait avant l'accord de Paris sur le climat en bleu clair lors du premier cycle d'engagement des différents pays et en bleu foncé sur la base des 64 pays qui ont réactualisé leur contribution à vol à COP 30, la trajectoire sur ce sur laquelle cela nous placerait et ça permet de montrer en quoi les efforts qui sont faits dans les différentes régions du monde affectent la trajectoire attendue mondiale d'émission de gaz à effet de serre. Ça n'intègre pas là la réactualisation des engagements de l'Union européenne dont vous le savez les objectifs sont de réduire les émissions à horizon 2030 de 55 % avec une plage indicative à horizon 2035 et un point d'atterrissage en 2040 qui est maintenant associé à la possibilité de recourir pour 5 % à des crédits internationaux et une clause de révision selon le puit de carbone des forêts gérées en Europe. Alors, je précise que cette réussite de l'Union européenne de diviser enfin de réduire d'environ 36 % ses émissions de gaz à effet de serre, ce n'est souvent pas présenté comme une fierté collective. On manque aussi de travaux approfondis pour arriver à discerner effectivement l'efficacité des politiques publiques au niveau européen, au niveau national, au niveau territorial. Les travaux de la communauté scientifique sont importants pour arriver à établir l'efficacité des politiques publiques de sorte également à comprendre les déterminants volontaires ou involontaires. Parfois, il y a des industrialisations qui peuvent peser sur cette réalité d'une très forte baisse d'émission de gaz à effet de serre. L'action au niveau européen est importante parce que c'est la démonstration qu'on peut continuer à avoir un développement économique, un développement social tout en réduisant massivement ces émissions de gaz à effet de serre avec notamment une sortie graduelle du charbon qui a été engagée de manière très résolue au niveau notamment de la production électrique. Alors le deuxième enjeu bien sûr au-delà de la décarbonation bien pensé, bien mené juste, c'est se préparer à ces nouvelles conditions climatiques. Et si on prend le scénario intermédiaire, celui sur la base de l'extrapolation des seules politiques publiques déjà mises en œuvre, pas les nouveaux engagements, ça nous amènerait proche de 3 degrés en fin de siècle. Donc ça veut dire un réchauffement important en moyenne annuelle et encore plus important notamment en Europe sur les jours les plus chauds d'été. Ça veut dire un cycle de l'eau qui est plus intense avec une forte incertitude sur l'évolution de la pluviométrie en moyenne annuel sur l'hexagone. Mais un signal qui est très clair d'une diminution de la pluviométrie en été associée à une hausse de l'évaporation. Cela veut dire une tension croissante sur les ressources en eau au cours des périodes d'été sur toute la région européenne et française. Donc ce constat scientifique, comment faire en sorte qu'il soit utilisé pour éclairer des politiques publiques concrètement ? C'est vraiment l'idée de la trajectoire de référence pour l'adaptation au changement climatique qui traduit le niveau de réchauffement mondial en niveau de réchauffement français à ses différents horizons temporels. Pour l'instant, pour l'hexagone avec un travail en préparation de MétéoFrance pour les outre-mer. Et après vous avez un certain nombre de caractéristiques. Par exemple dans un monde 2 degrés plus chaud en 2050, c'est 5 fois plus de vagues de chaleur en métropole. C'est un mois de sol sec en plus. C'est une baisse de l'enneigement en moyenne montagne et une augmentation de l'intensité de 10 % des plus extrêmes. Et dans un monde 3 degrés, une France 4 degrés, le curseur augmente, c'est 10 fois plus de jours de vague de chaleur et c'est jusqu'à 2 mois d'augmentation par exemple des sécheresses liées à l'humidité des sols jusque 120 nuits dites tropicales sur le littoral méditerranéen. Et ce constat, ces données scientifiques, c'est important que ça rentre dans un cadre réglementaire de sorte à ce que lorsqu'on investit de l'argent public, on s'assure de la viabilité des investissements, des infrastructures, des pratiques de gestion dans ce climat plus chaud. La déclinaison d'un monde 3 degrés plus chaud sur ce que ça implique en France, ça interroge sur les limites, les contraintes croissantes, les limites aux capacités d'adaptation et pour moi ça devrait être aussi une forte motivation à renforcer tous les efforts et la coopération pour décarboner davantage que ce qu'implique ce type de trajectoire. Alors, si on regarde l'évolution par exemple des vagues de chaleur, on parlait le ministre parlait tout à l'heure de l'adaptation pour faire face aux conséquences du changement climatique, ne serait-ce que du parc immobilier des universités, on peut l'illustrer avec les projections de fréquence en fonction du mois de vague de chaleur. Donc en gris, c'était le climat des dernières décennies. En vert, c'est ce qu'on attend vers 2030, en orange vers 2050 et puis au-dessus, c'est dans un monde 3 degrés plus chaud si on va jusque-là d'ici à 2100. Et vous voyez l'évolution dans le calendrier de l'occurrence de vagues de chaleur qui se produit plus tôt mais juin et termine plus tard septembre. Donc rentre dans le temps scolaire hors vacances d'été, se pose la question des conditions d'accueil, d'organisation par exemple d'examen dans des conditions plus chaudes d'une manière tout à fait explicite. Je précise aussi qu'en région parisienne, par exemple, dans le climat actuel, atteindre 50°, c'est impossible. Il y a rien qui ne l'étaie. Mais le travail de mon collègue Pascal You à la demande d'ailleurs de la Ville de Paris montre que dans un monde 2 degrés plus chaud, on a quelques simulations climatiques sur l'ensemble disponible qui conduisent à des sortes de blocages persistants comme on avait eu l'été 2003. Et donc ces pires éventualités, pas dans le climat actuel mais dans le climat de 2050, 2 degrés plus chaud pourraient conduire avec les effets d'îlots de chaleur à atteindre jusque 50 degrés en région parisienne. Et souvent on manque de caractérisation de ce type-là. Ce ne sont pas simplement les projections médianes, on a le plus confiance qui sont utiles. Mais pour tout ce qui est gestion de risque, c'est aussi examiner les scénarios de stress test. Quelles pourraient être les pires éventualités de sorte à se préparer, pas forcément investir massivement pour l'adaptation dans cette direction-là, mais en tout cas avoir une planification de gestion de crise et en tenir compte en tout cas pour les infrastructures