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[ARCHIVES] Discours

Vers une coopération mondiale dans les domaines de l'exploration et de l'observation spatiales

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legion-honneur-JD-Wörner© Philippe Devernay

A l'occasion de la remise des insignes de la Légion d'honneur à Johann-Dietrich Wörner, président du Directoire du Centre aérospatial allemand (D.L.R.), la ministre a fait part de son souhait de permettre à l’Europe de tenir compte du changement de cap de la politique spatiale américaine pour lancer une véritable coopération mondiale dans les domaines de l’exploration et de l’observation.

Discours - 1ère publication : 4.02.2010 - Mise à jour : 4.02.0010
Valérie Pécresse

 

legion-honneur-JD-Wörner
© Philippe Devernay

 

 

Cher Professeur Johann-Dietrich Wörner,

 

C’est pour moi une grande joie et un grand honneur de vous accueillir aujourd’hui au sein de mon ministère pour vous remettre, au nom du Président de la République, les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur.

Je me réjouis que cette reconnaissance de la France à votre égard intervienne en marge du premier Conseil des Ministres franco-allemand depuis les élections législatives du 27 septembre dernier en Allemagne.
Car si la République française a choisi de vous décerner sa plus haute distinction, c’est non seulement en raison de votre grand mérite scientifique mais également pour votre engagement personnel, depuis de longues années, au service de la coopération franco-allemande.

Votre parcours scientifique, Monsieur le Professeur, est particulièrement impressionnant : votre formation universitaire s’est effectuée entre Berlin, de 1973 et 1975, et votre Land d’origine, la Hesse, à l’Université technique de Darmstadt, où vous obtenez en 1979, le titre d’Ingénieur en génie civil.

Après avoir exercé au sein d’un bureau d’études, vous partez au Japon pour un séjour de recherche sur la sureté sismique, puis, de retour à Darmstadt, vous recevez brillament en 1985 le titre de Docteur de l’Université technique.

Dès 1990, vous êtes nommé Professeur et Directeur du centre d’essais de l’Université de Darmstadt.

La même année, vous accédez à la Présidence du Conseil scientifique de l’Institut de construction en verre de Gelsenkirchen.

En 1992, vos pairs vous élisent Doyen de la faculté de Génie Civil de l’Université de Darmstadt, université dont vous devenez le Président trois ans plus tard.

Pendant votre présidence, vous transformez l’Université de Darmstadt jusqu’à en faire une des meilleures universités techniques d’Allemagne.

Vos fonctions vous conduisent naturellement en 2002 à entrer dans le Directoire du D.L.R., le prestigieux Centre aérospatial allemand, membre influent du vaisseau amiral de la recherche publique fédérale allemande que constitue la Communauté Helmholtz.

Votre investissement au sein du D.L.R. vous amène en mars 2007 à en devenir le Président.

A peine arrivé à la tête du Centre, vous donnez priorité à la coopération avec la France. Votre francophilie n’est pas un secret puisque, depuis 2000, vous êtes membre du Conseil d’Administration de l’Ecole centrale de Paris.

Vous prenez rapidement contact avec le Président Directeur-Général du CNES, Yannick d’Escatha, pour relancer la coopération entre les deux agences.

Vous en dynamisez les coopérations en instaurant une coordination régulière sur les programmes de l’Agence spatiale européenne ainsi que sur les grandes questions politiques.

Se noue alors, entre Yannick d’Escatha et vous même, une relation franche, régulière et pleine de confiance qui se traduit par des positions conjointes dans les enceintes de l’Agence spatiale européenne et de l’Union européenne.

A la fin de l’année dernière, par exemple, vous décidez la mise en place d’un groupe de travail pour définir les éléments d’une mission franco-allemande sur le climat. En quelques mois, ce groupe définit les caractéristiques d’un futur satellite franco-allemand de mesure depuis l’espace du méthane dans l’atmosphère. Le projet CHARM est né. Il est le résultat de la volonté partagée de nos deux pays de s’investir ensemble sur un projet spatial dédié à l’étude du changement climatique et il sera annoncé tout à l’heure lors du Conseil des ministres franco-allemand. Je tiens d’ores et déjà à vous remercier pour ce beau résultat.

Cher Jan Wörner,

Votre engagement constant renforce, de manière très concrète, on vient de le démonter, le rôle moteur du couple franco-allemand dans la contruction d’une véritable politique spatiale européenne. Cela n’est pas sans rappeler le rapprochement des équipes françaises et allemandes pour préparer le lancement, en 1974, du satellite franco-allemand de télécommunications Symphonie-A, dont Hubert CURIEN disait qu’il avait servi de "catalyseur à la volonté européenne de disposer d’un grand lanceur".

Le Conseil des ministres franco-allemand d’ajourd’hui, tout comme cette cérémonie ce matin, permet de rappeler combien notre coopération bilatérale est fondamentale à la définition d’une ambition spatiale européenne au service de nos concitoyens.

C’est bien entendu un outil scientifique et technologique, source d’innovation dans tous les secteurs de l’économie. Mais c’est aussi l’affirmation d’une volonté politique et stratégique majeure, tant au travers de ses programmes civils que ses applications duales.

Je souhaite que cette coopération dans le domaine spatial puisse encore se renforcer dans les mois qui viennent.

C’est en effet ensemble, avec le soutien de l’Agence spatiale européenne, que nous renforcerons le rôle de l’Union européenne comme puissance spatiale à part entière.

C’est ensemble que nous garantirons un accès européen autonome et indépendant à l’Espace, en améliorant toujours notre lanceur Ariane 5 et en préparant une nouvelle génération de lanceurs. 

C’est ensemble, enfin, que nous permettrons à l’Europe de tenir compte du changement de cap de la politique spatiale américaine pour lancer une véritable coopération mondiale dans les domaines de l’exploration et de l’observation.

Pour toutes ces raisons, je vous encourage, cher Professeur Wörner, à poursuivre ce travail commun si fructueux entre le D.L.R. et le CNES. Soyez assuré de mon plein soutien pour l’encourager et le prolonger au niveau politique.

Monsieur le Président, Cher Professeur Wörner,

c’est sur cette perspective d’avenir que je souhaite conclure mon propos. Je me réjouis de vous voir œuvrer, depuis longtemps et pour de nombreuses années encore, pour le rapprochement essentiel des communautés scientifiques de nos deux pays.

De nombreux amis et partenaires ont tenus à être présents aujourd’hui pour vous remercier pour la qualité des relations qu’iIs entretiennent avec vous et pour votre engagement personnel pour la relation franco-allemande.

Il était donc tout à fait naturel que la République française vous marque sa profonde reconnaisssance.

 

 Cher Professeur Johann-Dietrich Wörner,

Au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d’Honneur.

 

1ère publication : 4.02.2010 - Mise à jour : 4.02.0010
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