Rapport de l'IGESR

N° 23-24-267A

|Novembre 2025

Répondre aux besoins de formation d’ingénieurs en agronomie et agroalimentaire en 2030

Les formations d’ingénieurs en agronomie et agroalimentaire satisfont aux critères de professionnalisation attendus d’elles. Leur attractivité constitue cependant un enjeu beaucoup plus critique dès lors que la volonté politique est d’augmenter substantiellement le nombre de diplômés. 

Date de parution

Auteur(s) :

Bertrant Pajot,
Marie-Dominique Savina ,

Présentation

Les formations des écoles agronomiques publiques et privées sous contrat représentent 13 000 élèves ingénieurs en formation et plus de 90% des ingénieurs dont le diplôme est reconnu dans ce domaine par la commission des titres d’ingénieur (CTI).


Le contexte de la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire

Les formations d’ingénieurs en agronomie et agroalimentaire apportent les compétences nécessaires à l’évolution et à la transformation des systèmes agricoles et agroalimentaires. La volonté politique affichée par la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (Losarga) du 24 mars 2025 est d’augmenter substantiellement le nombre de diplômés.

Ce besoin vient s’exprimer au moment où les viviers d’étudiants sont tendanciellement moins abondants du fait de la conjonction de plusieurs facteurs : réforme du lycée, diversification des offres de formation, effets à anticiper du retournement démographique, etc.


Travailler à une plus grande attractivité collective 

Le rapport souligne que les formations d’ingénieurs pour l’agriculture et l’agroalimentaire ne bénéficient pas d’une image suffisamment visible, voire souffrent du déficit d’image des secteurs auxquels elles préparent.

Il formule des recommandations pour renforcer cette attractivité : production de ressources pédagogiques à destination des enseignants du secondaire, implication des rectorats sur ces enjeux, mobilisation des acteurs économiques, mais aussi recherche de plus de cohérence et de visibilité dans la désignation et la promotion des établissements eux-mêmes.

S’agissant des écoles publiques, l’élargissement des modalités de recrutement, expérimenté dans différentes écoles, répond de façon adéquate, mais partielle aux besoins d’attractivité. Si ces modalités doivent être consolidées réglementairement, un effort important doit être porté à la filière de recrutement classique offerte par les classes préparatoires (BCPST et TB). Ces dernières ne doivent pas être désinvesties, car elles constituent un pivot d’excellence.

Le rapport propose enfin une remise à jour et une simplification du code rural et de la pêche maritime renvoyant au seul code de l’éducation la reconnaissance du titre d’ingénieur. Il envisage aussi, en tant que de besoin, la reconnaissance d’un titre d’exercice en ingénierie agronomique.