critiques où on ne peut pas se permettre d'avoir de défaillance. Et ce côté-là manque encore de caractérisation, de production de connaissances pour éclairer les réponses. Donc on parle de l'adaptation. Au niveau mondial, il y a un cadre d'adaptation qui a identifié finalement les grandes dimensions, les écosystèmes et la biodiversité, la réduction de la pauvreté et les revenus, donc toute la dimension sociale de l'adaptation, une forme de sécurité sociale élargie aux enjeux de perte et dommage ou d'adaptation, les infrastructures et les lieux de vie, tout ce qui est patrimoine culturel mais aussi bien sûr les aspects critiques liés à l'eau, liés à la production agricole et à l'alimentation et enfin lié à la santé et la manière de formaliser ces travaux sur l'adaptation, c'est des mécanismes d'apprentissage. Donc il y a une planification, une mise en œuvre, un mécanisme de suivi, d'évaluation, d'apprentissage collectif et une révision du procédé. Et c'est là où je trouve que la recherche académique est insuffisamment structurée et insuffisamment organisé pour contribuer à ce processus presque de recherche action pour étayer finalement l'efficacité, le retour d'expérience sur la démarche de planification, de mise en œuvre de stratégie d'adaptation. Et puis le rapport des Nations-Unies sur les enjeux d'adaptation au niveau mondial. Vous voyez le schéma qu'ils ont choisi pour illustrer ce rapport, c'est comme une jauge à vide. C'est parce qu'on identifie très bien où sont les besoins. On arrive à peu près à les chiffrer. Un de l'ordre dans le monde 300 milliards de dollars par an. Mais les montants alloués aux pays en développement restent très faibles. Les mécanismes nord-udancement ont été plutôt centrés sur les technologies bas carbone. Le fait d'éviter de recourir aux énergies fossiles plutôt que centrer sur l'adaptation, ce qui a été un point très dur dans les discussions, notamment de la COP 30, sur ce sujet-là, avec un objectif qui a été affiché d'arriver à peu près à tripler les financements alloués à l'adaptation qui sont une condition clé pour éviter l'accroissement de pertes, de dommages ou d'inégalités graves, dans ce climat qui change vite. En France, la stratégie pour agir face au changement climatique en dehors des particularités des universités, c'est cette stratégie française pour l'énergie et climat qui est déclinée en trois volets. Donc le plan d'adaptation au changement climatique qui a été publié avec du retard, mais la programmation pluriannuelle de l'énergie et la stratégie nationale bas carbone ne sont toujours pas publiés avec un un retard extrêmement important. Peut-être pour assurer l'alignement avec ce qui a été négocié au niveau européen. Peut-être aussi parce que c'est compliqué la gestion de la programmation pluriannuelle de l'énergie dans un contexte de crise COVID puis d'inflation, ce qui a des effets multiples sur la demande, les capacités de production, les relations internationales. Et on le voit entre une situation d'appel à la sobriété en 2022, gaz et électricité et puis maintenant une situation de surproduction électrique qui rend très compliqué la planification dans la durée, par rapport aux évolutions des capacités de production et de la demande. En ce qui concerne l'adaptation, le Haut Conseil pour le climat a formulé un ensemble de recommandations notamment sur le renforcement des du niveau de protection des aires protégées terrestres et marines sur l'évolution des pratiques de gestion forestière ou des techniques de pêche plus sélectives avec cet objectif, côté climat, de préserver des puits de carbone et des activités qui dépendent de services écosystémiques. Et du côté des dimensions sociales, on a mis l'accent sur le besoin de mieux caractériser les vulnérabilités, pour mieux cibler les stratégies d'adaptation de l'échelle nationale à l'échelle territoriale. Renforcer tout ce qui est les processus de participation, des choses ciblées sur la chaleur, l'accès aux espaces verts, la rénovation pour le confort d'été, y compris dans les établissements qui accueillent des publics jeunes et enfin la prévention, c'est-à-dire la santé au travail, et enfin on a encore un manque de doctrine claire en France sur la reconstruction post catastrophe. Quand on a une catastrophe comme à Mayotte, il y a un besoin de reconstruction rapide et en même temps, il faut reconstruire plus résilient en s'appuyant sur les leçons, les retours d'expérience. Et il manque une doctrine claire qui pourrait s'appuyer sur des travaux académiques. Toute l'analyse du retour d'expérience qui y compris d'ailleurs chez les pays voisins, je pense à ce qui s'est passé à Valence par exemple pour étayer une stratégie de réponse intégrant l'adaptation et la reconstruction après des dommages importants. Et quand on a identifié les besoins de connaissance, ce sont des besoins de connaissance qui sont aussi des appels à de la recherche académique, par exemple pour étayer une synthèse nationale annuelle des impacts du changement climatique qui n'existe pas. On a on s'appuie par exemple sur ce que les assureurs indiquent comme dépenses d'assureur, mais il y a tout ce qui n'est pas assuré. On l'avait vu post Xynthia le montant des dommages non assurés. On n'a pas de visibilité complète. Comment faire mieux ? Et cette synthèse annuelle, c'est aussi important parce que c'est ce qui permettra, dans la durée, de faire une évaluation aussi contrefactuelle de ce que permettent de faire des stratégies d'adaptation bien pensées. C'est aussi comment nourrir un portail national des options d'adaptation ancré dans l'état des connaissances scientifiques sur leur potentiel, leurs limites ou leurs bénéfices annexes. Ça a été fait parfois dans certains contextes territoriaux mais il y a certainement quelque chose à renforcer et à nourrir ; également renforcer les mécanismes de gouvernance participative qui pourraient mobiliser des compétences en sciences sociales et sur l'animation de ce type d'approche. C'est aussi bien sûr renforcer l'évaluation des expositions, des vulnérabilités et aussi des inégalités à tous les échelons. Et puis anticiper et chiffrer les pertes et dommages résiduels après la mise en œuvre de mesure d'adaptation. Comment gère-t-on cela ? Comment le met-on en place ? Comment le finance-t-on ? C'est un besoin de connaissance qui aujourd'hui fait défaut pour éclairer des politiques publiques importantes. Pour terminer sur les émissions de gaz à effet de serre en France, cela concerne les politiques publiques de