Datacentres de l’enseignement supérieur et de la recherche : des infrastructures pour concilier souveraineté, sécurité et transition écologique

Les datacentres nationaux et régionaux de l’enseignement supérieur et de la recherche structurent le paysage scientifique français. Leur labellisation, fruit d’une collaboration entre établissements, organismes de recherche et collectivités, modernise et sécurise les infrastructures numériques essentielles à la recherche, tout en répondant aux enjeux de durabilité et de résilience face à l’explosion des besoins en calcul et stockage.

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Crédit : MESRE

Consolider un système de production numérique

Les besoins numériques de la recherche, tels l'analyse de données massives, la simulation, le calcul intensif et l'intelligence artificielle, appellent des capacités de calcul, de stockage et de traitement d'un ordre de grandeur nouveau. Ils conditionnent la capacité même de la recherche française à conduire ses travaux.

Les infrastructures numériques répondant à ces besoins occupent donc une position pivot. Elles doivent proposer une offre de service adaptée aux communautés scientifiques. Les Datacentres Labellisés en Régions visent à consolider cette offre et à renforcer l'action publique au niveau régional.  

Une offre régionale mutualisée

Le référentiel de la labellisation demande de faire converger les moyens numériques des établissements vers une offre sécurisée, mutualisée, opérée en mode « cloud », dans un nombre restreint de sites à l'état de l’art. Cela permet de concentrer les investissements, de privilégier le recours à une offre partagée, et d'inscrire la démarche dans une trajectoire à cinq ans.

Pour les équipes de recherche, ce basculement change la pratique quotidienne, permet d’alléger la charge d'exploitation locale, et de libérer du temps et des ressources pour aller vers des tâches à plus forte valeur ajoutée au service de la recherche.

Dépasser l’offre d’hébergement sec

Un datacentre labellisé ne se réduit pas à une infrastructure physique : il constitue un réel système de production numérique régional. Il tire sa valeur de l'articulation de capacités humaines, techniques, financières et, de manière décisive, de coordination.

Cette dimension a des effets très concrets pour les producteurs et les usagers du numérique de la recherche qui disposent ainsi de niveaux de service définis, d’un support mutualisé, de compétences partagées à l'échelle régionale et de règles d'accès homogènes. Une offre professionnalisée pérenne remplace une multitude de solutions construites au cas par cas.

Une démarche exigeante et progressive

Le Comité de Labellisation, présidé par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, et rassemblant des représentants des organismes de recherche, des universités et de « Régions de France », apprécie chaque dossier selon six critères : 

  • clarté de la stratégie à cinq ans,

  • qualité de la gouvernance,

  • mutualisation et simplification de l'offre,

  • soutenabilité économique,

  • maintien et extension des services,

  • performance globale.

Accordée sous conditions avec une réévaluation intermédiaire, la labellisation certifie une trajectoire. L'instruction et le suivi associent plus précisément la Direction générale de la recherche et de l’innovation, les chefs de projet des Datacentres labélisés et les délégations régionales à la recherche, au plus près des réalités des sites. Ce travail collaboratif permet d'accompagner les projets régionaux dans la définition et la mise en œuvre de leur propre stratégie, au sein d’un cadre national cohérent.

en janvier 2026

13

datacentres régionaux ont été labellisés pour une durée de cinq ans

En janvier 2026, ce sont ainsi 13 datacentres régionaux qui ont été labellisés pour une durée de cinq ans, dont certains avec des réserves qui portent principalement sur la fermeture effective des salles machines locales, la consolidation financière et la formalisation juridique des gouvernances.

Sur le terrain, la bascule vers une offre mutualisée est donc progressive, pour assurer la continuité des services scientifiques en cours et assurer l'adhésion des communautés.

Un enjeu pour l’avenir 

Les principaux enjeux à venir portent sur la gouvernance et le modèle économique (structure juridique, coût complets, engagements pluriannuels), qui garantiront la pérennité des services annoncés.

« La campagne de labellisation menée en 2026 confirme une orientation : il est aujourd’hui nécessaire de doter la recherche française d'infrastructures et de services numériques mutualisés à la hauteur des besoins de l’ESR. », explique Laurent Crouzet, adjoint au délégué au numérique et aux données, et chef du département des politiques du numérique pour l’ESR, au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.

Dans cette optique, la campagne de labellisation menée en 2026 répond à cette priorité et dessine un réseau de datacentres régionaux ancrés dans les territoires et fédérés au niveau national, au service de la souveraineté, de la mutualisation et de la soutenabilité.