L'équation de la chauve-souris
Mathématicien et vulgarisateur scientifique reconnu, Mickaël Launay s’attache à rendre les sciences accessibles au plus grand nombre. Ancien élève de l’École normale supérieure, il partage sa passion des mathématiques à travers sa chaîne YouTube Micmaths, qui rassemble plus de 580 000 abonnés. Auteur des succès de librairie Le Grand Roman des maths et Le Théorème du parapluie, traduits dans une quinzaine de langues et récompensés à plusieurs reprises, il poursuit son exploration des mystères du quotidien avec L’Équation de la chauve-souris.
Dans cet ouvrage, Mickaël Launay nous entraîne dans une fascinante enquête sur le monde qui nous entoure et sur les idées que nous tenons pour évidentes. Pourquoi le jus remonte-t-il dans une paille lorsque l’on aspire ? Pourquoi les prévisions météorologiques demeurent-elles si complexes ? À partir de questions simples et familières, l’auteur nous dévoile les mécanismes scientifiques, les paradoxes et les illusions qui façonnent notre perception de la réalité.
De la poussée d’Archimède à la physique quantique, des embouteillages aux ondes, en passant par la cuisson des pâtes, chaque sujet devient une porte d’entrée vers une compréhension plus profonde du monde. Un voyage captivant, où la curiosité et l’émerveillement transforment les petites questions du quotidien en grandes aventures scientifiques.
Rencontre avec Mickaël Launay
Comment avez-vous travaillé pour écrire votre ouvrage ? Pourquoi le titre L'équation de la chauve-souris ?
Mickaël Launay : L'équation de la chauve-souris traite de tout un tas de sujets apparemment très différents les uns des autres, mais qui sont pourtant tous reliés par des fils invisibles : tous tournent autour de l'idée d'inversion de point de vue et des limites qu'il peut y avoir à notre connaissance du monde. On dit souvent qu'en sciences, le plus intéressant n'est pas dans les choses qu'on étudie, mais dans les liens qui existent entre elles. C'est un peu le cœur de ce que j'ai essayé de faire ressentir avec ce livre. Et c'est autour de cette idée que j'ai choisi les sujets abordés, comme le fonctionnement des aspirateurs, la météo, la théorie du chaos ou la physique quantique. À chaque fois que, dans mes recherches, je trouvais un sujet intéressant, je me demandais comment il allait pouvoir se connecter aux autres. Quelle idée, quelle découverte, quel éclair de compréhension va le mieux résonner avec ce qui précède et va le mieux préparer les lecteurs et lectrices à ce qui viendra ensuite ? Au milieu de tout ça, la chauve-souris joue le rôle d'animal totem, mystérieux et fascinant, qui nous accompagne tout au long du chemin.
Avez-vous découvert ou compris différemment certains concepts scientifiques en écrivant votre livre ?
M. L. : Certaines idées du livre me trottent dans la tête depuis plus de quinze ans, mais à partir du moment où j'ai vraiment commencé à écrire et poser les premières phrases, les concepts scientifiques que je voulais développer étaient assez clairs pour moi. En revanche, j'ai continué à faire quelques découvertes d'ordre historique au fil de l'écriture. Galilée fait plusieurs apparitions dans les premiers chapitres. Le fait qu'il ait aussi été dans les premiers à visualiser des ondes sonores grâce à des poussières sur une plaque vibrante a été une bonne surprise puisqu'il m'a permis de lui refaire un clin d'œil dans le chapitre sur les ondes où il n'était initialement pas prévu !
Quel fait scientifique de votre livre vous fascine le plus et pourquoi ? Y a-t-il un fait scientifique qui a été particulièrement difficile à vulgariser ?
M. L. : Ma réponse n'est pas très originale, mais je pense que quiconque se penche sur les idées de la physique quantique se retrouve soufflé par le changement de paradigme total qu'elles impliquent. Notre compréhension du monde y vacille jusque dans ses plus claires évidences. Le défi qu'il y a à vulgariser des sujets comme celui-là (ou comme la théorie du chaos ou des ondes...), c'est de pousser le détail juste assez loin pour en donner la représentation la plus complète possible et faire ressentir ce que ces théories ont de profond et puissant, sans pour autant se perdre dans les détails techniques. On peut parler des sciences au grand public à travers des expériences amusantes ou des petites anecdotes. On peut parler des grandes théories avec les scientifiques en posant les équations et les termes techniques. Mais trouver le point de rencontre entre le grand public et les grandes théories est une chose subtile.
Que vous évoque la thématique du Goût des sciences ? Que représente pour vous un tel prix ?
M. L. : Je suis honoré de recevoir ce prix ! La diversité des ouvrages qui se trouvaient dans la sélection (tant pour le livre scientifique que pour le livre jeunesse) montre à quel point, si la science est multiple, les façons de la raconter le sont aussi. Il y a mille manière d'aimer les sciences et cette diversité est à la fois réjouissante et rassembleuse.