tous les établissements pour mesurer et réduire leur propre empreinte carbone. Au niveau national ce qui pèse de plus le plus et qui peine à baisser sont les transports. Ensuite, on a l'agriculture et enfin l'industrie, les bâtiments, la production d'énergie qui est faible du fait de l'électricité essentiellement décarbonée et ensuite la partie déchets. Et au-delà de ces pourcentages des émissions sur le territoire français, on a les bilans liés à l'utilisation des terres avec le puit de carbone des forêts et des prairies, mais aussi des sources des déstockages lié au retournement de prairie, à l'artificialisation des terres ou à la destruction de zones humides. Et quand on regarde le tableau de bord, j'ai essayé de tout mettre sur une seule figure du suivi des politiques françaises de réduction d'émission de gaz à effet de serre. Ce qu'on peut noter, c'est que sur la baisse en bleu des émissions sur le territoire français, entre 2022 et 2023, il y avait un bon rythme qui nous mettait sur des bons rails. Entre 2023 et 2024, c'est affaiblissement du pilotage, ralentissement très net, du rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre et c'est encore pire en 2025. Et en plus sur l'évolution en 2024, il y avait 2/3 qui étaient du conjoncturel, pas une stratégie de réduction des émissions. Par exemple, les difficultés de trésorerie de l'élevage, la décapitalisation du cheptel d'élevage, ce n'est pas une politique publique d'atténuation. Du coup, ce qu'on peut également souligner, c'est l'empreinte territoriale, l'empreinte liée à la consommation en France a également des difficultés à diminuer et ça c'est notamment la remontée forte des émissions liées au transport international de passagers par le secteur aérien. Et on a des leviers d'action sur l'empreinte carbone liée aux importations, notamment par la décarbonation de nos partenaires commerciaux. C'est 1/3 dans l'Union européenne, c'est 1/3 la Chine et 1/3 d'autres pays asiatiques et d'où l'importance des mécanismes également d'ajustement carbone aux frontières que l'Union européenne veut mettre en œuvre pour finalement pénaliser des productions très carbonées par rapport aux efforts qui sont mis en œuvre. Et ce point-là, ça a été un point très dur dans les négociations à la COP 30, très bien compris comme étant difficile pour des pays qui cherchent à occuper le le marché français, tout en ne faisant pas l'effort de décarbonation. Donc c'est un point important, c'est quelque chose qui peut fonctionner et c'est quelque chose qui peut aussi jouer pour la compétitivité des productions davantage décarboné en France et en Europe. Alors sur les émissions sectorielles, donc vous vous avez dit ce qui pèse le plus c'est les transports, c'est ce qui baisse le moins. Ensuite l'agriculture, ça baisse lentement. La partie déchet c'est un vrai point de préoccupation, ça baisse pas du tout. Et ensuite du côté industriel, il y a eu des efforts structurels, mais il y a aussi un ralentissement économique qui pèse sur les émissions de ce secteur-là. Et enfin, vous voyez en bas en rouge dans le secteur des bâtiments un fort ralentissement des baisses dans le secteur. Le stop and go sur MaPrimeRénov', le signal envoyé aux particuliers, l'incertitude économique qui pèse sur les investissements dans différents secteurs. Sur le volet bâtiment, il y a vraiment besoin d'engager les rénovations d'ensemble pour éviter la consommation notamment de fioul, de gaz, énergétique et en même temps assurer le confort d'été. Donc c'est typiquement là où on peut articuler atténuation et adaptation, quand on le pense et on le met en œuvre d'une manière intégrée. Et après dans les rapports du haut conseil pour le climat, on a une évaluation secteur par secteur, paquet de politique par paquet de politique publique. Donc vous voyez qu'il y a du jaune, du orange et du rouge. Là où on voit qu'il y a des fragilités par rapport à la planification, par rapport à la mise en œuvre et de temps en temps, il y a du vert notamment sur le volet énergie. Ce qu'on a souligné, c'est une réflexion plus approfondie sur la manière de mettre en œuvre la décarbonation dans le secteur de l'énergie articulée avec une vision de transition juste. Et au départ, j'ai souligné sur l'importance de cette dimension-là, comment on tient compte notamment des enjeux de précarité énergétique en articulant les politiques de décarbonation. Dans certains contextes, il y a clairement eu des efforts dans la manière de l'intégrer, de le mettre en œuvre, mais vous voyez que ce n'est pas encore complètement décliné dans tous les secteurs d'activité. Alors, je veux juste mentionner que pour respecter les trajectoires et les engagements européens et français à horizon 2030, on est sur des enjeux extrêmement importants de monter en puissance sur le rythme de réduction des émissions, notamment du côté des transports, mais également du côté de l'agriculture et du côté des bâtiments. Vous voyez les taux d'augmentation qui seraient nécessaires pour se remettre sur les rails permettant d'assurer la trajectoire de décarbonation tel que elle avait été indiquée dans les documents stratégiques. Donc on voit dans un contexte de gouvernance très fragilisé, d'absence de majorité au Parlement, de difficultés budgétaires. On voit à quel point ce sont des enjeux qui pour moi sont stratégiques au sens où les investissements dans ce secteur, que ce soit l'atténuation ou l'adaptation, peuvent contribuer à l'autonomie stratégique de la France en réduisant ses dépendances aux importations de pétrole et de gaz. Ils peuvent aussi contribuer à éviter des pertes et des dommages, des besoins d'adaptation supplémentaire par la suite. Ce sont aussi des investissements, qui, même s'ils présentent un coût aujourd'hui, vont présenter des retours sur investissement, des bénéfices économiques par la suite. Et beaucoup de travaux montrent que les investissements dans ce secteur-là vont être positifs sur le retour économique, par rapport à l'activité que cela stimule et par rapport à l'amélioration des conditions de vie que cela permet par la suite. On a besoin d'étayer cela également par des travaux en sciences économiques, en sciences de gestion, d'une manière importante et déclinée davantage sectorielle, territoriale. Alors, je vous fais juste un petit panorama rapide dans le rapport grand public du haut conseil pour le climat, donc un exercice pédagogique, l'envie que ce type de document puisse être utilisé dans de l'enseignement à partir du niveau lycée jusqu'au niveau