Grâce à une méthodologie pionnière dans ce domaine, le baromètre propose une analyse des pratiques de partage des résultats des essais cliniques, des données de la recherche, des codes sources et logiciels de recherche, et d’ouverture des thèses. Ces indicateurs complètent le taux de publications scientifiques françaises en accès ouvert. Depuis 2024, le baromètre assure également le suivi de l’adoption des politiques de science ouverte par les établissements, offrant une vision globale des progrès réalisés.
Un bond en avant pour le partage des résultats des essais cliniques
En 2025, 59 % des essais cliniques terminés entre 2012 et 2021 partagent leurs résultats, y compris négatifs (c’est-à-dire les essais sans preuve d’efficacité), contre 54 % en 2024. Cette progression s’avère encore plus marquée pour les promoteurs académiques où le taux de partage passe de 31 % à 40 % en un an, soit une hausse de 9 points.
Cette amélioration intervient après la publication en mai 2025 d’un rapport sur l’importance de la communication des résultats des essais cliniques en France, par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace et le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Ce rapport, qui a eu un fort impact médiatique, a initié un dialogue avec chaque promoteur académique, afin de partager le diagnostic et de lever les freins à la communication des résultats des essais cliniques. Dans ce cadre, le Comité National de Coordination de la Recherche (CNCR) propose un accompagnement aux promoteurs. Ces avancées s’inscrivent directement dans les objectifs du deuxième Plan national pour la science ouverte lancé en 2021.
Le partage des données de la recherche : une dynamique confirmée
La proportion de publications françaises qui mentionnent le partage de leurs données continue de progresser, atteignant 27 % en 2025 contre 25 % en 2024. Cette évolution particulièrement marquée sur les quatre dernières années (passant de 18 % à 27 %) témoigne d’une transformation des pratiques de gestion et de partage des données. Elle illustre l’efficacité de la politique nationale de science ouverte, portée par le ministère en coordination avec l’ensemble de la communauté scientifique.
Progression du partage de codes sources et logiciels : une recherche en mouvement
Le logiciel occupe une place centrale comme outil, résultat ou objet de recherche, dans toutes les disciplines. Depuis l’an dernier, il y a eu une progression de 2 points de la proportion de publications françaises qui mentionnent explicitement le partage de codes ou logiciels, passant de 19 % à 21 %. Cette amélioration est un signal encourageant pour la politique nationale de science ouverte, montrant que les pratiques sont en train de changer dans la bonne direction.
L’ouverture des thèses : un niveau élevé et stable
L’indicateur relatif à l’ouverture des thèses de doctorat, calculé à partir des données de theses.fr et de HAL, se maintient à un niveau élevé de 76 % pour les thèses de 2023, un niveau comparable aux années précédentes. Comme chaque année, la dernière année en date (thèses de 2024) présente un taux plus bas, lié à la présence de thèses en embargo encore en cours.
Un plateau confirmé pour l’accès ouvert aux publications
Une rupture de série, liée à un changement méthodologique dans la source des données utilisée par le baromètre, produit une diminution uniforme depuis 2013 du taux d’accès ouvert des publications françaises. Cet indicateur est de 62 % en 2024, résultat qui constitue une baisse apparente par rapport à l’année dernière, mais qui, en raison de la rupture de série, confirme plutôt le plateau observé depuis 2022. Comme pour les années précédentes, les disparités disciplinaires restent importantes, avec des taux d’ouverture plus élevés en Biologie fondamentale et en Mathématiques et plus faibles en Recherche médicale et en Sciences sociales.
Les établissements s’engagent : adoption croissante des politiques de science ouverte
En 2025, 64 % des établissements considérés avaient adopté une politique de science ouverte. Outre le suivi de cette adoption, le baromètre propose aux établissements des outils pour la mise en place de baromètres leur permettant de disposer d’indicateurs sur les pratiques de science ouverte à leur échelle. Plus de 70 établissements ont déjà saisi cette opportunité, marquant ainsi leur engagement concret en faveur de la science ouverte.