Publié le 12.03.2026

Portraits des lauréates du prix Irène Joliot-Curie 2025 dans la catégorie « Jeune femme scientifique »

Eva Maire, Maïmouna Bocoum et Kristel Chanard sont lauréates du prix Irène Joliot-Curie dans la catégorie « Jeune femme scientifique ». Découvrez leurs parcours et leurs engagements.

Une fille qui se pose la question : « est-ce que je peux faire des sciences ? », « J'hésite à m’orienter ». Au moment où elle se pose cette question, il y a un petit garçon qui est probablement moins bon qu'elle et qui lui n'hésite pas. Si la physique ça vous plaît, si les maths, si la biologie ça vous plaît, il faut y aller et ne pas hésiter.

Mes travaux de recherche se situent à la croisée de plusieurs disciplines : la géodésie, qui est l'étude de la forme de la Terre, la géophysique et l'hydrologie. Un des objectifs, c'est d'essayer de mesurer et de comprendre comment la terre solide va se déformer lorsqu'on va faire bouger l'eau à sa surface et en profondeur, c'est-à-dire les lacs, les rivières, l'océan, l'eau souterraine et les glaciers.

Mon domaine de prédilection, c'est l'écologie marine, avec un intérêt tout particulier pour les récifs coralliens et leur dynamique dans un contexte de changement climatique et de pressions humaines croissantes.

Mes recherches sont à l'interface de plusieurs disciplines et s'articulent autour de trois thèmes : la gestion durable des ressources marines, la conservation de la biodiversité et le changement climatique. Je travaille sur des modalités d'imagerie qui permettent d'étudier les tissus biologiques, en utilisant différents types d'ondes dont les ondes acoustiques et les ondes lumineuses, et également, des champs magnétiques.

Je dirais à des jeunes filles qui souhaiteraient mais hésiteraient à s'orienter vers des carrières scientifiques de foncer, parce que c'est un métier fantastique. Quand on est curieux et qu'on a envie de faire des sciences, on devrait pouvoir le faire.

Il y a une pluralité et une infinité de possibilités dans les carrières scientifiques.Je ne dis pas que c'est sans doutes et que c'est toujours facile.

Moi aussi j'ai douté certains moments de ma carrière, mais je pense que je n’ai jamais perdu cette passion qui m'a animée et cela m'a toujours permis de rebondir et de continuer. Aujourd'hui, j'encouragerais les jeunes filles et j'aurais voulu dire à la jeune fille que j'étais : « trouve une passion, accroche toi et fonce ! ». 

Mon engagement continuera par la médiation scientifique dans les écoles primaires, dans les écoles maternelles, dans les lycées. Susciter des vocations a toujours été quelque chose qui me tient à cœur. C'est mon objectif dès le début de l'année, de me demander combien de vocations on va susciter. Que ce soit des filles ou des garçons d’ailleurs. Si c’est des filles, il y a encore plus cette revanche qui est prise. 

Ce prix, Irène Joliot-Curie, bien qu'il soit attribué individuellement, il représente pour moi une récompense collective qui me récompense, moi, mais aussi tous les étudiants et toutes les étudiantes qui ont travaillé sur ces projets. Tous les collègues qui ont collaboré et puis toute l'infrastructure de la recherche, par les équipes techniques et administratives qui nous aident au quotidien à rendre le travail de recherche possible.

 

Le parcours d’Eva Maire

Chercheuse à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) depuis 2024, Eva Maire consacre ses recherches à l’étude des socio-écosystèmes tropicaux. Plongeuse professionnelle, elle a réalisé plus de 1 000 plongées scientifiques à travers le monde.


Diplômée de l’École Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier, elle s’est spécialisée en écologie marine lors d’une thèse en cotutelle entre l’Université de Montpellier et la James Cook University en Australie. Ses travaux, qui croisent écologie et sciences sociales, lui ont valu le Prix de thèse 2020 de l’Institut Océanographique de Monaco.


Elle est aujourd’hui l’autrice ou coautrice de 43 publications scientifiques. Son parcours à l’international l’a conduite à mener des recherches en Méditerranée, dans l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique.


Parallèlement à ses activités scientifiques, Eva Maire s’engage pour la transmission des savoirs et l’égalité en science. Elle a dispensé plus de 300 heures d’enseignement, formé des étudiants notamment au Kenya et participe régulièrement à des actions de médiation scientifique en France et à l’international.

Le parcours de Maïmouna Bocoum

Chargée de recherche au CNRS depuis 2018, Maïmouna Amandine Bocoum travaille à l’Institut Langevin à Paris, où elle développe des techniques d’imagerie acousto-optique pour des applications biomédicales in vivo, en combinant optique et ultrasons.


Docteure en physique de l’École Polytechnique, elle s’est spécialisée dans l’étude des lasers femtosecondes et des plasmas denses. Diplômée de l’ENSTA Paris et titulaire d’un master en fusion nucléaire, elle a ensuite réalisé un post-doctorat à l’Institut Langevin et contribué à l’infrastructure laser européenne Extreme Light Infrastructure – Attosecond Light Pulse Source.


Lauréate d’une bourse Marie Skłodowska-Curie Actions en 2023-2024, elle a mené des recherches au Niels Bohr Institute sur les capteurs quantiques appliqués à la détection des ondes gravitationnelles, en collaboration notamment avec Caltech et LIGO.

Très engagée dans la diffusion scientifique et la promotion des femmes en science, elle encadre des étudiants et intervient en milieu scolaire.

Le parcours de Kristel Chanard

Chargée de recherche à l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), Kristel Chanard mène ses travaux à l’Institut de Physique du Globe de Paris, où elle étudie les liens entre climat, ressources en eau et déformations de la Terre.


Ancienne élève de l’École Normale Supérieure, elle a soutenu en 2015 une thèse en géophysique en collaboration avec le California Institute of Technology. Spécialiste de l’hydrogéodésie, elle a contribué au développement de ce domaine et reçu plusieurs distinctions internationales de l’European Geosciences Union, de l’American Geophysical Union et du Centre national de la recherche scientifique.


Après un post-doctorat à l’Université de Lausanne, elle a choisi de poursuivre ses recherches en France malgré une proposition de poste à l’Université de Californie à Berkeley.


Engagée pour l’égalité et la diversité dans les sciences, Kristel Chanard participe à des actions de médiation, de mentorat et de formation pour encourager les jeunes filles et les publics sous-représentés à s’orienter vers les carrières scientifiques.

Le prix "Jeune Femme scientifique"

Le prix "Jeune Femme scientifique" concerne les femmes ayant soutenu leur thèse depuis moins de 10 ans.

Il met en valeur et encourage une jeune femme qui se distingue par un parcours et des travaux qui en font une spécialiste de talent dans son domaine. Sa dotation est de 15 000 €.

 

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