Compétences dans l'enseignement supérieur : les apports de la recherche

Compétences dans le supérieur : comment articuler certification, liberté pédagogique et évaluation des pratiques ? Trois repères pour les équipes des établissements. Le 1er octobre, la DGESIP organisait la journée « L'université à l'ère des compétences. Approches scientifiques des transformations de l'enseignement supérieur ».
 

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Les objectifs de cette rencontre : 

  • Mettre en dialogue recherche, administration et expériences des établissements pour éclairer les apports et les limites des approches par les compétences.
  • Distinguer certification et choix pédagogiques
  • L'articulation entre certification et formation répond à des exigences réglementaires. Dans ce cadre, les établissements choisissent les méthodes et les outils pédagogiques qu'ils mobilisent.
  • Examiner les effets des pratiques

Les interventions scientifiques ont souligné l'importance d'évaluer les effets des démarches sur la réussite étudiante, en tenant compte des publics et des contextes d'enseignement. L'enjeu est aussi d'éviter d'aggraver les inégalités entre étudiants.

Les échanges ont également porté sur le rôle des ingénieurs pédagogiques dans l'accompagnement des équipes enseignantes, leur place dans les établissements et la pérennisation des transformations. Ces questions font partie des conditions concrètes de mise en œuvre des démarches pédagogiques. 

Le projet de recherche PROPEDASUP, présenté lors de la journée, vise notamment à dresser un panorama national des services, des métiers et des emplois dédiés à l'accompagnement des transformations pédagogiques.

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Ouverture institutionnelle

Intervention d’Olivier Ginez, directeur général de l’enseignement supérieur

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Les points clés à retenir : Dans son discours d’ouverture, le directeur général de l’enseignement supérieur invite à prendre du recul sur les transformations liées aux compétences dans l’enseignement supérieur, à la lumière des travaux de recherche. Il rappelle notamment la distinction entre les exigences nationales en matière de certification et la liberté des équipes pédagogiques de choisir leurs méthodes et leurs outils. L’objectif : mieux comprendre les effets de ces transformations et éclairer le pilotage des politiques publiques par les apports de la recherche.

Intervention de Coralie Chevalier, Présidente du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres)

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Les points clés à retenir : La présidente du HCERES présente l’évolution des modalités d’évaluation de la qualité des formations, dans le cadre de la récente refonte plus large des méthodes de l’institution, visant des procédures simplifiées, plus souples et plus respectueuses de l’autonomie des établissements. Dans ce contexte, l’approche par compétences ne constitue plus une exigence en tant que telle. Les nouveaux critères s’inscrivent dans le cadre des textes qui reconnaissent aux établissements la liberté de choisir leurs méthodes pédagogiques. Ils les invitent à expliciter la cohérence de leurs choix et la manière dont ils articulent certification et formation au regard de leur politique de formation, sans privilégier une approche pédagogique particulière.

Intervention de Joël Ruiz, Président de la Commission de la Certification Professionnelle de France Compétences

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Les points clés à retenir : Dans son intervention Joël Ruiz rappelle que les diplômes et certifications constituent des repères collectifs de qualification et de compétences, essentiels pour les individus comme pour les employeurs. Leur crédibilité suppose de préserver les savoirs fondamentaux, la cohérence des diplômes et d’éviter l’émiettement des certifications. Elle repose aussi sur une distinction claire entre certification, qui reconnaît une qualification, et formation, qui constitue l’une des voies pour l’acquérir : les niveaux de qualification ne se confondent donc pas avec des durées d’études. Cette distinction garantit des repères communs tout en préservant la diversité des parcours et voie possible pour valider une certification.

Conférence d'ouverture

Conférence de Benoît Galand, docteur en psychologie et Professeur en sciences de l'éducation à l'Université catholique de Louvain (UCL)

L’effet des méthodes pédagogiques dans la réussite à l'université : quels apports de la recherche ?

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Les principaux éclairages : L’intervention de Benoît Galand souligne la nécessité d’une approche intégrative de la réussite universitaire, attentive aux interactions entre les caractéristiques des étudiants, les programmes, les modalités d’évaluation et les pratiques enseignantes, dont les effets doivent être mieux documentés. Elle invite également à interroger les conditions de développement des compétences : l’entrée par la complexité suppose une maîtrise préalable des savoirs et savoir-faire qui les composent, ainsi qu’une progression adaptée aux acquis des étudiants. L’enjeu est de ne pas présupposer des capacités qui ne sont pas encore construites, au risque de laisser certains étudiants à l’écart des apprentissages visés.