universitaire. Des points clés sur par exemple la partie mobilité, donc soutenir le maintien de l'objectif 100 % de vente de véhicules décarbonés à l'échappement en 2035 et puis un moratoire sur des projets routiers existants pour éviter d'acter de verrouiller des hausses de trafic automobile. Et on voit bien que ce sont des sujets sensibles. Après la deuxième chose que je voulais souligner sur la production d'énergie, c'est l'enjeu de détailler la planification de la sortie du gaz fossile. Au-delà de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, on peut le prendre autrement et se dire on va organiser une sortie planifiée du gaz. Il y a des travaux en sciences économiques reconnus d'ailleurs par le prix de test du ministère de la transition écologique qui ont montré que ça peut être des politiques publique tout à fait efficace si elles sont bien pensées pour être juste de structurer la sortie du gaz fossile mais avec des vrais questionnements parce que si on sort graduellement du gaz fossile et que on a des ménages ou des entreprises qui restent usagé comment gérer le coût des infrastructures qui sera réparti sur une assise plus réduite ? Cela demande d'étayer cette réflexion-là par un ensemble de travaux pour nourrir la mise en œuvre et cette stratégie de sortie de la dépendance aux gaz fossile. Il y a bien sûr des enjeux sur la fiscalité qui sont extrêmement importants. Réduire la fiscalité sur l'électricité décarbonée pour donner un avantage compétitif, par rapport à la fiscalité aujourd'hui pas tout à fait juste sur le gaz. Donc sur le côté des bâtiments, il y a ce besoin de trajectoire pluriannuelle de soutien public, j'imagine, y compris pour les universités qui est très important. Et puis la simplification au sens d'avoir des guichets uniques pour l'ensemble des financements et des prêts à la rénovation énergétique. On voit bien que c'est souvent le point difficile d'avoir de la visibilité et de simplifier les procédures pour accéder au financement. Je vais passer sur le volet agricole et industriel et juste rappeler les trois conditions de réussite pour relancer l'action pour le climat en France. C'est bien sûr publier les documents stratégiques et puis intégrer un jalon à Horizon 2040 cohérent avec celui de l'Union européenne dans la stratégie française, non pas à très court terme 2030- 2035 mais acter aussi le point de passage de décarbonation très profonde à horizon 2040 en intégrant les objectifs liés à l'empreinte carbone. Le deuxième volet qu'on a souligné, c'est de penser ces transformations, ces transitions comme accessibles à tous en tenant compte des vulnérabilités. Donc mieux diagnostiquer les vulnérabilités face aux risques climatiques mais aussi face à la décarbonation, de sorte à construire des transitions qui soient justes et perçues comme justes, en renforçant la participation des personnes concernées. Il y a eu des travaux remarquables en sciences sociales basés sur les enquêtes de consommation des ménages par exemple ou un travail de thèse souligné par le prix de du ministère de la transition écologique sur les débrouilles rurales. Des familles qui passent complètement sous les radars, qui vivent avec des revenus très contraints et qui ont un ensemble de pratique de savoir-faire qui permettent d'avoir des styles de vie très sobres en carbone mais qui ne sont pas intégrés dans aucune réflexion sur les politiques publiques telles que construites plutôt dans les zones urbaines. Donc j'illustre ce que peuvent faire des travaux de recherche pour étayer ces aspects de renforcement, de participation, de prise en compte. Il y a tous les enjeux de reconversion. On sort du gaz, on sort des véhicules thermiques. Il y a des enjeux majeurs de formation, de reconversion, de parcours professionnel. Et ça c'est la dimension de transition juste telle qu'elle a été construite à la COP 30, c'est-à-dire un lieu où il y a le retour d'expérience dans les différents pays du monde qui ont porté ces transformations profondes, ces reconversions pour aider à faire un apprentissage collectif sur les meilleures pratiques et ce qu'il faut fonctionner le mieux. Et je pense que les universités dans leur coopération internationale pourraient étayer finalement cette réflexion et ce cadre académique de recherche sur la transition juste au sens de l'emploi et au sens des reconversions et des besoins de compétences. Et puis la dernière chose bien sûr, c'est le financement. C'est le nerf de la guerre, vous le savez très bien, avec les enjeux de visibilité pluriannuels sur les financements publics, la transposition, la mise en œuvre qui est retardée d'un an du système européen de nouveaux quotas qui doit nourrir un fond transition juste au niveau européen et préparer son utilisation dans le cadre des politiques publiques françaises et puis bien sûr le volet de supprimer les subventions bien sûr multiples aux énergies fossiles. Donc ça c'est le cadre de ce qu'a fait le Haut Conseil pour le climat. Mais je voulais juste pour terminer élargir un petit peu la réflexion. Et dans le cadre du rapport du haut conseil pour le climat, on a un encadré sur la réflexion sur le lien politique, climatique et démocratie. Et l'état des lieux montre que les pays qui ont le plus réduit dans la durée et fortement leurs émissions de gaz à effet de serre et ceux qui ont porté des paquets de politiques publiques efficaces, c'est ils sont ultra majoritairement associés à des indices élevés de démocratie. Il y a eu deux exceptions, c'est la Chine et l'Arabie Saoudite sur certains aspects de politique publique. Le développement démocratique, néanmoins, il est associé à une réduction des émissions de gaz à effet de serre que dans les pays qui ont un faible niveau de clientélisme et de corruption. Et l'exemple, c'est typiquement celui de la Russie où il y a eu au départ à un moment donné quelques intentions d'action en terme environnemental qui ont été vite sapé au niveau de multiples ingérences de secteur d'activité lié au pétrole et au gaz qui ont complètement démantelé le cadre qui avait été initialement prévu. Les effets de rente liés aux énergies fossiles, la corruption sap les institutions et la capacité à mettre en œuvre de manière efficace les lois et réglementations environnemental et les pays qui dépendent le plus de l'extraction d'énergie fossile font souvent face à des difficultés de contrôle de la corruption et d'avancer des normes démocratiques notamment en maintenant des subventions élevées à ce secteur-là. Et enfin, au sein des