Aurore Dupin, à la frontière de la chimie et du vivant

Chimiste reconnue dans la biologie de synthèse, Aurore Dupin est accueillie au centre de recherche Paul Pascal (CRPP) à Bordeaux dans le cadre du programme Choose France for Science.

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Aurore Dupin : Une chose que j'apprécie énormément dans le fait de travailler en Europe, en France particulièrement, c'est que j'ai accès à des talents qui viennent de toute l'Europe, à des étudiants en thèse, à des gens qui ont suivi des formations d'excellence. C'est vraiment très important pour nous d'être dans des environnements de recherche internationaux dans lesquels on peut réunir différents talents, différentes visions, différentes approches pour avoir une recherche très créative.

Je m'appelle Aurore Dupin, je suis chimiste et, dans ma recherche, je fais de la biologie de synthèse. L'idée est de créer des systèmes biologiques à partir de composants chimiques, de l'ADN, des protéines, de les assembler dans des systèmes qui ne sont pas vivants, mais dans lesquels on va pouvoir étudier des processus biologiques. Notre but est de mieux comprendre comment fonctionne le vivant.

J'ai fait mes études en France, en chimie, et à la fin de ma thèse, on m'a proposé un post-doctorat en Israël, au Weizmann Institute of Science. C'est l'un des instituts les plus à la pointe de la recherche fondamentale et appliquée au monde. J'y ai passé cinq années de post-doctorat, où j'ai pu réaliser des avancées importantes dans mon domaine.

Les deux dernières années, le conflit avec l'Iran a fait qu'il devenait de plus en plus difficile de poursuivre mes recherches. Notamment, le Weizmann Institute a été bombardé, le campus a immédiatement fermé et nous ne pouvions plus continuer nos travaux. C'est à ce moment-là que je me suis posé la question d'ouvrir un laboratoire de recherche et de poursuivre mes recherches en Europe.

Le programme Choose France for Science m'a donné l'opportunité de revenir en France pour ouvrir mon laboratoire et poursuivre mes thématiques de recherche, qui sont à la pointe de mon domaine, au même niveau que ce que je faisais auparavant.

De façon très pragmatique, ce programme me permet de soutenir les quatre prochaines années de mon laboratoire. Cela signifie acheter des équipements de recherche de pointe, spécifiques à mon domaine, dont j'ai besoin pour développer les systèmes sur lesquels je travaille. Cela me permet aussi de recruter des étudiants, des doctorants et des post-doctorants pour travailler sur ces sujets et faire avancer ces thématiques de recherche.

En parallèle, je suis soutenue par le CNRS et l'Université de Bordeaux. C'est un poste en CDI, ce qui me permet de prendre davantage de risques. Je peux travailler sur des sujets pour lesquels je n'ai pas besoin de démontrer une application immédiate dans l'année qui suit. Je peux poser des questions plus fondamentales. Cette capacité à prendre des risques et cette vision de la recherche à long terme sont rendues possibles par la stabilité que m'offre le CNRS.

Dans un monde où la science et les connaissances scientifiques sont de plus en plus remises en question, je trouve formidable de pouvoir travailler dans un environnement où la recherche scientifique est protégée, où l'on nous donne, au niveau européen, les moyens de mener nos recherches librement.

Comprendre le monde qui m'entoure, c'est ma passion. C'est pour cela que j'en ai fait mon métier. Et je trouve formidable de vivre dans un pays où l'on me donne la liberté de suivre cette passion.

De la chimie à la biologie de synthèse

Depuis 2025, Aurore Dupin est chercheuse au CNRS, accueillie au Centre de recherche Paul Pascal à Bordeaux. Elle y développe des recherches à l’interface de la chimie, de la physique et de la biologie, au sein de l’équipe Bio2.0, spécialisée dans les systèmes complexes inspirés du vivant. Chimiste de formation, Aurore Dupin s’est progressivement tournée vers la biologie synthétique, un domaine en pleine expansion qui vise à comprendre les mécanismes du vivant à partir de briques élémentaires.

La biologie synthétique consiste à concevoir et fabriquer des systèmes biologiques (comme des cellules ou des circuits génétiques) qui n’existent pas forcément dans la nature, ou à reprogrammer des organismes vivants pour leur donner de nouvelles fonctions. Grâce à la biologie de synthèse, il est notamment possible de créer des systèmes vivants en utilisant les briques chimiques de l’ADN.

« Notre but est de mieux comprendre comment fonctionne le vivant.  »

Aurore Dupin, chercheuse au Centre de recherche Paul Pascal

 

Une science ouverte et attractive : le rôle de « Choose France for Science »

Aurore Dupin a réalisé sa thèse en Allemagne à la Technische Universität München, où elle s’est intéressée à l’organisation spatiale de circuits génétiques dans des cellules artificielles. Elle a ensuite poursuivi un post-doctorat au Weizmann Institute of Science, travaillant sur les interactions antigène-anticorps à l’aide de dispositifs miniaturisés. Après cinq années passées en Israël au Weizmann Institute of Science, Aurore Dupin a décidé de revenir en France. Dans le cadre de Choose France for Science, elle est accueillie au centre de recherche Paul Pascal (CRPP) à Bordeaux.

« Choose France for Science me permet de soutenir les quatre prochaines années de mon laboratoire. Ce qui veut dire : acheter des équipements de recherche de pointe, des choses qui sont spécifiques à mon domaine de recherche, dont j’ai besoin pour développer les systèmes sur lesquels je travaille. Mais aussi pour pouvoir embaucher des étudiants, des étudiants en thèse, des post-doctorants.  »

Aurore Dupin, chercheuse au Centre de recherche Paul Pascal