Dynabiod, documenter la biodiversité des plantes et des invertébrés
D'une dimension inédite, le PEPR Dynabiod vient en réponse à une urgence scientifique, celle de l'érosion de la biodiversité, menacée par les pollutions, le réchauffement climatique, qui fragilise les capacités de résilience de la planète.
Ce programme de recherche s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de biodiversité 2030. Il se propose de faire plus que l’inventaire du vivant dans une approche pluridisciplinaire et grâce aux sciences participatives.
Le programme Dynabiod s’intéresse tout particulièrement aux plantes et invertébrés, êtres vivants qui sont moins documentés et qui assurent pourtant des fonctions de création et de maintien de leur habitat, mais aussi des rôles de régulateur, pollinisateur, ainsi que des interactions notamment avec les sols, comme le souligne Emmanuelle Porcher, directrice scientifique (MNHN).
Construire et structurer les données sur le long terme
Les priorités scientifiques du programme sont de documenter, comprendre et prédire les dynamiques de la biodiversité selon un double défi qui est celui de comprendre les processus écologiques et évolutifs des plantes et invertébrés pour agir.
L’un des enjeux du programme est de décrire les espaces naturels et les changements qui les impactent en vue de construire un référentiel multimodal de la biodiversité (à travers le génome, les images pour la reconnaissance automatique, mais aussi, les sons, les traits, les interactions et occurrences), en s'appuyant sur un référentiel existant et un savoir-faire taxonomique.
Le programme ambitionne également de standardiser et d’homogénéiser les outils et protocoles d’observation pour positionner la France en tant champion européen. L’objectif final étant de récolter des données de recherche homogènes et partagées sur le temps long afin de créer à des outils d’aide à la décision (scénario, projection) pour définir les politiques publiques adaptées. Enfin, le volet des sciences participatives tient un grand rôle.
Autre enjeu, le programme doit fédérer la communauté scientifique autour du projet en formant de jeunes chercheurs et chercheuses en post-doctorat au suivi de la biodiversité.
Le programme permettra en outre de tester de nouveaux protocoles et méthodes d’échantillonnage grâce à des appels à manifestation d’intérêt et hackathons.
Le Programme Dynabiod a également des zones de porosité avec différents programmes dont les PEPR One Water, FAIRCARBON, FORREST, SOLSVIVANTS (dans le cadre des transferts de solutions durables).
Le programme a défini 5 pôles d’appui méthodologiques mutualisés, qui sont :
- Génomique environnementale (réseau de plateforme pour la production de données ADN « wet » ou « dry »)
- Collections : mobilisation massive des collections françaises (dont celles du MNHN) à travers la numérisation, les prélèvements…
- Données et systèmes d’information : création du Datahub Dynabiod, en interopérabilité avec les environnements virtuels de recherche
- Statistiques et IA : plans d’échantillonnage, intégration de données hétérogènes, utilisation de l'IA pour la reconnaissance et la scénarisation
- Transfert – interface Science-Action : ateliers, résumés pour les décideurs, dialogue avec les acteurs publics, privés, gestionnaires et naturalistes
A l'issue des 8 années dédiées, le programme Dynabiod proposera :
- un référentiel multimodal national
- des données sous forme d'un DataHub pérenne et suivi
- un réseau de plus de 1 000 sites de suivi
- des indicateurs et scénarii pour l’aide à la décision et l’action publique.
Financements et partenaires
Les pilotes du programme sont le Muséum national d’Histoire naturelle et le CNRS, dans le cadre de l’agence de programmes « Climat, biodiversité et sociétés durables » portée par le CNRS.
Dynabiod implique 14 établissements et instituts partenaires, 13 infrastructures et réseaux nationaux, environ 20 unités de recherche et plus de 60 chercheurs dans le montage du projet.
Directeurs scientifique du programme : Emmanuelle Porcher (MNHN), Rodolphe Rougerie (MNHN), Wilfried Thuiller (CNRS)
Partenaires du programme : CNRS, MNHN, INRAE, IRD, OFB, INRIA, CEA, IMT Atlantique, FRB, Université Grenoble Alpes, Université Marie et Louis Pasteur, Université de Rennes, Aix-Marseille Université, Université Bourgogne, Sorbonne Université, Université de Strasbourg