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Institut de chimie séparative de Marcoule : vers une filière nucléaire durable

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Logo de l'Institut de chimie séparative de Marcoule

L'Institut de chimie séparative de Marcoule a été inauguré par Valérie Pécresse, le 11 juin 2009. Il s'inscrit tout naturellement dans la logique du Grenelle de l'environnement  car la chimie séparative permet de mieux gérer les déchets nucléaires et d'utiliser la totalité de l'énergie présente dans le combustible. Il s'agit de développer une filière nucléaire durable.

Discours - 1ère publication : 11.06.2009 - Mise à jour : 11.06.0009
Valérie Pécresse

Monsieur le Président (Georges FRECHE),
Monsieur le Député (Jean-Marc ROUBAUD),
Monsieur l'Administrateur général (Bernard BIGOT),
Madame la Présidente de l'Université de Montpellier 2 (Danièle HERIN),
Monsieur le Préfet (Claude BALAND),
Monsieur le Recteur (Christian PHILIP),
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

Je suis particulièrement heureuse d'être parmi vous ce matin pour l'inauguration de l'Institut de chimie séparative de Marcoule. Ici, en effet, un nouveau centre est né, où recherche, enseignement et industrie s'auto-entretiennent, où recherche fondamentale et recherche finalisée s'entrecroisent, où organismes de recherche, écoles, universités et entreprises travaillent main dans la main pour faire émerger les plus beaux projets.

L'ambition de ce centre est au cœur des défis que notre société doit relever aujourd'hui. La chimie séparative est en effet ce qui permet, in fine, de mieux gérer les déchets nucléaires et d'utiliser la totalité de l'énergie présente dans le combustible nucléaire, et non seulement un dixième comme c'est le cas dans nos centrales aujourd'hui. La chimie séparative est donc le moyen de limiter l'accès aux ressources pour une production d'énergie équivalente. C'est un verrou technologique majeur pour développer une filière nucléaire durable.

Votre projet s'inscrit tout naturellement dans la logique du Grenelle de l'environnement pour lequel le Président de la République a décidé de consacrer un milliard d'euros supplémentaires pour les seuls aspects recherche. Et comme il l'a précisé mardi dernier à l'Institut national de l'énergie solaire, cet engagement ne doit pas se faire au dépend de notre filière nucléaire.

C'est donc un double encouragement que je vous apporte aujourd'hui, au titre du développement durable et au titre du nucléaire. Ce double encouragement s'accompagne d'un engagement, sur le long terme, de vous accompagner tout au long de vos travaux, depuis la construction des bâtiments jusqu'au démantèlement des installations nucléaires pour lequel l'Etat assurera pleinement les financements nécessaires.

L'Institut de chimie séparative de Marcoule s'inscrit aussi dans la « Fédération de chimie Balard Languedoc-Roussillon » parce que vous savez qu'on ne peut relever seul les défis de notre temps. Parce que vous savez qu'il faut aujourd'hui mutualiser les moyens techniques pour augmenter les synergies. Parce que vous savez qu'il faut tirer partie de la proximité du pôle de compétence mondial en matière nucléaire de Marcoule.

Vous avez l'ambition de faire du pôle chimie Balard pour le développement durable une référence aux niveaux français et européen pour la recherche, l'enseignement et le développement économique. Vous avez pour cela noué des partenariats avec de nombreux organismes étrangers prestigieux comme l'Institut Max Planck de Potsdam ou l'Institut de physico-chimie de Moscou.

Il était donc naturel que l'Etat et la région Languedoc-Roussillon vous accompagnent tout au long de ce projet avec un financement de près de 13 millions d'euros, avec le CNRS et le CEA. Vous bénéficiez aussi des synergies avec le pôle de recherche et d'enseignement supérieur Université Montpellier Sud de France que j'ai décidé de doter de 325 millions dans le cadre de l'Opération campus et dont les statuts ont été publiés hier.

Monsieur le Président (Georges FRECHE) ces différents projets sont structurants pour la région et je vous remercie encore du soutien que vous leur avez apporté. Je serai heureuse qu'au vu de l'engagement sans précédent de l'Etat, l'ensemble des collectivités locales renforcent encore leur participation pour faire du pôle montpelliérain un pôle fort et visible au niveau international, pour la recherche, pour la formation et pour le développement économique.

* * *

Car c'est là une autre force du projet qui nous rassemble aujourd'hui : réunir constamment et partout les trois sommets du triangle de la connaissance. Ici, à l'Institut de chimie séparative de Marcoule, se côtoieront des étudiants de la licence au doctorat, des professionnels en formation continue, des chercheurs du plus haut niveau mondial et des entreprises innovantes. Voilà un bel exemple d'intégration !

Une aile du bâtiment de l'Institut est ainsi dédiée à l'antenne de Marcoule de l'INSTN, l'Institut national des sciences et techniques nucléaires, qui forme les futures générations de professionnels du nucléaire, que ce soit pour la production ou pour l'innovation et la recherche.