démocraties, les inégalités de revenus, elles savent aussi souvent la capacité à agir efficacement pour le climat, notamment quand les personnes au plus haut revenu choisissent d'exercer une influence disproportionnée, par exemple en étant propriétaire de réseaux sociaux ou de groupes privés de médias s'opposant au renforcement de la régulation environnementale. Alors, je vous laisse méditer sur ce cadre de réflexion, mais qui est vraiment un cadre important pour comprendre ce qui se joue actuellement où on a maintenant une coalition de pays notamment maintenant portée par les États-Unis, mais aussi la Russie, l'Arabie Saoudite et d'autres qui mènent des politiques ultra favorables aux énergies fossiles d'obstruction à tous les niveaux à aux transformations écologiques et qui vont jusqu'à s'attaquer à la science et la démocratie d'ailleurs. Et quand on regarde ce qui se passe du côté des États-Unis, je pense que c'est important à étudier, à suivre, à analyser, à comprendre et se préparer aux implications. Donc, on est sur une volonté avec une coalition d'acteurs des énergies fossiles et de la tech de très fortes dérégulations environnementales et la science est prise pour cible. Vous le savez, ça se manifeste par de l'intimidation, de la censure, des licenciements brutaux, des coupes budgétaires avec donc la nouvelle sortie de l'accord de Paris mais aussi des coupes majeures sur l'aide humanitaire internationale qui ne fait qu'augmenter les vulnérabilités dans certaines régions du monde. La censure d'information liée au changement climatique, donc là ça a été effacé du département de l'énergie de tous les autres sites ministériels. Le démantèlement d'un ensemble de conseils scientifiques. Donc l'articulation où on mobilise l'expertise académique et scientifique en appui à la décision publique, typiquement le PA, le ministère de l'environnement américain, ça a été complètement débranché. L'arrêt de financement de programmes de recherche en sciences du climat sur l'adaptation, l'eau, les écosystèmes, la santé environnementale, les maladies infectieuses et la santé, l'arrêt de toutes les évaluations nationales, l'arrêt du suivi des du coût des catastrophes climatiques, le démantèlement de la compétence au sein des affaires étrangères sur les sujets de changements globaux. Et là, ça se manifeste depuis cette année par une obstruction construite sur les accords internationaux portant sur la réduction de la production de plastique, la réduction des émissions dans le secteur maritime et aujourd'hui, le refus d'approuver le résumé pour décideurs du rapport qui a lieu tous les 5-7 ans Global Environmental Outlook du programme des Nations Unies pour l'environnement. C'est assez spectaculaire et c'est aussi à des politiques de déni et de désinformation exprimées par les plus hauts dirigeants et à tous les niveaux. Et je termine sur ce volet de déni et de désinformation. À la COP 30, il y a eu quelques pays, pas beaucoup, j'étais étonné, seulement une quinzaine, je crois, dont la France qui ont ratifié une déclaration pour l'intégrité de l'information sur le changement climatique. Donc il faut voir que le les enjeux liés au climat, c'est le premier marqueur de désinformation. Des travaux de collègues ont montré que c'est associé à des ingérences également étrangères et aussi l'exposition à la désinformation, elle sape la confiance dans les politiques publiques sur le climat. Elles sapent la capacité à délibérer dans le fonctionnement de nos démocraties. Donc c'est une menace pas uniquement par rapport à la transition écologique, mais c'est une menace par rapport au fondement de la démocratie qui est de pouvoir délibérer en distinguant des faits d'opinion et en s'appuyant sur des éléments probants scientifiques. Et donc, j'ai repris ma traduction de quelques-uns des points clés de cette déclaration. Donc, qui vise à ce que à tous les niveaux les États promeuvent l'intégrité de l'information liée au changement climatique, également en lien avec les droits humains, notamment les droits à la liberté d'expression et d'accès à l'information. Il y a aussi des droits humains d'accès à la science. D'ailleurs, il y a cet enjeu d'assurer la sécurité et la protection des journalistes, des défenseurs de l'environnement, des scientifiques et d'autres voies publiques engagé sur les questions environnementales. Et je dois dire que moi, j'ai souvent des retours de collègues, chercheurs, enseignants, chercheurs qui se sentent parfois un peu seuls quand ils sont pris pour cible sur la place publique par rapport justement à des sujets socialement vifs en lien avec la protection de l'environnement. Il y a également donc les enjeux de garantir la transparence, faciliter l'accès aux données publiques, aux informations fiables liées au changement climatiques, soutenir et garantir le financement de la recherche sur ce sujet et la coopération notamment en appui et avec les collègues des pays en développement. Il y a un appel aux entreprises technologiques pour évaluer en quoi l'architecture des plateformes contribue à fragiliser l'intégrité de l'écosystème d'information et cet appel à rendre les données de ces plateformes technologiques, les algorithmes, accessibles aussi aux chercheurs pour contribuer à établir cette compréhension et puis soutenir les initiatives pour renforcer la littératie et le droit du public à accéder à des informations fiables. Et je termine sur ça parce que je pense que c'est quelque chose que les universités pourraient prendre à bras le corps d'une manière structurante avec également un autre sujet que j'ai pas abordé mais qui est très important et qui porte sur la liberté académique dont on voit qu'elle est fragilisée suite à un ensemble de pressions notamment parce que ce constat scientifique dérange des intérêts en place. Merci beaucoup.
Merci beaucoup. Ça y est, il faut le petit temps de latence. Merci beaucoup Valérie pour ces pour cette présentation très riche et qui je pense a touché l'ensemble de cette communauté qui met vraiment en valeur le rôle et l'importance de la recherche et de l'enseignement supérieur. Alors, on a pris un tout petit peu de retard, mais je pense qu'il est nécessaire d'avoir des échanges avec des questions. Ça serait vraiment dommage de pas profiter de votre présence. On va prendre 10 minutes de questions avant de faire une petite pause. Est-ce que qui se lance en premier ? Benoît ? Non. Le haut fonctionnaire au développement durable du ministère. Peut-être a-t-il un mot à dire. Ce n’était pas prévu.