Table ronde

Les transformations pédagogiques de l’enseignement supérieur : effets et enjeux pédagogiques

Animation et introduction : Hélène Buisson-Fenet, Directrice de recherche au CNRS et membre du réseau thématique Recherches autour des questions d’éducation 

Participants :

  • Jean-François Giret, Directeur général du Céreq
  • Cathy Perret, Ingénieur de recherche HDR à l’IREDU, Université Bourgogne Europe 
  • Laurent P. Ferrier Maître de conférences en psychologie expérimentale et cognitive à l’Université Sorbonne Paris Nord 
  • Béatrice Delay, Cheffe de projet étude-évaluation à France compétences, chercheuse associée au CNAM

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Les points à retenir : Cette table ronde a souligné l’intérêt d’un dialogue renforcé entre recherche et pratiques d’accompagnement pédagogique, afin de mieux comprendre les effets des méthodes mobilisées selon les contextes, les publics et les objectifs poursuivis. Les échanges ont mis en lumière la richesse des démarches pédagogiques, mais aussi l’importance de disposer de travaux rigoureux pour en éclairer les apports, les conditions de mise en œuvre et les éventuelles limites. Ils ont ainsi ouvert une réflexion sur la manière dont les services d’appui à la pédagogie peuvent mobiliser les résultats de la recherche pour enrichir leurs pratiques et accompagner au mieux la diversité des équipes enseignantes et des étudiants.

Présentation du projet PROPEDASUP

Julie Denouël, Professeur en sciences de l'éducation à l’université de Rennes, directrice du projet PROPEDASUP (Professionnels des transformations pédagogiques dans l’enseignement supérieur : métiers, missions, savoirs) mené par le Centre de Recherche sur l’Éducation, les Apprentissages et la Didactique (CREAD) 

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Les principaux éclairages : Le projet PROPEDASUP constitue un levier d'analyse stratégique pour décrypter les mutations profondes des universités françaises. En documentant la manière dont les réformes actuelles redéfinissent l'organisation du travail et font émerger de nouveaux métiers, notamment dans les services d'appui à la pédagogie. En croisant des approches statistiques et des enquêtes de terrain, cette recherche offre une grille de lecture inédite sur les coopérations et les tensions qui traversent la communauté universitaire face aux impératifs d'innovation. L'intérêt majeur de PROPEDASUP réside dans sa capacité à produire des données scientifiques rigoureuses pour éclairer les politiques publiques et les transformations en cours dans l’enseignement supérieur.

Table ronde

Les transformations pédagogiques de l’enseignement supérieur : effets et enjeux institutionnels

Animation et introduction : Laurent Autrique, conseiller scientifique et pédagogique au MESRE

Participants : 

  • Lydie Ancelot, Vice-Présidente Formation de l’Université de Poitiers 
  • Marc Oddon, Vice-Président Formation tout au long de la vie et Apprentissage de l’Université Grenoble-Alpes et directeur du NCU FLEXI TLV 
  • Chrystel Jeandot, Présidente de la section France de l’Association Internationale de Pédagogie Universitaire (AIPU)
  • Claude Maranges, Vice-Président délégué à la Stratégie formation et vie étudiante de l'Université de Toulouse 

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Les points clés à retenir : Cette table ronde a exploré les effets de la mise en avant des compétences sur l’organisation et le pilotage de l’offre de formation, les relations des établissements avec leur territoire et l’évolution de leurs services et ressources humaines. Les échanges ont montré que les transformations engagées dépendent d’une pluralité de facteurs — portage politique, organisation interne, partenariats territoriaux et moyens mobilisés — et que leur pérennisation suppose de les inscrire dans une stratégie d’établissement au-delà des financements ponctuels.

Débat de clôture de la journée 

Animation et introduction : Géraldine Schmidt, conseillère scientifique et pédagogique au MESRE

  • Marie Duru-Bellat, Professeur de sociologie à l'Institut d'études politiques de Paris et chercheuse associée à l'Institut de recherche sur l’éducation de l’université de Bourgogne
  • Philippe Lemistre, Chercheur en sociologie au Céreq, UMR CNRS UTOPI, Université de Toulouse et Sciences Po Toulouse

Les points clés à retenir : Pour clôturer la journée, Marie Duru-Bellat et Philippe Lemistre interrogent les effets de la mise en avant des compétences sur la relation entre formation et emploi. Leurs échanges invitent à dépasser une conception mécanique de l’insertion professionnelle, qui ferait correspondre directement un diplôme à un emploi, et à questionner les effets de la valorisation des compétences sur les parcours des diplômés. Ils soulignent l’importance de l’accompagnement des étudiants pour que la valorisation de leurs compétences ne contribue pas à renforcer les inégalités