Henri Kagan récompensé par le Prix Nobel de chimie 2026

Le chimiste français Henri Kagan, professeur à l’Université Paris-Saclay, reçoit le Prix Nobel de chimie 2026, partagé avec le chercheur japonais Kenso Soai. Ce prix récompense leurs découvertes sur les effets non linéaires et l’autocatalyse en synthèse organique asymétrique. Leurs travaux ont contribué à transformer la manière dont les chimistes conçoivent et fabriquent des molécules, en particulier pour le développement de médicaments.
 

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Crédit : MESR

Un parcours au service de la chimie

Né en 1930, Henri Kagan est l’une des grandes figures de la chimie organique. Diplômé de l’École nationale supérieure de chimie de Paris, il débute sa carrière au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1954. Il prépare ensuite sa thèse au Collège de France, sous la direction du chimiste Jean Jacques, et la soutient en 1960.
En 1967, il devient maître de conférences à l’Université Paris-Sud, aujourd’hui Université Paris-Saclay, où il poursuit l’essentiel de sa carrière. Il y développe des recherches pionnières sur la catalyse asymétrique et la chiralité moléculaire, au sein de l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d’Orsay (ICMMO), associé à l’Université Paris-Saclay et au CNRS.
Élu membre de l’Académie des sciences en 1991, Henri Kagan a reçu de nombreuses distinctions au cours de sa carrière :

  • la médaille d’argent du CNRS en 1974,
  • la médaille Prelog en 1990,
  • le prix Wolf en 2001.
Crédit : Brigitte Eymann/Académie des Sciences

Les recherches d’Henri Kagan

Les recherches d’Henri Kagan portent notamment sur la chiralité, une propriété de certaines molécules qui existent sous deux formes. Bien que leur composition soit identique, ces formes peuvent avoir des effets différents dans les organismes vivants.
La maîtrise de cette propriété constitue un enjeu important pour la synthèse de médicaments. Grâce à la catalyse asymétrique, les chimistes peuvent favoriser la production d’une forme moléculaire plutôt que d’une autre.

Henri Kagan a notamment contribué à mettre en évidence les effets non linéaires, par lesquels un faible excès d’une forme d’un catalyseur peut entraîner une amplification de cette asymétrie dans le produit obtenu. Les travaux de Kenso Soai sur l’autocatalyse complètent ces avancées : dans ce phénomène, le produit d’une réaction favorise sa propre formation.

 

«  Les découvertes d’Henri Kagan ont profondément transformé notre compréhension et notre maîtrise des réactions chimiques.  »

Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace

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