Alors, je peux me lever. Michel me dit qu'il faut me lever. Non, moi j'ai pas j'ai rien à ajouter avec Valérie. On a déjà échangé longuement sur ce sujet-là au sein notamment du GIEC et tout ce qui a été dit. Je ne peux aller que dans ce sens et pour montrer le rôle vraiment important, ce que tu as dit Véronique de l'enseignement supérieur de la recherche avec la recherche apporter des connaissances sur ces sujets-là et on voit le rôle des SHS dans ce que tu as dit autour de l'adaptation qui m’est cher aussi et puis la formation, on en parlera, on fera un bilan de la journée. La formation certes des étudiants, mais la formation de tous les personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Alors, je veux juste préciser pendant que le micro circule que sur ce sujet-là, il y a une vraie question dans mon domaine des sciences du climat qui est : qu'est-ce qui marche le mieux pour faire en sorte que les gens qui sont exposés à de la désinformation arrivent à la tenir à distance ? Est-ce que c'est le fact checking après coup ? Est-ce que c'est une formation pour susciter l'esprit critique ? Et ça c'est vraiment un sujet de recherche important. Il y a d'ailleurs un appel d'offre de l'Union européenne, de la Commission européenne pour des projets de recherche sur cet aspect-là qui pourrait être très structurant pour mieux éclairer la manière d'y faire face.
Oui, bonjour. Julien Veillon de l'université de Rand, vice-président à la suite de Benoît. D'ailleurs, j'ai juste une question très pratique, c'est on essaie de mettre en place des réponses aux appels à projet. Une des plus grosses problématiques, c'est la transdisciplinarité. Oui, c'est-à-dire que nos chercheurs, ils sont vraiment évalués sur l'hyperspécialisation et je ne sais pas s'il y aurait quelque chose à faire pour ça. Oui. Oui, c'est un sujet majeur. C'est comment on fait pour reconnaître et valoriser les pratiques de recherche interdisciplinaires et transdisciplinaires qui sont encore plus chronophages en tenir compte dans les moyens à louer la durée des projets et l'évaluation. Et également, on ne reconnaît pas suffisamment l'engagement public des scientifiques, qui est aussi quelque chose qui, dans le contexte actuel, me semble très important pour porter une voie ancrée dans les connaissances et les pratiques scientifiques. Je pense que tout cela mérite une vraie réflexion sur la manière de le reconnaître et de le valoriser et même de le rendre possible sur le l'organisation des pratiques. Ça date d'il y a très longtemps, cet enjeu-là. Et moi ce que j'ai, ce que j'ai observé, en regardant dans d'autres pays du monde, c'est que finalement les instituts de la soutenabilité ou ce type de d'institut qui existe dans d'autres pays du monde, ils ont très souvent été étayés par des chercheurs en géographie et notamment parce que dans beaucoup d'autres pays du monde, il n’y a pas la coupure entre la géographie rattachée aux sciences humaines et sociales et puis la partie science physique, sciences de l'univers. Et du coup, ce sont souvent ces communautés-là qui ont joué le rôle structurant pour mobiliser un ensemble de champs disciplinaires, notamment en appui aux enjeux d'adaptation. Et je pense qu'il y aurait certainement une initiative assez structurée à impulser dans cette direction-là.
Oui, bonjour. J'avais Christophe d'Agu, je suis là. Hop ! Université de Limoges, c’est une question un peu technique. J'ai entendu ce matin que le rapport RTE sur la production électrique était sorti et j'étais un peu perplexe par rapport à ces conclusions qui disaient qu'il y ait trop de production électrique en France et que parallèlement l'industrie automobile ralentissait ses productions électriques, ce qui était même le cas pour les industries d'hydrogène. Par contre, dans quelques années, il y aurait une grosse demande d'énergie. Alors, je demande un peu comment pouvoir synchroniser tout ça et notamment vis-à-vis de ce que vous avez dit sur la demande des particuliers pour rénover les bâtiments et cetera et cetera. Oui, c'est exactement ça. Donc, il y a eu plusieurs rapports en ce sens. Il y en a eu un de l'Académie des technologies, il y en a eu un notamment du Sénat qui était très bien, une réflexion sur la programmation de l'énergie au Sénat et puis celui de RTE. Ce qu'on voit c'est que suite à la situation d'inflation depuis 2022 et aux appels à la sobriété, il y a une forte diminution de la demande d'électricité qui est parvenue, il y a un ralentissement de la production industrielle et le déploiement notamment des pompes à chaleur ou bien des véhicules électrifiés n'est pas aussi rapide que ce qui avait été attendu. Et en même temps, donc il y a eu un le grand carénage du parc nucléaire ancien qui fait qu'il a une bien meilleure capacité de production maintenant. On a les réserves en eau qui sont bien remplies, donc une capacité hydro qui est bien mieux qu'en 2022 et puis une montée en puissance des renouvelables. Et de ce fait, on voit que la situation actuelle, c'est plutôt une production plus importante que la demande. D'où d'ailleurs, l'ouverture à des data center énergivores un peu partout parce qu'il y a cette surcapacité qui fait qu’ils peuvent s'installer avec un prix d'achat et une visibilité sur une dizaine d'années. Mais, néanmoins, du fait de la baisse des prix par exemple sur les batteries, le changement d'échelle de production de véhicules électrifiés, on voit qu'il deviennent plus abordables et donc on s'attend à ce qu’il y ait une évolution profonde au cours de cette décennie et c'est pour ça qu'il y a une situation difficile à gérer entre l'équilibre demande production qui tire les prix à la baisse et les besoins d'investissement notamment pour nous le renouvellement du parc nucléaire bien sûr et le prix de l'électricité qui sera produit qui est un vecteur clé notamment pour la compétitivité industriel et économique. Donc on voit que c'est cet exercice difficile avec plusieurs scénarios qui sont envisageables et dans des politiques sans regrets qui permettrai d'articuler les enjeu climat et ce point de passage délicat, c'est continuer à soutenir davantage la consommation d'électricité, la visibilité sur le prix de l'électricité, sa fiscalité et soutenir le déploiement de flottes de véhicules électrifiés par exemple. Après, ce sont des choix politiques qui peuvent acter une dimension ou l'autre. Et en filigrane, il y a aussi toute la pérennité de filières qui ont été laborieusement construites. Par exemple, sur les liens offshores, c'est les filières industrielles. S'il y a un ralentissement des cahiers décharges de marché public et autres, c'est des filières qui seront perdues, qui seront plus compliquées à à remettre en œuvre. Même chose sur certaines compétences photovoltaïques. Donc, on voit bien cette difficulté qui est présente.
