Certification, formation et portfolio de compétences
La notion de compétence est de plus en plus utilisée ces dernières années dans l’enseignement supérieur. En fonction du sens qu’on lui prête et du rôle qu’on lui fait jouer, cette dernière ne renvoie toutefois pas, au sein des établissements, aux mêmes logiques. Il est important d’avoir en tête la distinction entre certification et formation.
De façon concomitante, la création des bureaux d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP) dans le cadre de la loi relative aux Libertés et aux Responsabilités des Universités (LRU) de 2007, a fait émerger le sujet des eportfolios et de la valorisation des compétences que les étudiants ont développées tout au long de leur formation. Sur ce sujet, on a vu apparaître une diversité de solutions techniques adaptées à des besoins pédagogiques toujours spécifiques et propres aux choix autonomes opérés par les établissements. Vous trouverez ci-dessous quelques éléments qui rappellent la nécessité de préserver la distinction entre la démarche et l’outil qui lui sert de support tout comme la diversité qui a permis aux établissements de s’emparer de ce sujet, chacun en fonction de ses propres besoins et configurations techniques et politiques locales.
Certification et formation : deux logiques à ne pas confondre
Dans le cadre de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, les établissements ont été confrontés à la révision des fiches RNCP des mentions de diplômes nationaux. Ce cadre légal, concernant l'enregistrement de droit, impose la mise en place d'une concertation spécifique via le comité de suivi des cycles Licence, Master et Doctorat (CSLMD). Par ailleurs, la loi impose que les référentiels des diplômes inscrits au RNCP soient libellés en blocs de compétences. Dans le même temps, certains établissements ont choisi, notamment dans le cadre d’appels à projets de type Nouveaux Cursus à l’Université (NCU), de travailler sur une refonte des programmes de formation par le biais de la méthode pédagogique que constitue l’approche par compétences (APC). Le croisement de ces deux phénomènes d’origines et de natures distinctes a suscité un certain nombre de questions, voire d’inquiétudes, dans les services. Vous trouverez dans cette rubrique des éléments qui vous permettront de distinguer ce qui relève du cadre de la loi et s’impose aux établissements (le volet certification, traduit par les fiches RNCP) et ce qui relève de la politique de formation (le choix de mettre en œuvre la méthode pédagogique de l’APC), donc de l’autonomie des établissements.
Journée "Les compétences dans l’enseignement supérieur : origine, diversité d’approches, cohérence"
En juin 2024, la DGESIP organisait une journée dédiée à la notion de compétences. Vous pourrez retrouver les replay de certaines interventions, et notamment celle d’Anne-Sophie Barthez qui avait rappelé la position très souple de la direction générale sur ce sujet, sur cette page.
Guide pratique "Articuler les logiques de certification et de formation"
Dans ce guide pratique, vous trouverez différents exemples d’articulation possible entre les fiches RNCP et des programmes de formation déclinés en approche par compétences. La diversité des exemples présentés souligne la nécessité d’aborder ce sujet en se tenant éloigné de toute forme de dogmatisme ou de recherche d’un modèle unique.
FAQ - Rôle et sens des blocs de compétences pour les diplômes nationaux
Cette foire aux questions vise à répondre de façon dynamique aux principales questions posées par les établissements relativement au sens et au rôle qu’ont les blocs de compétences présents dans les fiches RNCP des diplômes nationaux. Elle vise à éclairer la distinction entre certification et formation. Elle est appelée à être complétée régulièrement. Les sources d’information qui ont permis de répondre à ces questions sont : la DGEFP, la DGESIP, Centre Inffo, la CDSUFC, France compétences.
La démarche portfolio et la diversité irréductible des outils qui l’entoure
Si, d’un point de vue strictement règlementaire, l’approche par compétences et la notion de portfolio n’apparaissent explicitement que dans l’annexe 1 des arrêtés spécifiques aux programmes nationaux de BUT, un certain nombre d’enseignants et d’équipes pédagogiques testent désormais le recours à ce type de démarches pédagogiques et d’outils.
Sur ce sujet, il est important de distinguer la démarche de l’outil choisi. Le eportfolio, en tant qu’outil, est défini comme « un ensemble évolutif de documents et de ressources électroniques capitalisées dans un environnement numérique décrivant et illustrant l’apprentissage, les expériences, les compétences ou le parcours de son auteur au travers de différents flux d’informations. » (Livre Blanc de la démarche portfolio, DGESIP, 2013). La démarche renvoie quant à elle à la réflexion de l’étudiant sur les éléments qu’il rassemble tout au long de son parcours de formation et de ses engagements et expériences universitaires et extra-universitaires. Elle nécessite d’être accompagnée par un service dédié et/ou les enseignants de façon à ce qu’elle profite pleinement aux étudiants.
Dans les établissements, comme le montrent les résultats de l’enquête menée conjointement par la DGESIP et l’AMUE en début d’année 2025, il existe une diversité irréductible d’outils au service d’une diversité tout aussi irréductible de besoins et configurations techniques et pédagogiques locales. Chaque établissement est libre d’installer l’outil qui lui convient le mieux. Il n’existe aucun outil à vocation nationale sur ce sujet.