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Un CNRS ouvert et stratège pour le XXIe siècle

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Créé  il y a 70 ans, le CNRS est le symbole de l’excellence scientifique française. En s’ouvrant constamment à de nouveaux partenaires (universités, organismes  de  recherche,  partenaires privés), il a irrigué l’ensemble de notre système de recherche et, à travers lui, la société et l’économie française. En s’affirmant davantage comme agence de moyens, tout en continuant d’exercer ses responsabilités de tutelle scientifique, il consolidera, dans les années à venir, sa fonction de stratège au niveau national.

Discours - 1ère publication : 20.10.2009 - Mise à jour : 30.07.2012
Valérie Pécresse

Tribune de Valérie Pécresse

Dans quelques jours, le Centre national de la recherche scientifique fêtera ses 70 ans. Pour notre pays, c’est l’occasion de se souvenir de tout ce qu’il doit aux scientifiques du C.N.R.S.et de leur rendre l’hommage qu’ils méritent : sans eux, sans leur imagination, leur audace et leur engagement, la recherche française ne serait pas ce qu’elle est. Et nos vies non plus !

Le C.N.R.S. est présent sur tous les terrains de la conquête du savoir, du site archéologique de Karnak au coeur des galaxies. Rares sont aussi ceux qui, parmi nos plus grands scientifiques, ne sont pas passés à un moment ou à un autre par le C.N.R.S. George Charpak, Jean-Pierre Serre, Luc Montagnier, ou Jean-Pierre Vernant y ont trouvé l’environnement favorable dont ils avaient besoin pour mûrir, à un stade crucial de leur carrière, leurs projets scientifiques. Avec pour résultat, des avancées décisives pour la recherche fondamentale, mais aussi appliquée. Sans la spintronique d’un Albert Fert, les disques durs de nos ordinateurs et de nos baladeurs M.P.3 n’existeraient pas...  

A l’évidence, le choix politique fait il y a 70 ans d’investir massivement dans la recherche fondamentale et les progrès de la connaissance a largement tenu ses promesses. Partout dans le monde, le C.N.R.S. représente l’excellence française : 27 % des chercheurs qu’il a recrutés en 2009 étaient d’origine étrangère. C’est dire la force d’attraction qu’il exerce.

Ce succès même lui crée des obligations. En tout premier lieu, celle de constamment s’ouvrir à de nouveaux partenaires, en luttant contre la tentation de se suffire à lui-même parce qu’il englobe toutes les disciplines. Car sa première vocation, c’est d’irriguer l’ensemble de notre système de recherche et, à travers lui, la société et l’économie françaises. Le C.N.R.S. a toujours su prendre des risques pour faire émerger les nouveaux talents, les nouvelles théories et les nouvelles technologies : nous devons permettre aux étudiants, aux entreprises, mais aussi à la société française d’en bénéficier plus directement encore.

C’est pourquoi un partenariat renforcé doit désormais unir le C.N.R.S. à nos universités. Car c’est dans ces dernières qu’a lieu la rencontre des chercheurs et des enseignants-chercheurs avec les étudiants : nos scientifiques peuvent alors leur transmettre leur passion de la recherche et de l’innovation et faire ainsi naître les vocations dont notre pays a tant besoin. Nos universités autonomes ont vocation à devenir des acteurs puissants de notre recherche. Le C.N.R.S. doit les y aider.