Bonjour Valérie, merci pour ton intervention. Stéphane Guilla, délégué scientifique transition environnementale pour le CNRS. J’ai lu récemment qu'un économiste canadien oppose un nouveau clivage dans le monde entre les pays producteurs de pétrole et ceux qui ne le sont pas. Évidemment ceux qui ne le sont pas vont vers la transition. Donc je ton avis sur cette question. Ça c'est le premier point. Et deuxième point, ton avis sur le stockage du CO2, on voit que cette filière a beaucoup de mal à se développer. Est-ce qu'il faut aller dans ce sens ou pas ? Voilà. Merci. Sur le premier volet, c'est le pétrole, c'est acté, je pense qu'il y aura une baisse de la demande notamment lié à l'électrification des mobilités. Le point dur, ce n'est pas le pétrole, c'est le gaz. Et c'est une bataille très forte pour présenter le gaz comme une énergie de transition très forte. Et c'est intéressant à lire le rapport de l'Agence internationale l'énergie de cet automne qui essaie d'intégrer une politique très favorable au gaz public, enfin un ensemble de stratégies très favorables au gaz. Et ce qu'on voit, c'est que ça fait quand même un plateau sur les émissions de CO2 un peu plus élevé, mais il y a quand même une baisse par la suite parce que il y a des technologies performantes, efficaces économiquement, viables, qui de toute manière vont continuer à se déployer, et c'est ça la grosse rupture actuellement. Et moi, je pense que s’il y a ce cette nouvelle coalition de pays producteurs notamment de gaz, donc Russie, Arabie Saoudite, Iran, États-Unis, c'est parce qu’il y a des alternatives viables et c'est une réaction de producteurs acculés qui ne savent pas faire évoluer leur modèle économique avec le risque d'actif échoué qui qui donnent lieu à une posture extrêmement agressive, qui essaient de saper l'action à tous les niveaux, au niveau national, au niveau international. Du coup, regardons-le dans l'autre sens. C'est parce que les alternatives existent, c'est parce qu'elles peuvent être mises en œuvre. Et du côté des pays européens où nous ne sommes pas nous massivement producteurs de gaz, il y a encore de toutes petites réserves mais pas beaucoup, il y a aussi cet enjeu-là qui est un enjeu d'indépendance et de souveraineté. On a vu les risques liés à la dépendance en approvisionnement de gaz russe, clairement avec la guerre hybride aux frontières de l'Europe. Et on voit aussi le risque de vassalisation brutale par la politique commerciale américaine sur ce sujet-là. Et du coup, c'est important de aussi d'intégrer cette dimension qui est pas simplement un aspect écologique, mais qui est aussi un aspect d'indépendance stratégique, mais avec aussi toutes de nouvelles formes de dépendance qui peuvent être associées au fait de ne pas être souverain sur des technologies performantes pour la transition écologique. Et il faut quand même le dire, on a on n'est pas très bon sur les pompes à chaleur, on est on a du mal sur les batteries. Sur le photovoltaïque, on fait de la recherche à mon incroyable, mais on n’arrive pas à établir la production industrielle. On voit bien ces difficultés-là d'industrialisation et de souveraineté qui peuvent acter de nouvelles dépendances. Et sur le captage et stockage, alors il y a des processus industriels qui théoriquement peuvent être décarbonés avec de l'hydrogène vert ou avec de l'électricité décarbonée dans plein de domaines. C'est un gros effort de RD actuellement. Il y en a qui vont être très difficiles à décarboner notamment du côté des cimenteries. Et donc souvent ce qui est évalué c'est que le là où il y a il y a le maximum de besoin de recourir à du captage et stockage sur des structures industrielles, c'est pour ce type d'infrastructure. En tout cas, c'est ce que le conseil climat, l'Académie des technologies et d'autres acteurs ont évalué avec le besoin aussi d'avoir des démonstrateurs à grande échelle pour avoir aussi un retour d'expérience sur les modalités économiques de fonctionnement. C’est-à-dire le coût et le modèle économique qui va permettre d'étayer ces coûts bien sûr. Après il y a d'autres questions beaucoup plus ouvertes sur la réutilisation de CO2. Il y a aussi d'autres questions qui sont très ouvertes sur d'autres approches qui relèvent de la géo-ingénierie marine par exemple. Donc visant cette fois à éliminer du CO2 atmosphérique en dopant l'océan pour augmenter son puit de carbone physico-chimique. Et donc l'Académie des Sciences a produit un rapport très prudent sur le sujet où il y a un gros besoin de recherche et là c'est très sensible. Alors je l'ai pas dit avant mais en gros il y avait cette idée de on vous fait croire que on peut continuer comme avant en achetant des crédits carbone terrestres. Donc on a bien vu les limites de l'exercice. Tout un modèle sur les crédits carbone terrestres qui s'appuyaient sur des scénarios irréalistes surestimaient l'efficacité de projet et le réel stockage de carbone, qui est d'ailleurs pas forcément durable. Donc là ça touche aux limites de l'exercice. Et donc l'océan est vu comme la nouvelle frontière d'activités commerciales où des acteurs privés visent à être rémunérés pour déployer des choses qui augmentent le stockage de carbone dans l'océan. C'est très présent, il y a des entreprises qui se positionnent sur qui commercialisent déjà des crédits carbone sur l'alcanisation de l'océan et il y a un manque de cadre scientifique pour simplement pouvoir mesurer et suivre la réalité des projets. Il y a également un besoin de connaissance pour voir les effets comment dire inattentionnés sur les écosystèmes marins. Par exemple, des collègues d'Ifremer ont montré que si on met de l'olivine dans l'océan pour le faire, ça peut être toxique pour les huîtres. Cela présente une écotoxicité environnementale et donc tout ça c'est important à l'éclairer et on voit bien qu'il y a des pressions commerciales très fortes et il y a un besoin de recherche et du temps de la recherche pour parvenir à éclairer le potentiel et les risques de ce type d'approche. Donc ce n'est pas le stockage comme la question le montrait mais je pense que c'est important d'avoir cette réflexion sur tous ces aspects. Merci beaucoup. Alors, vu l'heure, je propose une dernière question rapide et puis on aura une toute petite pause qui vous permettra, si vous le souhaitez d'échanger aussi à ce moment-là. Donc, une dernière question. Bonjour Valérie, c'est Olivier Aumont de l'IRD. Oui. Et aussi de labo 1.5. Moi, j'avais