Votre projet de formation, mesdames et messieurs, s'inscrit également dans le plan national de promotion des formations aux métiers du nucléaire que le Président de la République m'a demandé de mettre en place pour que nous soyons au rendez-vous des nouveaux développements de centrales. En effet, avec le départ à la retraite prochain de nombreux professionnels de la filière, avec la construction de nouveaux réacteurs, en France et à l'étranger, nos entreprises ont besoin de nombreuses formations et de nombreuses vocations.

Avec l'aide de Bernard BIGOT, que je tiens à remercier tout particulièrement aujourd'hui, nous avons mis en place le Comité de coordination des formations aux sciences et techniques nucléaires. Ce comité, lieu de dialogue entre organismes de formation, entreprises et organismes de recherche dans le domaine nucléaire, a identifié des mesures concrètes pour accélérer la formation des générations futures.

Déjà, de nombreuses filières dans les universités et les écoles se sont développées, en particulier le master « Chimie séparative, matériaux et procédés » que vous avez créé ici. Les acteurs industriels de leur côté renforcent la promotion des métiers du nucléaire et de l'énergie en général, que ce soient des métiers de production ou des métiers de recherche.

* * *

Car il n'est pas de recherche sans hommes et femmes totalement engagés et passionnés. Pour attirer les meilleurs vers les métiers de la recherche, j'ai justement mis en place le « plan carrière » qui concerne tous les moments clefs des carrières et pour lequel l'Etat consacrera 252 millions d'euros.

Ce plan permet de limiter les goulets d'étranglements que sont les changements de grade et qui génèrent trop souvent frustration et tentation de départ. Ce plan permet de renforcer l'attractivité des débuts de carrière avec le nouveau contrat doctoral pour les doctorants, et l'augmentation des salaires des jeunes maîtres de conférences de 12 à 25% dès l'année prochaine. Ce plan, ce sont enfin des primes allant jusqu'à 15 000 € par an qui seront attribuées sur des critères d'excellence scientifique ou d'excellence pédagogique.

Je suis aussi très attachée à assurer la relève tout en garantissant un très haut niveau de recrutement dans la recherche. Il faut pour cela donner une visibilité sur l'emploi scientifique public pour les dix prochaines années, discipline par discipline. J'ai donc lancé, avec l'ensemble des acteurs, une analyse prospective de l'emploi scientifique qui donnera la visibilité nécessaire et permettra d'éviter les recrutements par à-coups.

* * *

Au-delà de la recherche et de la formation, nous devons nous assurer que le lien avec les entreprises est tissé de manière la plus intime et sur le long terme. Pour cela, la co-habitation sur un même site, sur un même campus, est indispensable. C'est une réussite du CEA sur certains de ses centres, réussite qui doit être généralisée, Monsieur l'Administrateur général (Bernard BIGOT), à l'image de l'écosystème gagnant qui a été créé ici à Marcoule. Dès 2007, le pôle de compétitivité Trimatec soutenait la création d'une résidence de 70 appartements pour chercheurs à Bagnols-sur-Cèze.

Aujourd'hui, Trimatec s'implante directement sur le parc Marcel Boiteux, avec une pépinière d'entreprises, une plateforme de transfert de technologies et un centre de formation. L'institut de chimie séparative a d'ailleurs été implanté volontairement en dehors du site clôturé du CEA pour en faciliter l'accès. Les entreprises pourront donc facilement accéder aux compétences des chercheurs publics et bénéficier de 60% de réduction au titre du crédit impôt recherche pour leurs contrats partenariaux.

Car le triplement du crédit impôt recherche mis en place dès 2008 et que les entreprises connaissent bien aujourd'hui, s'accompagne aussi de mesures en faveur de la recherche partenariale et de l'embauche de jeunes docteurs : pour ces différentes dépenses, le crédit d'impôt de 30% est doublé.

Et pour simplifier encore le transfert entre recherche publique et entreprises, nous avons publié hier un décret qui désigne l'hébergeur des unités mixtes de recherche, c'est-à-dire la plupart du temps l'université, comme gestionnaire unique des brevets. Cette disposition technique était indispensable, en particulier quand certaines unités, souvent les meilleures, devaient composer avec cinq tutelles, donc cinq politiques de valorisation différentes, pour négocier des licences.

Toutefois, pour éviter de pénaliser les dynamiques positives où des accords préexistaient, comme ici à l'Institut de chimie séparative de Marcoule, le décret s'efface devant la logique conventionnelle qui a été la vôtre et qui suffit pour simplifier la gestion et la propriété des brevets.

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Mesdames et messieurs, vous le voyez, votre projet s'intègre parfaitement dans la politique que je mène au Gouvernement : politique de décloisonnement entre recherche, formation et industrie, politique de promotion de la recherche et des métiers de chercheur et d'enseignant-chercheur.

Permettez-moi donc de vous dire encore tout mon soutien et tous mes encouragements pour ce beau projet qui met clairement la chimie fondamentale, les applications industrielles et la formation au service les uns des autres.

Je vous remercie.

1ère publication : 11.06.2009 - Mise à jour : 11.06.0009

L'Institut de chimie séparative de Marcoule

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