Publié le 06.07.2023

Discours de Sylvie Retailleau à l'occasion du lancement du congrès « European College of Sport Science »

Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a prononcé un discours mercredi 5 juillet 2023, à l’occasion du lancement du congrès « European College of Sport Science » au Palais des Congrès.

Discours

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

Madame, Monsieur,

C’est avec un grand plaisir que je suis parmi vous ce soir, à l’occasion de ce congrès qui vous réunit, qui nous réunit, pour partager les travaux de recherche dans le domaine des sciences du sport.

Ce congrès résonne avec force à Paris, puisque, dans un an, la France aura le grand honneur d’accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques.  13,5 millions de spectateurs sont attendus sur l’ensemble des compétitions sportives à cette occasion. Plus de 3 milliards de téléspectateurs vibreront en regardant le sport ! C’est là une formidable occasion de parler du sport et de l’activité physique sous toutes leurs formes et tous leurs aspects. Le sport est naturellement un élément clé dans la vie de chacun, un facteur d’équilibre, de bonne santé. Il contribue aussi à la vie en collectif.

Cet événement majeur pour notre pays sera également une belle opportunité pour mettre en valeur la recherche et l’innovation dans le sport, au moment des Jeux, tout en veillant à inscrire ces actions dans une temporalité plus longue.

Mon ministère, en lien permanent avec le ministère des Sports, des Jeux olympiques et paralympiques, porte une politique ambitieuse, aussi bien pour l’enseignement supérieur que pour la recherche. 

Je souhaite en effet renforcer la pratique physique et sportive dans les établissements d’enseignement supérieur, l’objectif fixé par le Président de la République étant de passer d’une nation de sportifs à une nation sportive, avec 3 millions de pratiquants réguliers en plus. 

Avec la ministre des Sports, des Jeux olympiques et paralympiques, nous avons ainsi signé une feuille de route engageant les trois grandes conférences d’établissements du supérieur à se mobiliser pour permettre à tous les étudiants d’accéder à une pratique organisée, régulière, et proposer une offre répondant en particulier à ceux qui en sont les plus éloignés. 

Nous avons mis en place une commission interministérielle permanente d’accompagnement des sportifs de haut niveau. Elle prévoit un volet post bac très ambitieux pour garantir aux étudiants concernés un double cursus d’excellence de formation.

Nous souhaitons valoriser les métiers et les formations dans le sport, en facilitant notamment les parcours de formations et l’accès aux certifications en coordonnant davantage l’action des ministères et des partenaires sociaux, la création d’emploi dans le sport et l’insertion des jeunes par le sport seront développées. 

Je voudrais saluer à cette occasion l’engagement des acteurs de l’enseignement supérieur dans l’organisation et la promotion des Jeux à venir, enseignants comme étudiants. Il nous appartient de garder cette belle impulsion au-delà des Jeux !

Ce qui nous réunit ce soir, ce n’est pas la pratique sportive – même si je suis certaine que vous êtes tous de fervents pratiquants et spectateurs avisés ! – mais c’est la recherche dans les sciences du sport. Peut-être moins visible du grand public, cette recherche est essentielle, et nous devons profiter de cette opportunité que sont les Jeux pour diffuser ces connaissances, susciter un intérêt croissant, et structurer ces activités de recherche sur une temps long. 

En France, ce sont 170 laboratoires qui se consacrent aux sciences du sport, de façon très interdisciplinaire, dans les sciences de la vie, comme dans les sciences humaines et sociales, représentant près de 1 500 chercheurs. Le CNRS joue un rôle particulièrement fédérateur, en lien avec d’autres organismes nationaux tels que l’Inserm, l’Inrae, le CEA ou l’Inria, ainsi que de nombreuses Universités et leurs composantes des sciences et techniques des activités physiques et sportives – STAPS - sur tout le territoire.  Cette famille scientifique est particulièrement active, comme l’attestent les 18000 publications parues dans les 5 dernières années.  

Nos chercheurs ont également structuré leurs travaux au niveau national, leur assurant ainsi une plus grande visibilité, et une plus grande force. Ainsi, un programme prioritaire de recherche, baptisé « sport de très haute performance », a été lancé en 2018. Doté d’un financement étatique de 20 millions d’euros, il a permis le lancement de 11 projets, qui se poursuivront jusqu’en fin d’année 2024 afin de bénéficier au mieux à nos sportifs et entraineurs – ce qui est bien normal - mais aussi de contribuer à l’amélioration de la connaissance par la publication de résultats et le partage de données.  Ce programme permet une analyse approfondie de l’impact du sport de très haute performance, sur les plans physiologique et technologique, mais également psychologique, sans oublier une analyse de leur impact sociétal. Pour répondre aux enjeux d’analyse des données complexes qui sont recueillies, plusieurs spécialistes des données ont ainsi été recrutés, et de nombreux doctorants poursuivent leurs travaux sur ces sujets. 

Cette structuration nationale repose également sur un réseau thématique interdisciplinaire « sports et sociétés », particulièrement actif - je citerai en particulier le congrès organisé à Montpellier en décembre dernier, qui a regroupé 500 chercheurs et permis un grand pas en avant pour structurer et valoriser cette filière scientifique.  

Ces travaux de recherche, de grande qualité, se structurent également – et c’est une excellente chose – au niveau de la communauté scientifique européenne, grâce notamment à votre organisation, autour des axes clés que sont la préservation de la santé mentale et cérébrale, la nutrition et la supplémentation, la prévention des risques psycho-sociaux ou encore l’intérêt de la réalité virtuelle. 

La France contribue pleinement à ces projets internationaux et je m’en réjouis. Avec l’INSEP qui accueil votre congrès, nous disposons d’un outil particulièrement efficace et apprécié des instances sportives et académiques étrangères. Nos universités sont également très investies dans l’organisation de colloques internationaux, à l’image de celui qui se déroulera à Rennes le 18 octobre prochain sur la médiatisation et la spectacularisation des Jeux Olympiques. 

Vous avez souhaité aborder le sujet du défi majeur que représente le changement climatique. Le sport n’est pas épargné et il importe, collectivement, de soutenir les efforts de recherche et développement de solutions d’adaptation de la pratique sportive. Il faudra notamment approfondir les connaissances sur la gestion des efforts physiques en période de forte chaleur, afin de garantir la sécurité et la santé des pratiquants.  

Pour finir, je voudrais remercier les chercheurs de nos laboratoires, engagés dans les mois à venir, dans plusieurs manifestations qui contribueront à faire rayonner les sciences du sport. Je pense notamment à la Fête de la science dont la 36ème édition sera, en 2023, consacrée au sport, et, bien sûr, aux expositions qui seront présentées durant les jeux Olympiques et Paralympiques au club France, à la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette pour valoriser les travaux de recherche dans le sport Je suis d’ailleurs certaine que des actions de sciences participatives naitront de ces rencontres entre les chercheurs et le grand public. 

En conclusion, je tiens à souligner que le gouvernement souhaite que ces Jeux à venir soient également un levier de transformation durable de la place du sport dans la société et donc de la recherche et des sciences qui lui sont liées.  La recherche dans le sport est déjà très riche et variée – vous l’illustrerez durant ce colloque. Il faut bien sûr poursuivre la structuration de projets de grande ampleur, intégrant toutes les dimensions des sciences du sport, pour inscrire sur un temps long – le temps de la recherche – l’intérêt renouvelé suscité par les Jeux Olympiques et Paralympiques. Soyez assurés de mon engagement pour que mon ministère y prenne toute sa part.

Je vous souhaite un excellent congrès, et des échanges fructueux. 

Je vous remercie.

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Service presse du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR)

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