Le Prix Irène Joliot-Curie récompense six chercheuses exemplaires

Six chercheuses ont été récompensées à l’occasion de la 23e édition du Prix Irène Joliot-Curie en présence de Philippe Baptiste, ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

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Depuis sa création en 2001, le Prix Irène Joliot-Curie est destiné à promouvoir la place des femmes dans l’univers des sciences, de la recherche et de la technologie en France. À cette fin, il sert de modèle et de source d’inspiration pour les générations futures et met en avant l’excellence scientifique de femmes aux parcours remarquables. En plus de deux décennies, ce Prix a récompensé plus de 60 femmes scientifiques aux parcours exemplaires tant dans la recherche publique que privée, et ce dans toutes les disciplines scientifiques.

En 2020, à l’occasion des 20 ans du Prix Irène Joliot-Curie, le ministère a intégré le Prix spécial de l’engagement. Pour la quatrième année consécutive, il met en lumière la carrière d’une femme scientifique particulièrement investie dans la sensibilisation et l’orientation des jeunes filles et des jeunes vers les sciences. Il récompense des chercheuses pour leur carrière scientifique et pour leur engagement pour une grande cause.

Les lauréates récompensées à l’occasion de cette 23e édition sont1 :

  • Sylvie Méléard, professeure de mathématiques appliquées au Centre de Mathématiques Appliquées de l’École polytechnique, Prix de la femme scientifique de l’année ;
  • Aude Bernheim, chercheuse en microbiologie et en génétique à l’institut Pasteur, Prix de la jeune femme scientifique ;
  • Morgane Vacher, chargée de recherche CNRS en chimie au laboratoire CEISAM, Prix de la jeune femme scientifique ;
  • Marie Verbanck, Professeure Junior Inserm en statistique-génétique, Prix de la jeune femme scientifique ;
  • Kate Grieve, directrice de Recherche Inserm spécialisée en imagerie optique, Prix femme, recherche et entreprise ;
  • Céline Ternon, maîtresse de conférences en Physique à l’École Nationale Supérieure de Physique, Électronique et Matériaux (Phelma) de Grenoble INP-UGA, Prix de l’engagement.
Légende : Prix Irène Joliot-Curie - Vidéo globale

Transcription

Marie Curie et sa fille Irène Joliot-Curie, c'est des figures de femmes scientifiques dont on entend parler assez jeunes qui nous montrent que c'est possible en tant que femmes de faire de la recherche, de faire de la science.

Le prix Irène Joliot-Curie, c'est pour moi une grande reconnaissance et une grande fierté. Je pense qu'il vient récompenser mon travail, mon engagement, mon travail dans le domaine photochimie, atto-photochimie, engagement envers les femmes. J'essaye de sensibiliser les jeunes à la culture scientifique, en particulier des filles. À mon échelle, j'essaie moi aussi de jouer ce rôle de modèle parce que je pense que c'est de très important. Faire avancer la recherche nécessite une certaine ouverture d'esprit et donc avoir des profils différents, une diversité de profils, va pouvoir permettre de regarder les choses de différentes manières et d'avancer pour faire avancer la science et avancer la connaissance.

Il y a eu peut-être une période de transition où il y a des choses positives qui ont été mises en place et qui facilitent la carrière professionnelle et la vie personnelle, congé maternité ou congé parental, et on peut mener sa carrière comme on le veut. Petit à petit, on y arrive.

Mon domaine de recherche, c'est la génétique statistique. Je développe des modèles mathématiques pour comprendre, mieux comprendre l'architecture génétique des maladies complexes.

Ce prix Irène Joliot-Curie, c'est une grande fierté, un honneur de le recevoir, bien évidemment, et je sens aussi une certaine responsabilité, avec ce prix, de montrer un exemple parmi d'autres de chercheuses d'aujourd'hui. C'est vraiment important pour moi de particulièrement m'adresser aux jeunes femmes, aux collégiennes pour leur dire que c'est possible de faire une carrière scientifique en étant une femme. Parfois, on doute. On peut souffrir du syndrome de l'imposteur, par exemple. Et je dois dire que ce qui m'a beaucoup aidée, c'est de savoir que ça existait, en fait, ce syndrome de l'imposteur. Être encouragée, en fait, dans ces carrières scientifiques, c'est vraiment très important, la formation, l'enseignement. Au-delà des modèles de chercheuses très connues, tout simplement, les profs que j'ai eus tout au long de ma scolarité ont été très importants. 

Je travaille sur comment les bactéries se défendent contre leurs virus. Le prix Irène Joliot-Curie, c'est un énorme honneur pour moi de le recevoir. Il me permet, en fait, d'une part de mettre en lumière tout le travail qui est fait au laboratoire et de récompenser l'excellence scientifique, mais aussi l'engagement que je peux avoir pour pousser pour une science beaucoup plus diverse et inclusive, notamment aussi des femmes.

Quand on est petit, on imagine, comme je dis toujours, un homme blanc avec des lunettes et une blouse blanche. Donc quand on s'identifie pas du tout à ce genre de choses, en effet, on commence très tôt, je pense, à se poser des questions de pourquoi on fait de la science, est-ce qu'on devrait pas faire autre chose... Ne pas se sentir à sa place, c'est évidemment un obstacle, ce fameux syndrome de l'imposteur. Mais une fois qu'on arrive à le dépasser, ça peut aussi être un défi, mais aussi un moteur pour faire les choses différemment et en science, imaginer des nouvelles choses, c'est ce qu'on doit faire. Et une de mes convictions personnelles, c'est que si on démontre à toutes et tous qu'en faisant de la science diverse et qu'en incluant une diversité de personnes, on fait de la meilleure science, c'est comme ça aussi qu'on va convaincre le monde entier que c'est pas une nécessité en termes de justice, c'est comme ça, à mon avis, qu'on arrive à faire les plus grandes avancées. On ne peut pas se priver du talent de la moitié de la population pour résoudre ces problèmes scientifiques.

Le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche fait de l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur et la recherche un des piliers de sa politique. Par le Prix Irène Joliot-Curie, le ministère est fier de valoriser 6 femmes scientifiques remarquables dans la recherche et la technologie en France. Il soutient une approche globale et transversale des politiques d’égalité pour que tous les leviers soient actionnés afin de garantir un environnement d’études et de travail respectant la liberté et l’égalité de chacune et chacun.

1    Les Prix sont décernés par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, avec le soutien de l’Académie des sciences et de l’Académie des technologies qui en constituent le jury. Le Prix de l’engagement fait l’objet d’un processus de sélection différent des autres Prix.