Recherche-création : tisser des liens
Formée aux Beaux-Arts de Nantes et à l'EHESS, Julia Piccolo mène actuellement un projet de thèse en recherche-création au sein de l'école universitaire de recherche ArTeC sous la codirection de Patricia Ribault (Université Paris 8) et d'Isabelle Kalinowski (École normale supérieure). Ce travail de recherche s'intéresse aux enjeux artistiques au-delà de la production d’œuvres et mobilise une méthode impliquant « la nécessité de passer par la pratique pour développer son projet ».
Elle a intégré ce doctorat après une année de préparation via le diplôme interuniversitaire (DIU) ArTeC+, un diplôme post-master d’un an, destiné à aider les étudiants à consolider un projet artistique ou de doctorat en recherche-création.
L'École Universitaire de Recherche ArTeC a pour fonction de promouvoir et d’articuler des projets de recherche relatifs aux domaines des arts, des technologies, du numérique, des médiations humaines et de la création. Les projets articulent de façon originale et inventive les méthodologies de la recherche-création, recherche-action, recherche-développement, dans une perspective d’excellence inclusive et partagée.
Un travail de recherche nourri par la création artistique
Dans ses travaux intitulés Trame spéculative : pour une vision textile de l’informatique (EDESTA, Paris 8), Julia Piccolo s’emploie à révéler la vision textile que recèlent les outils et objets informatiques. Son travail est mu par le désir de matérialiser les objets technologiques à partir du lien : transmission de mémoire, luttes sociales, histoire des minorités et enjeux LGBTQIA+. Elle convoque donc l'histoire des sciences informatiques, les sciences sociales pour nourrir sa réflexion et éclairer sa création artistique.
« Ma méthodologie de recherche est une grille de lecture textile que j'applique au numérique. Je mobilise différentes façons de travailler : la lecture, la prise de notes, le travail dans les archives, les expérimentations en atelier avec de la peinture, de la sculpture, du dessin et la fiction. Cette vision textile est possible si on remonte la généalogie qui unit d'abord le tissage, le métier à tisser et puis les premiers ordinateurs. Et on peut tirer ce fil à partir des logiques binaires du tissage manuel et aussi des cartes perforées des métiers à tisser Jacquard et qui ont ensuite été utilisées dans la machine analytique de Charles Babbage, connue comme le premier ordinateur ; puis, dans le glissement de compétences des couturières qui ont été embauchées en masse dans des usines d'assemblage électronique. » Julia Piccolo
ArTeC a bénéficié d'une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d’Investissements d’avenir portant la référence ANR-17- EURE-0008.

