Publié le 13.04.2026

Comprendre et transformer les systèmes de réalité augmentée avec Oksana Shramkova

Chercheuse d’origine ukrainienne au parcours scientifique européen, Oksana Shramkova est lauréate du programme Choose France for Science. Forte de plus de vingt ans d’expérience en recherche postdoctorale, elle est accueillie au sein du laboratoire ICube à l’Université de Strasbourg. Ses travaux s’inscrivent au croisement de l’optique et des nanotechnologies, avec un objectif : améliorer les performances des dispositifs de réalité augmentée tout en réduisant leur encombrement.

Travailler au CNRS, c’est bien sûr très important pour ma carrière, ma carrière de physicienne. Mais il était aussi très important pour moi car depuis le début de la guerre en Ukraine, mes parents vivent ici en France. Et, bien sûr, c’est une excellente opportunité pour moi de vivre avec ma famille ici en France. J’ai passé le concours organisé par le CNRS l’année dernière. Et je suis très heureuse d’avoir enfin cette opportunité de travailler dans le milieu universitaire pour développer la recherche. C’est vraiment quelque chose de très important et de très intéressant pour moi. Mes recherches portent sur le développement d’un nouveau type de lentilles optiques plates pour les écrans en réalité augmentée Cet appareil est basé sur des méta-surfaces. Les méta-surfaces sont des réseaux de nano-éléments capables de manipuler et contrôler la propagation des ondes. Et l’objectif de mes recherches est simplement d’utiliser des méta-surfaces pour rendre ces dispositifs plus compacts. Et, pour améliorer les caractéristiques de ces appareils. Je viens d’Ukraine. Je suis diplômée de l’Université technique nationale d’Ukraine. Et, pendant plusieurs années, je travaillais dans le milieu universitaire, d’abord en Ukraine, et mon idée était vraiment de venir en France pour poursuivre ma carrière ici à l’université pour poursuivre ma recherche dans le milieu académique. J’aime mon travail avec le CNRS, car je peux développer une recherche fondamentale. Développer de nouvelles solutions, de nouvelles théories pour développer de nouvelles solutions pour différentes applications.

Docteure en radiophysique de l’Institut Usikov de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, elle a construit un parcours académique et industriel à l’échelle européenne et internationale, notamment au Royaume-Uni et en Grèce, ainsi qu’aux États-Unis. Elle a également travaillé dans l’industrie, contribuant au développement de composants optiques avancés pour les dispositifs de réalité augmentée. Cette double expérience, académique et industrielle, nourrit aujourd’hui ses recherches.


Lever les verrous des systèmes de réalité augmentée

Les dispositifs de réalité augmentée reposent sur des systèmes optiques miniaturisés capables de projeter des images dans l’œil tout en conservant la vision du monde réel. Ces technologies font encore face à plusieurs défis, notamment en matière de champ de vision et de fidélité des couleurs.

Le projet d’Oksana Shramkova vise à dépasser ces limitations en développant de nouvelles approches optiques capables de concilier ces exigences.

 

Une nouvelle génération de composants optiques

Conçues comme des éléments optiques compacts et multifonctionnels, les métasurfaces (structures ultrafines capables de manipuler la lumière à l’échelle nanométrique) pourraient remplacer des systèmes de lentilles plus complexes.

L’un des objectifs majeurs est la mise au point de métalentilles achromatiques, capables de focaliser simultanément les différentes couleurs de la lumière sur un même plan, afin d’éliminer les aberrations chromatiques et d’améliorer la qualité d’image.

 

Un environnement de recherche interdisciplinaire

Le laboratoire ICube, qui l’accueille, se distingue par son approche interdisciplinaire à l’interface entre sciences de l’ingénieur, informatique et imagerie. Cet environnement favorise le développement de technologies innovantes, notamment en photonique et en vision, en lien étroit avec des applications concrètes.

 

Vers des applications concrètes

Pour atteindre ces performances, la chercheuse explore des designs dits « free-form », reposant sur des nanostructures non périodiques et optimisées grâce à des méthodes de conception inverse. Cette approche permet de mieux contrôler la propagation de la lumière sur une large gamme de longueurs d’onde.

Fabriquées à partir de matériaux comme le silicium ou le dioxyde de titane, ces métasurfaces sont conçues pour être compatibles avec des procédés de fabrication à grande échelle.

Ses travaux s’appuient sur une expertise reconnue en modélisation électromagnétique et en structures photoniques, illustrée par plus de 140 publications scientifiques ainsi que plusieurs brevets. En développant des composants optiques plus compacts et plus performants, Oksana Shramkova contribue à l’émergence de dispositifs de réalité augmentée plus légers et plus efficaces, au service des technologies immersives de demain.

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