Depuis sa création, le C.N.R.S. n’a cessé de tisser des liens de plus en plus étroits avec l’enseignement supérieur. Les unités mixtes en sont la meilleure preuve : elles sont le lieu où convergent les projets scientifiques de nos organismes et de nos universités. C’est aussi dans ces unités mixtes que se forge une culture commune aux chercheurs et aux enseignants-chercheurs. A mes yeux, elles sont les composants élémentaires de notre système de recherche et le socle sur lequel ce nouveau partenariat pourra aisément se construire. C’est pourquoi je veux les conforter en allégeant les formalités administratives inutiles qui compliquent la vie quotidienne des chercheurs et en instaurant une évaluation unique externe par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur.
Au travers de ces unités, ce qui se joue en effet, c’est le rôle même du C.N.R.S. : s’engager dans la durée auprès des universités et le faire autour de projets ambitieux. C’est la raison pour laquelle j’ai tenu à créer les chaires mixtes universités-organismes, avec un recrutement conjoint, pour faire de cet engagement le ferment de l’excellence individuelle et collective. En s’affirmant davantage comme agence de moyens, tout en continuant à exercer ses responsabilités de tutelle scientifique, le CNRS sera renforcé dans sa fonction de stratège au niveau national.

Cette mission est au cœur de sa réorganisation en dix instituts. Parce qu’ils incarneront des disciplines fortes, ces instituts pourront financer les meilleurs laboratoires et cultiver une véritable et indispensable interdisciplinarité. Ils feront également vivre le dialogue stratégique que le C.N.R.S. entretient avec ses partenaires universitaires, mais aussi avec le monde économique. Je m’engage à ce que les moyens financiers soit au rendez-vous de ce cette nouvelle organisation.

Ce rôle de stratège, le C.N.R.S. doit bien évidemment l’assumer en lien étroit avec les autres organismes de recherche. C’est tout l’objet des alliances qui unissent désormais l’ensemble des acteurs scientifiques dans le domaine des sciences de la vie ou dans le secteur de l’énergie et bientôt, je l’espère, autour de l’informatique. Leur but est simple : coordonner notre effort de recherche pour répondre aux grands défis de notre temps, dans des domaines clés où elle apparait trop fragmentée. Car, qu’il s’agisse de développer des nouvelles sources d’énergie renouvelables ou de répondre dans l’urgence à l’apparition d’une nouvelle épidémie, une chose est certaine : les progrès de la recherche s’accéléreront si nos chercheurs et enseignants-chercheurs unissent leurs forces et définissent ensemble des plans d’action conjoints.

Ces progrès seront plus rapides encore si le C.N.R.S. dynamise sa politique de propriété industrielle pour faciliter les transferts de technologies vers l’économie, marquant ainsi son entrée dans l’ère de l’innovation ouverte. Pour accompagner les entreprises qui se créent en son sein ou avec lui, le C.N.R.S. devrait dans des délais brefs leur proposer des droits privilégiés sur les brevets, car c’est souvent leur seule chance de trouver les capitaux indispensables à leur développement et leur croissance.

Car c’est de la recherche fondamentale et finalisée que dépend notre avenir. C’est vrai en matière de développement économique et d’emploi, mais c’est vrai aussi pour la qualité de vie, la santé ou l’environnement. Ces grands défis sont au coeur de la Stratégie nationale de recherche et d’innovation élaborée en étroite concertation avec l’ensemble de la communauté scientifique. Nombreux sont les chercheurs du C.N.R.S. qui s’y sont impliqués. Cette stratégie fixe le cap de l’action de l’État en matière de recherche pour les années qui viennent.

Avec le Grand emprunt, nous tenons une occasion unique de transformer cette vision stratégique en projets concrets. S’ils sont retenus, le C.N.R.S. sera au cœur de leur mise en œuvre : observatoires de l’environnement, chimie verte, photovoltaïque, supercalculateur, e-science, c’est grâce au CNRS et à la recherche que nous accomplirons un saut scientifique et technologique dans le XXIe siècle. Peut-on rêver plus belle façon de fêter dignement l’anniversaire du premier de nos organismes scientifiques ?

 

Valérie Pécresse
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

1ère publication : 20.10.2009 - Mise à jour : 30.07.2012

Voir aussi le discours prononcé lors du colloque du 19/10 organisé pour les 70 ans du CNRS

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Les vidéos du colloque du 19/10/2009

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