Parcours
Diplômée de l'École des Mines Paris – PSL, docteure en sciences des matériaux, Astrid Perlade est ingénieure métallurgiste. Elle occupe actuellement les fonctions de responsable scientifique et de coordinatrice technique d’un département regroupant une centaine de chercheurs chez ArcelorMittal Global R&D. Depuis 2022, elle pilote également un programme de recherche dédié au développement d’aciers haute performance pour la sécurité automobile et soutient les efforts de décarbonation dans l'ensemble du secteur.
Elle collabore activement avec des laboratoires étrangers, tels que ceux de l’Université de Louvain, de Delft ou encore de Hong Kong. Elle participe également à des projets européens (RFCS, Horizon) et nationaux (ANR, GDR), renforçant ainsi son impact sur la scène scientifique internationale. Son expertise se reflète dans plus de 50 publications scientifiques et une trentaine de brevets déposés.
Personnalité engagée, elle place également la transmission des savoirs au cœur de ses priorités, à travers des formations, du mentorat et des actions de sensibilisation, notamment auprès des lycéennes.
Les sciences ne sont pas un monde réservé, [les jeunes femmes] y ont toute leur place. La curiosité, la créativité, l'envie de comprendre, tout cela n'a pas de genre.
Interview
Avez-vous rencontré des freins dans votre carrière ?
Astrid Perlade : Je ne me suis jamais sentie freinée ou limitée parce que j'étais une femme, ni pendant mes études, ni dans ma vie professionnelle. J'ai eu la chance d'être entourée de personnes brillantes, inspirantes, hommes et femmes qui m'ont toujours soutenue.
Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes femmes qui souhaiteraient s'orienter vers les sciences ?
Je dirais aux jeunes filles que les sciences ne sont pas un monde réservé, qu'elles y ont toute leur place. La curiosité, la créativité, l'envie de comprendre, tout cela n'a pas de genre. Les métiers scientifiques sont passionnants, très variés, humainement riches. Et je leur dirais de ne pas se laisser piéger par les stéréotypes. Ce qui compte avant tout, c'est leur compétence et leur envie.
Vous êtes lauréate du prix « Femme, recherche et entreprise », qu'est-ce que cela représente pour vous ?
Ce prix est une très belle reconnaissance, personnelle, mais surtout collective. Je le dois tout autant à mes collègues, ingénieurs, chercheurs, techniciennes et techniciens avec qui j'ai la chance de travailler au quotidien, qu'à mes mentors. C'est aussi une très belle occasion de mettre en lumière la sidérurgie, un domaine stratégique pour la souveraineté du pays. Et j'espère que ce prix donnera envie à plus d'étudiantes et d'étudiants de s'orienter vers les métiers de la recherche, et en particulier les métiers de la recherche dans l'industrie.
Prix « Femme, recherche et entreprise »
Cette catégorie du Prix Irène Joliot-Curie s'adresse aux femmes travaillant en entreprise depuis au moins trois ans, ou ayant contribué significativement à la création d’une entreprise valorisant leurs recherches. Ce prix récompense une femme qui, à partir d’excellence scientifique et technique, s’est consacrée à développer des innovations utiles à la société en travaillant au sein d’une entreprise ou en contribuant à la création d’une entreprise. Il est doté de 15 000 €.