une question. J'ai été très intéressé par et très surpris par quelque chose que tu as mis dans ta présentation sur des objectifs sur l'empreinte carbone. Et donc, je voulais savoir un peu où ça en était et quelles étaient les chances de voir des stratégies au niveau des États sur l'empreinte carbone des États. Ce qu'on voit c'est que ça peine à être structuré ; ça pose la question des règles du commerce international de la relocalisation ou pas d'une capacité de production industrielle et donc c'est quelque chose qui est assez imbriqué avec un ensemble de questions économique et commerciales. Et c'est pour cela d'ailleurs que la position européenne sur la taxe carbone aux frontières suite au tarifs imposés par l'administration Trump a été un sujet tellement sensible au moment de la COP 30. C’est aussi perçu comme un obstacle supplémentaire pour des pays en développement qui essaient de se positionner sur des industries à vocation d'exportation. Cela demande à être pris de manière structurante. le dans le cadre du haut conseil pour le climat, on avait fait un rapport il y a quelques années sur l'empreinte carbone de la France, mais ce qu'on voit c'est que ça peine pour l'instant, en tout cas tel que moi je l'ai lu, ça peine à être décliné notamment dans la stratégie nationale bas carbone d'une manière aussi structurante et je sais qu'il y a beaucoup de travaux qui sont menés à l'échelle européenne justement par rapport à la question de la fiscalité aux frontières qui demande d'être étudié sur toutes leurs implications parce que il peut y avoir des implications contre-productives dans selon la manière dont ces pensées est mis en œuvre. On le voit, quand on renchérit le coût des biens importés, ça peut être problématique par rapport aux biens les plus abordables pour des ménages par exemple qui ont des revenus les plus contraints. Ça peut être aussi quelque chose si c'est bi qui accélère la décarbonation des sites industriels dans des pays exportateurs aussi. Et dans ce cas-là, c'est plutôt un effet d'entraînement. Et souvent, c'est ce qui est souligné vu que le le poids de l'Union européenne dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre est plus faible du fait de la montée en puissance des émissions de pays émergents. Ce qui est vraiment souligné c'est quelle capacité à entraîner les partenaires commerciaux de pays émergents à eux-mêmes renforcer leurs efforts de décarbonation. Ça c'est le côté qui pourrait être le plus positif.
Écoutez, je vous remercie beaucoup vraiment pour cette intervention.
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- 10h15 - 10h30 : Pause
- 10h30 - 11h45 : 1ère table ronde - « Le schéma directeur DDRSE des opérateurs de l’ESR (Universités, Ecoles et ONR) : un document stratégique et un plan d’action pour mener à bien la transition écologique dans l’ESR ».

Transcription textuelle | 3e Journée nationale TEDS dans l'ESR - table ronde n°1
1re table ronde - « Le schéma directeur DDRSE des opérateurs de l’ESR (Universités, Ecoles et ONR): un document stratégique et un plan d’action pour mener à bien la transition écologique dans l’ESR ».
- Introduction de Benoît Laignel, haut fonctionnaire au développement durable pour le MESRE.
- David Alis, président de l’université de Rennes
- Marie Lammert, vice-présidente responsabilité sociale, environnementale et éthique de l’Université de Strasbourg
- Marion Le Texier, vice-présidente déléguée à la transition écologique et au développement durable de l’Université Montpellier Paul Valéry
- Nicolas Freud, directeur de la transformation socio-écologique de l’INSA Lyon
- Armelle Carnet, directrice de la responsabilité sociétale et environnementale de l’INRAe
- 11h45 – 13h15 : Déjeuner
- 13h15– 14h30 : 2e table ronde - « Comment la recherche se mobilise et contribue à l’apport de connaissances et de solutions sur les défis liés à la transition écologique ? ».
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Transcription textuelle | 3e Journée nationale TEDS dans l'ESR - table ronde n°2
2e table ronde - « Comment la recherche se mobilise et contribue à l’apport de connaissances et de solutions sur les défis liés à la transition écologique ? ».
- Introduction de Corinne Borel, adjointe au Directeur général de la Recherche et de l’Innovation, cheffe du Service de la Stratégie de la Recherche et de l’Innovation.
- Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS
- Anne Ruas, chercheuse en géographie à l’Université Gustave Eiffel, Co-pilote du PEPR Ville Durable et Bâtiment innovant à l’Université Gustave Eiffel
- Sophie Gil, vice-présidente en charge du Développement durable et responsabilité sociétale et environnementale de l’Université Paris Cité
- Vincent Brunie, directeur de l’INSA de Rennes et vice-président Enjeux socio- écologiques du groupe INSA
- 14h30 – 14h45 : Pause
- 14h45 – 16h00 : 3e table ronde - « Trois ans après le discours de Bordeaux, où en est-on du déploiement de la formation à la TEDS ? ».
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Transcription textuelle | 3e Journée nationale TEDS dans l'ESR - table ronde n°3
3e table ronde - « Trois ans après le discours de Bordeaux, où en est-on du déploiement de la formation à la TEDS ? ».
- Introduction de Laure Vagner-Schaw, cheffe de service, chargée de la stratégie des formations et de la vie étudiante, adjointe au directeur général de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle.
- Luc Abbadie, professeur émérite d'écologie à l'Institut d'Ecologie et des Sciences de l'Environnement de Paris Sorbonne Université
- Julien Reveillon, vice-président DD&RS à l’Université de Rouen Normandie
- Claire Lartigue, vice-présidente en charge de la formation à l'Université Paris-Saclay
- 16h00 : Synthèse de la journée : ambitions et pistes de réflexion pour le futur Plan « climat, biodiversité et transition écologique de l’ESR ».
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Transcription textuelle | 3e Journée nationale TEDS dans l'ESR synthèse de la journée par les directeurs généraux
- Olivier Ginez, directeur général de la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (DGESIP)
- Jean-Luc Moullet, directeur général de la Direction générale de la recherche et de l'innovation (DGRI)
- Olivier Ginez, directeur général de la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (DGESIP)
- Jean-Luc Moullet, directeur général de la Direction générale de la recherche et de l'innovation (DGRI)