Chercheuse française, Marlène Laruelle est spécialiste des idéologies contemporaines et fondatrice du programme d’études de l’illibéralisme (Illiberalism Studies Program) créé au sein de l’Université George-Washington (États-Unis). Grâce à l’initiative Choose France for science, elle va à présent développer ce projet de recherche à Paris, en renforçant ses liens avec l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), où le programme va s'installer.
L’illibéralisme en tant que sujet de recherche
L’objet du programme d’études est d’explorer l’illibéralisme en tant qu’offre politique émergente. La notion d’illibéralisme décrit une idéologie de rejet du libéralisme « entendu comme un projet politique centré sur la liberté individuelle et les droits humains », comme le définit Marlène Laruelle. Son étude montre qu’il dépasse le simple mouvement réactionnaire et s’impose désormais à l’échelle mondiale en incarnant une offre politique concurrente aux modèles démocratiques classiques. Les conséquences qu’il entraîne se font ressentir aux États-Unis comme en Europe.
[L'illibéralisme désigne un] univers idéologique de droite qui estime que le libéralisme, entendu comme un projet politique centré sur la liberté individuelle et les droits humains, est allé trop loin. Ce rejet s’accompagne de positions politiques plus ou moins clairement établies, s’appuyant généralement sur le souverainisme et la défense de la majorité contre les minorités. La nation est conçue de façon homogène et les hiérarchies traditionnelles célébrées.
Fédérer un écosystème de recherche en Europe
En permettant le transfert du programme d’études de l’illibéralisme à l’Inalco, l’initiative Choose France for science entend renforcer un écosystème de recherche autour de ce thème, en particulier sur ses liens avec la technologie et l’intelligence artificielle.
Cette initiative démontre également la résilience et l’autonomie des institutions de recherche européennes : face à des conditions de financement fragilisées aux États-Unis, la recherche en Europe demeure un espace favorable à l'étude de l’illibéralisme.